Le rabbi de Kalov parachath Nitsavim Vayélekh – Le Chabbath, un éveil au repentir

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«Tandis que toi, revenu au bien, tu seras docile à la voix de D’, accomplissant tous les commandements que je te prescris aujourd’hui.» (Devarim 30,8)

Mon illustre grand-père, rabbi Yits’hak Eizik de Kalov zatsal confia, avant sa mort, à deux ‘Hassidim respectables de la ville de Hajdunanash : « Lorsque vous rencontrerez un Tsadik capable de s’occuper de l’âme d’un Juif, de la purifier et de la restituer à l’état de pureté du nourrisson, choisissez-le comme rabbi. »

Ces deux Tsadikim se rendirent auprès de plusieurs Tsadikim, dont rabbi Naftali Tsvi de Ropshitz. Arrivés à Ropshitz, ils aperçurent un homme montrer au rabbi un écrit reçu d’un autre Tsadik, qui avait consigné une série de mesures pour se repentir de ses fautes, notamment par l’exil et de sévères jeûnes. L’homme expliqua qu’il n’avait pas la force de se soumettre à ces épreuves, et il venait demander au rabbi de Ropshitz de lui prescrire d’autres moyens de faire Techouva.

Le rabbi de Ropshitz demanda immédiatement à sa famille de servir à son hôte affamé un magnifique repas de fête. À l’issue du repas, le rabbi lui demanda de décrire ses fautes. Après que l’homme eut avoué ses fautes, le rabbi commença à lui décrire longuement toutes les bontés que D’ lui avait octroyées depuis sa naissance, puis il lui demanda : « Quel mal D’ t’a-t-Il fait pour que tu aies commis tant de transgressions ?» L’homme tomba alors à terre et s’évanouit. Après qu’on l’eut réveillé, il prit la résolution de ne plus fauter, et il devint un autre homme.

Lorsque les ‘Hassidim de Hajdunanash virent cette scène, ils rapportèrent au rabbi de Ropshitz les propos du rabbi de Kalov, et affirmèrent avoir rencontré en lui un tel Tsadik qui pouvait purifier l’âme d’un Juif, et ils le considérèrent désormais comme leur rabbi.

Cette histoire illustre la puissance d’une Techouva faite avec amour. Cette attitude était palpable chez le rabbi de Kalov, que son mérite nous protège, qui incita des milliers de Juifs à faire Techouva en éveillant eu eux un amour pour D’. Le Chabbath surtout, il captivait les Juifs par ses propos empreints de sainteté et ses beaux chants, ses prières et ses repas, et il les touchait grâce à la sainteté du Chabbath.

On raconte qu’un jour, le rabbi de Kalov chantait le cantique Ki Echméra Chabbath, et au passage Al ken akhabess bo libi keborit, il marqua une pause puis déclara : « Si l’auteur du cantique voulait dire que le Chabbath ressemble à un savon dans lequel je lave mon cœur, il aurait dû écrire : Akhabess bo libi kebéborit, c’est-à-dire que je lave mon cœur avec le Chabbath, comme on se lave avec de la lessive. Or l’auteur avait à l’esprit que son cœur était identique à de la lessive, car la sainteté du Chabbath purifie tellement le cœur, au point que par la force de sa pureté, il devient même capable de nettoyer le cœur des autres. »

Mais il faut savoir ceci : pour que le Chabbath incite l’homme à réfléchir sur son rôle et au bien dont il jouit dans ce monde, il faut l’observer en tous points selon la Halakha.

En vérité, cet éveil à la Techouva existe même en semaine, comme l’ont affirmé nos Sages (Avot 6,2) : « Chaque jour, une voix céleste sort et proclame : revenez, ô enfants rebelles. » Le Ba’al Chem Tov explique que cette voix est un appel à la Techouva qui provient du Ciel et s’infiltre dans la pensée de chaque Juif sans exception. Même le pire mécréant ne vit pas un jour sans un instant d’appel au repentir.

Mais en semaine, la majorité des gens refoulent cette pensée et se concentrent sur d’autres centres d’intérêt. À notre époque surtout, nous constatons malheureusement qu’un grand nombre d’individus sont devenus dépendants des outils technologiques qui les relient aux réseaux sociaux, au point que leur concentration ne dépasse pas une minute. Ils n’ont ni le temps libre ni la sérénité pour ces réflexions spirituelles.

Ce n’est pas le cas lorsqu’on respecte le Chabbath et les fêtes selon la Halakha, on bénéficie au moins d’un jour par semaine de repos et de sainteté, on s’abstient de tout travail, on se déconnecte des outils technologiques et du monde profane en général. On est alors disposé à écouter la voix de la Techouva, à marquer une pause et à procéder à une introspection, et à méditer sur l’idée que D’ fait vivre l’homme. À nous de Le louer et de Le glorifier pour chaque respiration, et de nous plier à Sa volonté par l’accomplissement des Mitsvoth, but de la Création.

De même, la sainteté du Chabbath qui s’épanche sur celui qui l’observe l’aide à développer dans son cœur l’amour de D’ qui conduit au repentir.

Les livres saints rapportent que c’est là l’une des sources de l’usage ashkenaze de commencer les Sli’hot le premier jour de la semaine (le dimanche), du fait que l’on se trouve alors sous l’influence de la sainteté et du repentir par amour du jour du Chabbath qui l’a juste précédé, et on est ainsi dans une bonne disposition d’esprit.

Dans l’ouvrage Sifté Tsadik (Paracha Tazria), nous voyons que c’est pour cette raison qu’une personne souffrant d’un néga’ (plaie lépreuse) devait s’enfermer pendant sept jours ; en effet, après avoir passé un Chabbath, on est susceptible de s’éveiller à la Techouva par amour, et de guérir de la plaie, destinée à nous pousser au repentir.

Ce principe s’applique à toutes les générations : en cas d’événements qui incitent au repentir, comme les maladies contagieuses, il faut se renforcer dans le respect du Chabbath selon la Halakha ; on pourra ainsi réaliser un repentir par amour, qui est durable, et non une Techouva mue par la crainte de la punition, qui passe une fois la sanction subie.

Ici, notre Paracha évoque l’amour de Hachem qui doit s’éveiller après avoir constaté la grandeur de Sa conduite dans ce passage des bénédictions et des malédictions. Nous lisons ici : «Tandis que toi, revenu au bien (Tachouv) », le terme Tachouv indique un langage de retour et de repos (voir Yirmiyahou 4,1) : engage-toi le Chabbath à mettre de côté toutes tes occupations profanes, et ainsi : « Tu seras docile à la voix du Seigneur » : écoute la voix d’éveil au repentir qui vient du Ciel, « accomplissant tous ses commandements que je te prescris aujourd’hui » : observez tous les commandements. En agissant ainsi, vous aurez droit à toutes les bénédictions mentionnées dans la suite de la Paracha.

Chabbath Chalom !

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