Le rabbi de Kalov : la valeur inestimable de la prière avec l’assemblée

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Paracha Vayikra – La valeur inestimable de la prière avec l’assemblée

« Si quelqu’un d’entre vous veut présenter au Seigneur une offrande de bétail, c’est dans le gros ou le menu bétail que vous pourrez choisir votre offrande » (Vayikra 1,2)

Un jour, alors que le Ba’al Chem Tov récitait la prière du Chemona Essré dans son Beth Midrach, il prolongea beaucoup sa prière, de manière exceptionnellement longue. Ses élèves qui avaient prié avec lui achevèrent leur Tefila bien plus tôt et l’attendirent pendant longtemps. Mais lorsque le temps dépassa largement la durée habituelle, ils estimèrent que la prière de leur rabbi ne devait pas se dérouler forcément en présence de dix hommes, compte tenu du niveau exceptionnel de leur rabbi, et en conséquence, chacun des élèves repartit de son côté.

À leur retour au Beth Hamidrach après s’être occupé de leurs affaires à la maison, le Ba’al Chem Tov leur expliqua qu’il n’avait pas été louable de le laisser seul dans sa prière sans miniyan, car ils avaient ainsi manqué de grands influx qu’il aurait pu attirer du ciel s’ils étaient restés à ses côtés.

Il le leur expliqua par une parabole : un jour, une belle volaille colorée arriva dans un pays. Les résidents des lieux n’en avaient jamais vu d’aussi belle, mais la volaille se percha sur un arbre de grande taille : aucun habitant de la ville ne pouvait grimper sur l’arbre afin de l’attraper. Lorsque le roi en fut informé, il prescrit de rassembler dix hommes afin que l’un se tienne sur les épaules de l’autre pour former une échelle humaine, afin que l’homme le plus haut puisse saisir la volaille et que tout le monde s’amuse ensuite avec elle. Au moment où les hommes étaient les uns sur les épaules des autres, et que le dernier était sur le point de saisir la volaille, l’homme tout en bas de l’échelle perdit patience, et oublia que sans sa participation, personne ne pourrait se saisir de la volaille, et il décida de partir. Les hommes du haut de l’échelle tombèrent et se blessèrent, et leur mission échoua.

Cette parabole évoque de manière allégorique la prière en miniyan : lorsque dix Juifs de niveaux différents unissent leurs forces, il est possible d’attirer de bons influx dissimulés dans les mondes supérieurs, qu’aucun d’entre eux n’aurait pu obtenir seul. Nous apprenons de ce récit qu’un Juif estimant ne rien pouvoir obtenir par sa prière du fait qu’il se trouve à un niveau inférieur et ne prie pas avec l’intention adéquate, doit savoir qu’en se montrant scrupuleux sur la prière en miniyan, il pourra avoir accès à de grandes bénédictions.

Le rabbi et auteur du Divré Yé’hezkel de Shinarwa déclara : « La pire prière récitée en présence d’un miniyan est préférable à la plus belle des prières récitée sans miniyan. »
Ce principe est mentionné dans la Guemara, dans le traité Ta’anit (8a) : lorsqu’on prie avec l’assemblée, même sans la kavana appropriée, comme dans cet exemple (Tehilim 78, 36-37) : « Ils L’amadouaient avec leur bouche, en paroles ils Lui offraient des hommages menteurs, mais leur cœur n’était pas de bonne foi à Son égard », il est écrit malgré tout par la suite (v. 38) : « Mais Lui, plein de miséricorde, pardonne les fautes…» Ainsi, le traité Berakhot (8a) précise que D’ n’est jamais rebuté par la prière récitée avec l’assemblée.

Dans le Zohar (parachath Vayé’hi) : la prière d’un homme seul ne monte pas immédiatement devant D’, elle est d’abord vérifiée dans le ciel pour attester de sa kavana, et c’est uniquement si elle est jugée digne qu’elle est agréée par D’. En revanche, une prière récitée en communauté ne subit aucune vérification et est immédiatement acceptée.

Dans nos générations faibles, où la majorité des fidèles n’ont pas la kavana appropriée comme c’était le cas des générations précédentes, il est indispensable de veiller à prier avec la communauté. Nos Sages en voient une allusion dans les propos du roi David (Tehilim 102, 18-19) : « Il se tourne vers la prière du pauvre dénudé, il ne dédaigne pas ses invocations. Que cela soit consigné par écrit pour les générations futures » : dans la génération précédant la venue du Machia’h, retenons que toute prière est agréée lorsqu’elle est récitée en miniyan.

On raconte à ce sujet une anecdote à propos du rabbi et auteur du Ahavat Israël de Vijnitz. On lui demanda un jour pourquoi il était extrêmement pointilleux sur la prière avec l’assemblée, encore plus que ses vénérables ancêtres. Il répondit : lorsqu’on doit apporter un cadeau au roi, un homme très aisé peut tout seul apporter un beau présent, digne d’un roi, mais les pauvres doivent s’unir en grand nombre pour être en mesure d’acheter, puis d’apporter ensemble un cadeau de valeur. Ainsi, mes ancêtres avaient à leur actif de nombreux actes de bonté et de Kavana dans leur prière, et de ce fait, il leur était possible parfois de prier seuls.

Ce principe est capital à notre époque, afin d’abolir les malheurs liés à la période précédant la venue du Machia’h, comme l’explique l’ouvrage Méor Vachémech sur la parachath Michpatim. Par le biais d’une prière en miniyan, il est possible pour les hommes de notre niveau d’agir en faveur de la guérison des malades, en faveur des personnes en bonne santé pour qu’elles ne tombent pas malades, de prier pour la parnassa, et pour l’élimination de tous les décrets néfastes. Les Écritures affirment sur le verset (Chemot 23,25) : « Vous servirez uniquement l’Éternel, votre D’ » : s’il s’agit d’un service du cœur, c’est une prière (Ta’anit 2a) avec l’assemblée, comme l’indique l’emploi du pluriel : Veavadétem (vous servirez), et ainsi : « Et Il bénira ta nourriture et ta boisson et J’écarterai tout fléau du milieu de toi. »

Il est possible d’interpréter dans cet esprit notre verset : « Si quelqu’un d’entre vous veut présenter au Seigneur une offrande de bétail » : ce qui est visé ici c’est la prière, considérée comme une offrande, comme l’indique ce passage (Hochéa 14,3) : « Nous voulons remplacer les taureaux par cette promesse de nos lèvres. » Si un homme prie avec l’assemblée, dans ce cas : « C’est dans le gros ou le menu bétail que vous pourrez choisir votre offrande » : même si une prière est récitée par un homme du niveau d’un animal – du gros ou menu bétail – qui ne peut avoir d’intention dans la prière, « vous pourrez choisir votre offrande » : vous pourrez présenter votre prière qui sera agréée par notre Père céleste et bénéficier de nombreuses Berakhot.

Chabbath Chalom !

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