Le « net » et le déluge

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AUTOUR DE LA TABLE DE CHABBATH, n° 356 NOA’H

Cette semaine notre paracha nous apprendra un principe oublié à notre époque : la nature n’est pas le « boss » sur terre ! En effet, nous sommes à la 10ème génération après la création du premier homme et la civilisation naissante est plongée dans de nombreux vices en particulier la débauche et le vol. Certainement qu’à pareille époque, le vol et l’espièglerie était chose commune et accepté, c’était le consensus international. La situation était si ancrée dans la société que les animaux étaient atteints des mêmes maux, les animaux, d’espèces différentes, s’accouplaient entre eux : chiens avec chats, souris avec canard… Les résultats seront catastrophiques puisque Hachem décidera d’anéantir le monde par un immense déluge. Une des raisons de cette sanction est que le monde avait fauté dans le feu du péché et de la chair. D’ les punira par des eaux bouillantes. Tous avaient fauté – sauf Noa’h. Cet homme se distinguait du reste de la population par son haut niveau de droiture et de piété. Le verset dit : »Noa’h marchait sur les pas de D’« . C’est à dire que malgré le très mauvais voisinage, Noa’h gardait le cap : servir D’, à l’image des communautés orthodoxes qui gardent leur mode de vie et la pratique des Mitsvoth dans un monde où souffle un grand libéralisme. De plus le « net » à outrance entraine l’éclatement des structures familiales pour ceux qui sont encore attachés à la vie de famille.

C’est lors de la 600ème année de Noa’h que se déroulera la plus grande des catastrophes de tous les temps, les eaux du ciel et de la terre dévasteront toute l’humanité à l’exception du monde sous-marin. Pendant près d’une année ces trombes d’eaux submergeront les vallées, les plaines, les montagnes. Toute la flore et la faune seront balayées par le déluge. Cependant Hachem avait déjà prévu ce cataclysme longtemps avant puisque 120 années auparavant D’ avait ordonné à Noa’h de construire une grande arche afin de préparer le sauvetage des animaux. Effectivement, le jour où les eaux commencèrent à tomber toutes les races d’animaux et d’oiseaux (mâles et femelles) se présenteront devant le navire pour être embarqués. Noa’h mettra 120 ans à construire ce majestueux navire. Les Sages de mémoires bénies expliquent que l’intention de D’ était de susciter la curiosité de la population locale en voyant le Tsadik Noa’h se mettre à la tâche d’une œuvre monumentale (le navire avait 150 mètres de long 25 de largeur et 15 de hauteur, chap. 6, 15). Durant 120 ans le Tsadik prêcha à celui qui voulait bien l’écouter de l’imminence d’un déluge… Or, un homme reste un homme, et toutes les bonnes intentions de Noa’h ne réussiront pas à percer le cœur fermé de sa génération plongée dans les errements de l’époque…

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Le rav Elimeleh Biderman chlita fait remarquer quelque chose d’exceptionnel. C’est que la construction de cette fameuse arche démarra dans la 480ème année de la vie de Noa’h (les toutes premières générations vivaient particulièrement longtemps entre 800 et 1000 ans). Or, à pareille époque il n’avait pas encore de descendance (ses 3 enfants ne naitront que 20 ans plus tard). Donc notre Tsadik s’affairera durant 20 années à une construction gigantesque alors qu’il savait que la majorité des jours de sa vie étaient déjà passé et qu’il n’avait pas d’enfants (à l’époque les générations avaient des enfants à partir de 60 ans). Cela montre son très haut niveau de confiance en D’. Même s’il n’est pas certain que ce navire lui serve à quoique ce soit (car à quoi bon sauver les animaux si lui-même n’a pas d’enfants ?). Malgré tout, il se mettra au travail sans se rebeller. Cela montre une très grande force de caractère, n’est-ce pas ?

Un autre point à cogiter c’est de savoir que Noa’h n’aura droit à une descendance qu’à l’âge très avancé de 500 ans (chap. 5,32 ; alors que les générations procréaient entre 60 et 100 ans). Or, Noa’h était connu pour toute la population comme le juste, donc chacun se disait : « comment se fait-il que le Tsadik soit moins bien loti que les fauteurs invétérés ? ». Rachi (5,32) rapporte le Midrach que c’était un plan du Ciel. En effet, si Noa’h avait eu des enfants à partir de 60 ans, ils avaient de grandes chances de tomber dans la faute comme tout le monde. Or Hachem ne voulut pas faire du mal à notre Tsadik (Noa’h) et ses enfants auront tout juste 100 ans lors du déluge (d’après les Sages, à ce moment de l’histoire, l’homme n’était pas responsable devant Hachem de ses fautes avant d’atteindre 100 ans (ndlr de nos jours nous sommes redevable devant D’ à partir de 20 ans et devant le Beth Din dès 13 ans). Donc si aux yeux du monde il y avait anguille sous roche. L’abnégation du Tsadik alors qu’il est sans enfants est sans limites… Ce n’était qu’une bonté de D’ afin de les épargner du déluge à venir !

De là, on apprendra que souvent on voit des faits qui vont à l’inverse de la moralité. Par exemple le Tsadik du quartier, lo ‘alénou, est éprouvé dans des épreuves de la vie, la santé, le foyer, la parnassa ou dans d’autres domaines, que D’ nous en préserve. Il ne faudra pas baisser les bras. Il faut savoir qu’il existe une Main puissante et pleine de Miséricorde qui agence les choses afin d’amener la délivrance au moment opportun dans ce monde ci ou celui à venir. Il faudra juste prier pour vivre au plus vite cette libération.

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Quoi faire pour ne pas recevoir des gravillons?

Cette semaine on rapportera une anecdote qui s’est déroulée en Amérique et dont les conclusions sont actuelles pour nous. Il s’agit d’un homme d’affaires qui décida un beau jour d’explorer la terrasse magnifique de son bulding où il travaille, pour contempler le paysage. Pour y accéder il faut passer par un étroit vasistas. Or, à peine sorti de la lucarne, la porte hermétique se referma sur elle-même ! Voilà notre homme bien dépité car il n’a aucune possibilité d’ouvrir la porte métallique. Prenant son mal en patience, il décide de faire un petit tour des lieux et de contempler le splendide paysage du haut des 50 étages. La vue est belle mais comme on le sait, les bonnes choses ne sont pas éternelles et notre américain commence à penser que le temps est long sur le toit du building. Que faire dans une telle situation ? A l’époque les téléphones mobiles n’étaient pas si courant, notre homme n’avait donc aucun moyen de communiquer avec l’extérieur. Il commença à crier en direction de la rue, mais, la circulation incessante des voitures empêchait qu’on entende le son de sa voix. Gesticuler en direction des autres buildings ? Personne ne prête attention… Que faire ? La nuit commença à tomber et la peur commence à tenailler notre homme… Il réfléchit encore une fois : devait-il passer sa première nuit étoilée sur le toit de son building ? Il réfléchit encore un peu et se dit qu’il avait peut-être la solution à son problème. Dans sa poche il avait une liasse de 5000 $ en petites coupures. Il se dit que la meilleure manière d’attirer l’attention de la foule américaine qui circulait 50 étages plus bas, serait de lancer ses billets. Avec un petit peu de chance les gens lèveraient leur nez en direction de sa personne ! Et voilà que notre homme (avec quelques grandes difficultés) commence à jeter des billets de 50 dollars. Il s’approche au-dessus de la rambarde de sécurité pour voir la réaction du public… Il distingue des gens qui s’arrêtent et ramassent rapidement les dollars qui jonchent la chaussée. Or, pas un seul passant n’a l’idée de lever les yeux vers la terrasse… Notre homme était deux fois désespéré, premièrement c’est qu’il avait dilapidé en quelques minutes 5000 $ et deuxièmement, les nuits sont très froides à pareille époque… C’est alors qu’une autre réflexion lui traversa la tête. La terrasse était parsemée de graviers ! Quoi de mieux pour prévenir le monde en bas que d’en lancer une petite poignée ?! Si tôt pensé aussitôt fait, notre homme ramassa une petite poignée de gravillons et commença à les jeter du haut des 50 étages… La réaction d’en bas ne se fit pas attendre. Cette fois les gens levèrent la tête en direction de « l’apprenti » terroriste qui jetait des pierres du haut des 50 étages! En très peu de temps la foule en colère appela la police fédérale qui fera une incursion sur la terrasse et arrêtera notre homme avant qu’il n’ait la sombre idée de jeter des pavés sur la foule… Pour une fois, notre homme fut soulagé de l’incursion des forces de l’ordre dans son building… Fin de l’anecdote véritable. Mais qu’elle rapport existe-t-il entre les affres de notre homme d’affaires et notre publication ? Bien des fois, le chemin d’un homme est parsemé de beaux dollars. Pourtant notre homme ne lève pas les yeux vers CELUI Qui est à la racine de tout son bonheur, Hachem ! Quand notre homme lèvera véritablement les yeux vers le Ciel ? Lorsqu’il lui arrivera quelques tuiles, des petites douleurs d’ici et de là, la parnassa difficile, le Chalom Bait qui est à la dérive (que D’ nous en préserve), Il existe pleins de petits gravillons, n’est-ce pas ? A ce moment notre homme aura tendance à lever les yeux vers le Ciel, en direction de Celui Qui LANCE les petites pierres afin que notre homme se réveille. A ce moment il commencera à se rendre au cours de Tora, ou commencera à bien observer le Chabbat (suivant la Loi) ou mettra les Tephillin et priera sincèrement. En un mot il FERA TECHOUVA!

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Une autre idée issue de la paracha c’est de savoir que durant une année entière Noa’h s’est démené pour nourrir tous les animaux de cet immense zoo que renfermait l’arche. Le Midrach enseigne qu’il devait donner la subsistance à toutes les espèces à heures fixes (d’ailleurs une fois il a tardé et le lion l’a blessé a la jambe, ce qui l’a rendu boiteux…). Donc durant une année Noa’h n’était pas sur un paquebot de grand luxe à se dorer au soleil… Qu’est-ce qui lui a donné la force de continuer son travail sans relâche ? Le fait de savoir que dehors c’était le cataclysme et que l’arche était pour lui, et sa famille, sa seule bouée de sauvetage. Pareillement pour nous, lorsque les gravillons tombent il faudra s’affairer (se protéger, ou faire en sorte qu’ils cessent de tomber) et avec l’aide du Tout Puissant on réussira à relever le défi.

Shabbat Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold

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