Le rabbi de Kalov sur la par. Lekh Lekha : la tsedaka la plus louable

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«Avram prit Saraï son épouse, Loth fils de son frère, et tous les biens et les gens qu’ils avaient acquis à ‘Haran » (Beréchith 12,5).

Certains hommes donnent généreusement à des organismes de bienfaisance, pour les pauvres et les malades, par exemple, mais ne sont pas enclins à contribuer à des œuvres de ‘Hessed spirituel, pour diffuser la Émouna dans le monde et rapprocher les Juifs de leur Père céleste.

C’est une grande erreur, car le ‘Hessed spirituel est encore plus important que son pendant matériel, comme l’indique un texte de mon ancêtre, rabbi Tsvi Elimélekh de Dinov (Bené Issakhar) : « La plus grande Tsedaka est d’enseigner l’intelligence (la Tora) à un homme qui en est dépourvu, car il n’y a pas plus pauvre qu’un pauvre en intelligence » (Nedarim 41a).

L’auteur du Yisma’h Moché aurait relaté qu’un jour une rencontre eut lieu dans le monde supérieur entre notre maître Rachi et rabbi Yits’hak de Drebitch. Rachi interrogea rabbi Yits’hak : « Par quel mérite ou Mitsva ton fils rabbi Mikhel de Zletchov s’est-il distingué ? J’entends qu’il est fait grand bruit de lui dans tous les mondes supérieurs. » Rabbi Yits’hak répondit : « Il étudie la Tora lichma (de manière désintéressée) » mais la réponse ne satisfit pas Rachi. Il ajouta : « Il a souvent l’usage de se mortifier par des jeûnes et des mortifications. » Mais à nouveau, cette explication ne le satisfit pas. Et d’ajouter : « Il donne beaucoup pour la Tsedaka et pour les pauvres.» Mais Rachi objecta : « Ce n’est pas une raison assez satisfaisante. » Son interlocuteur reprit : « Il a incité un grand nombre d’hommes à s’écarter de la faute et a fait beaucoup de Ba’alé Techouva dans le monde. » Rachi déclara alors : «Je comprends désormais pourquoi l’escorte céleste fait tant de bruit pour lui. »

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Nos Sages affirment que la faute d’un homme qui incite son prochain à fauter est plus grave que celle de le tuer. En effet, la faute porte atteinte à l’âme éternelle qui est l’essentiel de l’homme, et non le corps créé uniquement pour servir de récipient à l’âme dans le temps qui lui est imparti dans ce monde. De ce fait, celui qui sauve des âmes juives accomplit ainsi une Mitsva d’Ahavath Israël, d’amour de chaque Juif, et de Guemilouth ‘Hassadim plus grande. Cette Mitsva est dans la catégorie de la loi nous enjoignant à sauver un homme, qui reporte les autres Mitsvoth, comme l’indique l’ouvrage du Chla Hakadoch, mentionnant la Mitsva de ne pas rester indifférent au sang de notre prochain. Si nous avons une obligation vis-à-vis du corps, à plus forte raison est-ce le cas à l’égard de l’esprit.

De ce fait, même si quelqu’un n’a pas la possibilité d’enseigner lui-même la Tora et le judaïsme aux autres, il devra au moins agir dans ce domaine en finançant une telle cause en mandant d’autres personnes dans ce but. Le ‘Hafets ‘Haïm l’explique dans son ouvrage ‘Homath Hadath : lorsqu’un homme voit son prochain se noyer dans un fleuve, même s’il ne sait pas lui-même nager, il est obligé de recruter des hommes qui le sauveront ; de la même manière, lorsqu’il voit des Juifs plonger dans l’océan de la décadence qui détruit la vie dans ce monde et dans le Monde à venir, il convient de payer des hommes qui savent rapprocher des Juifs de leur D’, afin de pouvoir les sauver.

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Si nous vivons dans une période où l’on voit de nombreuses personnes mortes sur le plan spirituel, et qu’on ne donne pas d’argent pour œuvrer afin de les sauver, cela ressemble à ceux qui se sont abstenus de donner de l’argent pour sauver des Juifs des camps d’extermination des Nazis, que leur nom soit effacé, pendant la Shoah.

Nous voyons que l’emblème du ‘Hessed, Avraham Avinou, se consacra surtout au ‘Hessed spirituel en rapprochant ceux qui étaient éloignés de D’, comme l’explique Rachi sur le verset : « Et les gens qu’ils avaient acquis à ‘Haran » : qu’ils avaient fait entrer sous les ailes de la Chekhina (Présence divine – 39,14). Avraham « convertissait » les hommes, et Saraï « convertissait » les femmes, de sorte que le texte leur en tient compte comme s’ils les avaient « faits ».

Lorsqu’on dépense de l’argent pour des actions de renforcement de la Émouna chez les autres, on accomplit également la Mitsva d’amour de Hachem, loué soit-Il, comme il est dit (Devarim 6,5) : «Tu aimeras Hachem, ton D’. » Nos Maîtres l’interprètent (Sifri Vaét’hanan 7) ainsi : ils se faisaient apprécier des autres, à l’instar d’Avraham Avinou.

Cet argent dépensé pour cette grande Mitsva revient du Ciel au donateur, comme nous l’avons vu à propos d’Avraham Avinou, à qui Hachem avait prescrit de quitter son pays, afin de faire connaître D’ à toutes les créatures, dans chaque lieu. Hachem lui promit qu’il ne lui manquerait rien pour les frais du voyage, comme l’indique Rachi (Beréchith 12,2) : il reçut alors une Berakha d’être béni par la richesse. Le Zohar, dans la Paracha de Terouma, commente que Hachem bénit toute personne qui rapproche des personnes éloignées de la Tora de toutes les Berakhot qu’Il avait déversées sur Avraham lorsqu’il avait rapproché les mécréants de D’.

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Relevons qu’Avraham Avinou déboursa d’importantes sommes pour acquérir un grand nombre d’esclaves, comme l’indiquent les versets (Beréchith 14,14) : il avait trois cent dix-huit esclaves. En effet, il souhaitait diffuser dans le monde la Émouna en Hachem, et de ce fait, il acheta des esclaves, à qui il enseigna à étudier puis à enseigner à leur tour, comme l’indique le traité Yoma (28b) : Eliézer, esclave d’Avraham, se nomme : Damessek Eliézer, du fait qu’il était Dolé oumachké – (le terme Damessek est une contraction de Dolé : tirer et Machké : abreuver). Eliézer abreuvait les autres de la Tora de son maître. Par la suite, Avraham les libéra comme nous le voyons dans les Pirké derabbi Eliézer où il libéra son esclave Eliézer. De même (Targoum Yonathan, Beréchith 16,2), il libéra sa servante Hagar, et cette libération leur conféra le statut de convertis ; ils s’engagèrent alors à respecter toutes les Mitsvoth et diffusèrent les principes de la Émouna divine dans le monde.

Rachi fait un autre commentaire sur ce verset : « Et les gens qu’ils avaient acquis à ‘Haran » : quant au sens littéral du verset, il s’agissait de serviteurs et de servantes dont ils avaient fait l’acquisition. L’achat des serviteurs et des servantes visait en effet à faire entrer ces individus sous les ailes de la Chekhina. Il vaut donc la peine de débourser de grandes sommes pour diffuser la Émouna en Hachem.

Chabbath Chalom !
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