Le coup de Betsalel Smotrich !

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Illustration : Betsalel Smotrich (né en 1980)

Il faut sans nul doute présenter le coup que Betsalel Smotrich est parvenu à impliquer à l’ensemble de la classe politique la semaine passée, semant la sysanie entre les groupes qui forment le gouvernement, et finalement entre tous les partis politiques, sans oublier le fait qu’ainsi il a fait avancer son propre groupe sur l’échiquier politique, en particulier au détriment de Biniamin Netaniahou.

Alors voici : il a fait un choix intéressant. Alors qu’en général l’opposition (dans laquelle se trouve Yemina, son groupe politique) vient et lance des projets de lois qui vont contre ce que le gouvernement désire, et en conséquence ils sont automatiquement rejetés, ou alors, éventuellement, le gouvernement vient dans la discrétion et propose au groupe qui présente une loi que la majorité peut accepter d’accepter qu’un membre du groupe majoritaire s’ajoute à la proposition de loi, afin de pouvoir l’appuyer et la faire passer. Deux possiblités donc, un refus, ou alors une formule permettant d’accepter cette proposition et de l’appuyer, mais dans les conditions dites.

Là, Smotrich a lancé un projet intéressant : comprenant que ce n’est pas du tout le moment de lancer une loi remettant la cour suprême à sa juste place, celle de vérifier la bonne application des lois ou au mieux de résoudre des questions que les instances inférieures ne sont pas parvenues à régler, ou encore répondre à des appels, et non point de décider si la Knesset a pris les bonnes décisions ou encore de juger de tout et de rien, car traiter de cela actuellement n’est pas possible, puisque Kakhol Lavan s’y oppose (on les comprend, quand on sait que Gantz traine sur son dos un dossier pas du tout évident d’une compagnie louche, avec faillite, et que donc ce groupe fait tout pour trouver grâce aux yeux des juges, de peur que… – du reste, cette même semaine, il s’est avéré que la police refuse tout simplement de s’intéresser à ce dossier…).

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Que faire ? Smotrich a proposé qu’on mette sur pieds un comité qui vérifie au moins les conflits d’intérêt au sein des juges des tribunaux ! Cette démarche ne consiste pas à remettre la cour à sa place, mais elle permet au moins de mettre sur pieds un premier point, celui que les juges devraient dorénavant se plier devant la critique publique ! Fantastique ! Cela n’avait pas été fait jusqu’à présent, et montre bien le danger absolu d’une telle « clique » (mot français, passé à l’hébreu moderne) oeuvrant sans la moindre critique possible.

Evidemment, Kakhol Lavan a vu en cette proposition de loi un casus belli, si elle était acceptée par le Likoud. Netaniahou, pour sa part, ne peut être qu’intéressé par une telle proposition de loi, qui va très clairement en sa faveur. Mais il ne tient pas à ce que le gouvernement se dissolve d’une telle manière. Il a donc laissé les gens du Likoud voter selon leurs sentiments (et ils étaient en grande majorité en faveur d’une telle loi), mais sans être présent lui-même au moment du vote. Dérhy non plus, du reste. Sans doute est-ce pour la même raison : d’un côté, lui également conçoit bien que la situation d’un appareil judiciaire n’en faisant qu’à sa tête dans le pays, et dirigeant finalement l’ensemble de la vie politique, ne peut pas continuer, mais que Dérhy lui-même vote en faveur d’une telle loi n’est pas très heureux. Netaniahou est dans le même cas du reste.

L’un dans l’autre, la loi n’est pas passée. Mais par contre Yemina a grandement gagné dans l’affaire, car le public commence à y voir, à tort ou à raison, un parti de Droite fort et logique avec lui-même. Des 5 députés que compte ce groupe, un sondage le fait déjà monter à 11, tandis que le Likoud est fortement en baisse…

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Il faut ajouter à cette image le fait que réellement Netaniahou, pour fort qu’il était durant la 1ère vague du virus, là, semble perdre pied, d’autant plus que son ministre de la Santé, Edelstein, ne comprend pas comme s’attaquer aux très mauvais chiffres de contanimation, qui ne font qu’augmenter, et que la crise économique est de plus en plus forte. Pour sa part, le chef de Yemina, Naftali Bennet, joue un jeu intelligent et fort dans ce domaine, ayant mis sur pied un comité civil du corona, décidant de directions à suivre grâce à son équipe de spécialistes réunis dans ce but !

Quelque chose semble devoir changer assez rapidement dans le pays, et cela ne serait pas une mauvaise chose !

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