Le rabbi de Kalov, par. Bahalotekhan : le bonheur à portée de main

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« Tu nous serviras de guide » (Bamidbar/Nombres 10,31)

On raconte qu’un jour, un homme se rendit chez un psychologue et lui confia qu’il était malheureux et souffrait d’insatisfaction. Il sombrait souvent dans la dépression et avait le sentiment d’être enchaîné par ces émotions.

Le psychologue lui répondit ainsi : « Tu as de la chance, il y a en ce moment en ville un célèbre cirque, où joue un certain clown, réputé pour faire rire tous ses spectateurs. Écoute mon conseil, va au cirque, assiste à son spectacle pendant plusieurs jours, et tu reviendras chez moi transformé, tout heureux. »

Son client lui répondit : « Ça ne va certainement pas m’aider… » Le psychologue, étonné, lui demanda : « Comment peux-tu en être si sûr ? » Et l’homme de répondre : « Car je suis le clown de ce cirque…»

Ce récit illustre bien la réalité : la dérision peut apporter un plaisir momentané et factice, mais pas une joie durable et profonde. En effet, la bouffonnerie conduit à faire abstraction de la vérité et à suivre le mensonge. Ainsi, on quitte la voie du bien et d’une conduite appropriée entre l’homme et son prochain et entre l’homme et D’, on se détruit l’existence et on plonge dans la tristesse.

Un jour, un Ba’al Techouva me fit le récit suivant : il était l’un des plus grands acteurs vivant dans une ville où l’on produisait les plus grandes œuvres comiques des États-Unis, mais il n’avait jamais ressenti une joie et une satisfaction authentique. Il s’était un jour rendu compte que la conduite des acteurs est mensongère. À l’extérieur, ils affichent un visage joyeux, dégageant le bonheur, profitent de plaisirs vains et s’adonnent à la violence et à la fraude, mais en réalité, le bonheur véritable leur échappe. D’un autre côté, ils tournent en dérision des valeurs solides comme la émouna et la religion. Ce constat provoqua en lui un rejet de son travail qu’il abandonna, et il se rapprocha de la vérité du judaïsme, et dès lors, commença à éprouver une joie de vivre authentique.

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Un autre célèbre Ba’al Trchouva, le rav Ouri Zohar, qui vient de nous quitter, était au départ un acteur au sommet de la gloire dans le monde laïc d’Israël. Il rencontra un jour l’un de ses amis qui avait fait Techouva, et il remarqua que ce dernier était joyeux et serein, alors qu’il ne l’avait jamais été avant la Techouva. Il se renseigna sur la raison de ce changement, et constata que chez les Juifs respectueux de la Tora et des Mitsvoth, la dépression était moins fréquente que dans le monde laïc, du fait qu’ils vivent avec un objectif dans la vie : accomplir les Mitsvoth du Créateur. Il approfondit alors sa recherche sur l’authenticité de la émouna et de la Tora, et devint Ba’al Techouva. Au fil des ans, il eut le mérite de faire revenir à la Tora de nombreux Juifs qui suivirent sa trace.

Cette réalité, selon laquelle les acteurs ne nous apportent pas le bonheur réel, est connue des acteurs eux-mêmes. De nombreux comédiens célèbres, des stars qui font rêver des milliers de personnes, sont en réalité en dépression et vivent une vie privée instable, se marient et divorcent de nombreuses fois, cèdent à leurs caprices et à leurs penchants. Certains mettent même fin à leur vie après avoir tenté tous les plaisirs possibles sans avoir goûté au bonheur véritable.

Ce constat est également celui des psychologues non-juifs : les films interprétés par des acteurs à la télévision, par exemple, induisent des pensées et des conduites répréhensibles qui engendrent des sentiments dépressifs. En effet, on y trouve beaucoup d’impudence et de violence ; or, l’inclination présente en l’homme ressemble à un singe, qui est amené à reproduire la conduite des autres, et lorsqu’il ne parvient pas à satisfaire son inclination, il sombre dans la dépression. Cela explique à notre époque, la recrudescence des meurtres et de la violence par des jeunes et des moins jeunes qui reproduisent les scènes vues à la télévision.

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Mais ces producteurs ne prennent pas en considération les torts causés à la société, et montrent de plus en plus d’immoralité et de violence, du fait que le penchant de l’homme est mauvais depuis l’enfance, et lorsqu’il s’éveille à la vue de ces films, il est attiré à en voir de plus en plus. Lorsqu’ils récoltent de nombreuses vues, ces producteurs gagnent beaucoup d’argent et de célébrité.

Or, lorsque l’un d’eux fait Techouva, et dévoile au public les mensonges et l’ampleur du préjudice, un grand nombre de personnes apprennent à s’en détacher. Mon illustre ancêtre rabbi Tsvi Hirsch de Ziditchov affirme qu’à ce sujet, nos Sages ont dit (Sanhédrin 99a) : là où des Ba’alé Techouva se trouvent, des justes parfaits ne peuvent se tenir. En effet, les Ba’alé Techouva ont la possibilité d’atteindre le niveau le plus élevé de Zikoui Harabim (conférer des mérites à la collectivité) en prouvant par leur exemple personnel combien il vaut la peine de quitter cette voie libertaire pour embrasser celle de la Tora, tout comme lui.

Nous retrouvons cette attitude chez Yitro. Il était prêtre d’un culte des idoles en terre de Midiyan, où l’on servait la divinité de Ba’al Péor. Nos sages (Sanhédrin 106a) affirment que les prêtres prescrivaient à leurs fidèles de se conduire avec immoralité, souhaitant attirer les foules en ces lieux, dans le but de s’enrichir et de se glorifier. Mais Yitro finit par être dégoûté de cette voie mensongère et perverse et choisit de se convertir.

Lorsque Yitro voulut rentrer chez lui après sa visite dans le désert, les Bené Israël l’implorèrent de rester avec eux, justifiant ainsi leur demande : « Tu nous serviras de guide» : tu nous guideras au niveau du regard, en portant à l’attention des Bené Israël combien il faut préserver son regard en s’écartant des spectacles des non-Juifs, car c’est la seule voie vers le bonheur et la joie de vivre dans ce monde et dans le suivant.

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Chabbath Chalom !

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