Le rabbi de Kalov, par. Chemoth : prières et chants pour faire venir la Gueoula

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Paracha Chemoth – Prières et chants pour faire venir la Gueoula

« Le roi d’Égypte mourut. Les enfants d’Israël gémirent du sein de l’esclavage et se lamentèrent ; leur plainte monta vers D’ » (Chemoth 2,23)

Nous assistons à notre époque à la réalisation des propos de la Michna à la fin du traité Sota : à l’époque du Machia’h, l’insolence augmentera. Comme nos Sages l’ont indiqué (Sanhédrin 105a) : l’insolence prévaut lorsque le gouvernement se conduit sans autorité, le peuple ne veut plus se plier devant les dirigeants des pays, mais chacun souhaite s’approprier le pouvoir. Cela génère ensuite une situation où chacun agit comme bon lui semble, et cette attitude débouche sur des guerres internes et entre divers pays.

Il convient d’appliquer à notre époque les propos de la Michna dans le traité d’Avot (3,2) : « Priez pour le bien-être du gouvernement, car sans cette crainte du pouvoir, les hommes s’entre-dévoreraient.»

Ne nous contentons pas de suivre le sens simple de la Michna, en priant pour le bien-être du gouvernement dans lequel nous vivons, mais suivons également l’interprétation de mon vénérable ancêtre rabbi Yits’hak Eizik de Kamarna dans son ouvrage Notser ‘Hessed sur les Pirké Avoth : l’idée est qu’il faut prier abondamment pour le bien-être de la Royauté divine, lorsque Celle-ci Se dévoilera dans le monde. En période de guerre dans le monde, les Tsadikim priaient intensément pour accélérer la venue la Gueoula.
Lors de l’époque de la grande guerre entre Napoléon, l’empereur de France et le Tsar de Russie, rabbi Lévi Yits’hak de Berditchev avait l’usage, avant de conduire la prière de Moussaf de Roch Hachana, d’introduire le Kaddich en ces termes : « L’empereur français affirme que la direction du monde lui appartient, tandis que le souverain de la Russie prétend la même chose, et moi, Lévi Yits’hak fils de Sara Sassia affirme : Yitgadal Veyitkadach Chemé Rabba… Magnifié et sanctifié soit Son grand Nom..»

À cette époque, on observa également mon grand-père, rabbi Yits’hak Eizik de Kalov, prier intensément pour la Gueoula, et il composa à ce sujet plusieurs mélodies qui expriment l’attente et le désir d’être délivré de l’exil et de se rapprocher de la sainte Chekhina, tel que le cantique : Galouth, Galouth ainsi que : Sala kakach ; les plus grands Tsadikim entonnaient ces mélodies avec une grande ferveur.

Ces mélodies suscitent une grande compassion dans le Ciel, comme l’indique rabbi Naftali Tsvi de Ropshitz : « Au moment où le saint rabbi de Kalov chante la mélodie « Galouth Galouth », un grand bruit est créé dans les mondes supérieurs et la source de la compassion se réveille, et des cohortes d’anges de la compassion viennent accueillir son rav, rabbi Yehouda Leib Saras, dans son sanctuaire ; ils le louaient et déclaraient : « Béni sois-tu de nous avoir donné cette âme précieuse ». »

Le Malbim, dans son ouvrage Erets ‘Hemda (paracha Tavo), rapporte une belle parabole sur une personne qui adresse une prière pour ses besoins personnels et non pour la Gueoula : un roi partit en guerre, et fit passer le message dans son camp que toute personne qui triompherait de ses ennemis se verrait exaucer tous ses désirs. Plusieurs guerriers vainquirent ses ennemis et à leur retour de la guerre, certains demandèrent une grande richesse, d’autres exigèrent un poste de pouvoir, etc. L’un de ces vainqueurs se moqua d’eux et leur dit : « Je vais présenter une demande qui me permettra d’avoir tout et bien davantage : je demande la fille du roi en mariage, et lorsque je serai son gendre, il m’accordera tout ce que je désire. » L’explication est évidente : il nous faut implorer le Ciel pour faire venir la Gueoula, car nous aurons droit ainsi à toutes les délivrances.

Au début de l’ère communiste, les ‘Hassidim de Boyan de Russie envoyèrent une demande à leur rav, rabbi Mena’hem Na’houm de Boyan Sternovitz, pour qu’il prie pour la paix entre la Russie et la Roumanie, afin qu’ils puissent traverser la frontière et venir lui rendre visite, depuis la Russie, vers la Roumanie. Le rabbi leur répondit : « Dois-je prier pour que la Roumanie fasse la paix avec la Russie ?! Il vaut mieux prier pour la venue du Machia’h ! »

On raconte que le ‘Hafets ‘Haïm, après la mort du Tsar Nicolas, déclara : « Qui a enterré Nicolas ? Les Juifs se répandirent en pleurs à sa disparition, or son départ est une bonne chose pour nous. » Il poursuivit en soupirant : « Si nous ressentions de cette façon la détresse de la destruction du Temple, et criions de cette façon sur la profanation du Nom divin en exil, l’exil serait derrière nous. »

Nous découvrons cette idée dans les propos du Midrach (Beréchit Rabba 42,4) : « Si vous voyez des pays se provoquer les uns les autres, attendez-vous à voir le pied du Machiah.» Rabbi Eli’ézer Papo, auteur du Pélé Yoets, explique que ces propos de nos Sages s’appliquent à la période précédant la période de la venue du Machia’h ; lorsqu’on assiste à des guerres et des provocations entre pays, il faut se concentrer sur une prière afin que se dévoile la royauté divine, par la venue du Machia’h.

Ces provocations entre pays entraînent un éveil de la Gueoula, comme l’a indiqué le rabbi de Rouzyne : la venue du Machia’h aura lieu lorsque les grandes nations se feront la concurrence pour diriger le monde. Alors, la volonté de notre Père au ciel sera éveillée, pour montrer qu’Il est le Roi des rois, et Sa gloire sera révélée par la venue du Machia’h.

Lors de la Première Guerre mondiale, certains voulurent instituer une prière pour mettre un terme à la guerre, mais le rabbi et auteur du Min’hat Eli’ézer de Munkatsh s’y opposa, expliquant que d’après les justes, la guerre entre les nations est un moment propice pour agir en faveur du dévoilement de la royauté divine, et il faut donc prier uniquement pour la Gueoula, et dans ce sillage, la guerre s’achèvera.

Nous décelons cette idée dans le verset : « Le roi d’Égypte mourut » : le roi qui régnait sur le monde disparut et ils s’apprêtèrent à choisir un nouveau roi, et alors : « Les enfants d’Israël gémirent du sein de l’esclavage et se lamentèrent » : ils adressèrent leurs lamentations à D’ afin qu’Il règne sur eux, et : « leur plainte monta vers D’ » : leur plainte, demandant de se rapprocher de Hachem, fut acceptée, et ils méritèrent la délivrance.

Chabbath Chalom !

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