Le président Biden et la solution à deux Etats

0
42

La chronique de Michèle MAZEL – Temps et Contre temps

                  L’élection de Joe Biden a été accueillie avec enthousiasme par la direction palestinienne qui salue l’avènement d’une ère nouvelle. Elle voit la fin du long cauchemar des années Trump, marquées non seulement par le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan et la fameuse «affaire du siècle» mais aussi par la fermeture de la représentation palestinienne à Washington et la suppression de l’aide américaine. Abou Mazen et ses hommes comptent désormais sur le poids de l’aile gauche des Démocrates et la présence de membres du Congrès telles que les députées Ilhan Omar, Rashida Tlaib et Alexandria Occasio Cortes. Trois personnalités qui ne ménagent ni leur hostilité à Israël ni leur soutien au mouvement BDS.

Là où l’Affaire du siècle de Trump, jugée trop favorable à Israël, a échoué à résoudre le conflit, l’équipe Biden va-t-elle maintenant faire pression sur Israël ? Lors de son audition de confirmation au Sénat, Linda Thomas-Greenfield, nouvelle représentante américaine aux Nations Unies, a déclaré qu’elle «trouvait inacceptables les actions et l’approche que BDS a prises à l’égard d’Israël, cela frise l’antisémitisme». Des propos qu’on n’a pas appréciés à Ramallah. D’autant Richard Mills, numéro deux de la représentation, tout en évoquant la solution à deux États a pris soin de cautionner tant Israël que l’Autorité palestinienne, mentionnant d’une part annexion et colonies et de l’autre incitation à la violence et versement de compensations à des individus emprisonnés pour faits de terrorisme.

LIRE  Abbas: Je ne cesserai jamais de payer les salaires des terroristes, même si cela me coûte mon poste

L’Union européenne, si prompte à condamner l’État Hébreu, ne s’était jamais permise d’interpeller Ramallah sur ces deux points. Elle ne s’était jamais non plus prononcée sur le mouvement BDS. Pourtant il s’agit bien là du cœur du problème. Ce mouvement, dont la devise «from the river to the sea, Palestine shall be free» (de la rivière du Jourdain à la mer Méditerranée  la Palestine sera libre, appelle ouvertement à la destruction d’Israël. L’incitation à la haine, le lavage de cerveaux depuis la plus petite enfance, renforcés par les manuels scolaires de l’Autorité palestinienne régulièrement montrés du doigt par des ONG se traduisent par la démonisation non seulement d’Israël mais encore des Juifs. À cela s’ajoute la rente à vie assurée aux terroristes ayant assassiné des civils – hommes, femmes et enfants.

La nouvelle administration va-t-elle proposer une nouvelle équation ? Israël renonçant à développer les implantations existantes et à en créer de nouvelles, les autorités palestiniennes mettant fin à l’incitation, aux attentats et aux paiements aux terroristes ? Il y a malheureusement trop d’obstacles en chemin. Quand bien même Israël accepterait, il n’admettra jamais un droit du retour qui verrait des millions de Palestiniens s’engouffrer sur son territoire. Or l’abandon de ce droit enflammerait les centaines de milliers de réfugiés toujours parqués dans des camps depuis 1948.

Et puis il y a Gaza. Ce territoire censé faire partie de l’Autorité palestinienne est aujourd’hui aux mains du Hamas, affilié aux Frères Musulmans. Il ne veut pas d’une solution à deux États car il rejette toute légitimité à Israël qu’il se promet de détruire et de construire sur ses ruines un califat islamique qui engloberait bien sûr la Cisjordanie. Bref, se diront les dirigeants de Ramallah, tant que les pays amis continuent à apporter contributions financières et à faire pression sur Israël, pourquoi envisager des concessions et se lancer dans des négociations qui ne peuvent déboucher sur aucune solution ?

LIRE  Le tireur de la synagogue de Poway se revendique comme antisémite et islamophobe

Aucun commentaires

Laisser un commentaire