Le rabbi de Kalov, sur la paracha Ki Tissa : Le Chabbath, source de bénédiction et de guérison

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« Afin qu’il n’y ait point de mortalité parmi eux à cause de cette opération. Ce tribut, présenté par tous ceux qui seront compris dans le dénombrement » (Chemoth 30,12-13).

Rabbi Hillel de Paritch avait l’usage de sillonner les villes et villages pendant la majeure partie de l’année, pour enseigner la Tora et la crainte du Ciel au peuple, ainsi que les inciter à la Techouva. Il arriva un jour dans une ville, et apprit qu’y résidaient plusieurs Juifs négociants en vin, propriétaires de tavernes ouvertes le Chabbath, au même titre que les autres jours de la semaine, que D’ préserve.

Rabbi Hillel en fut bouleversé. Il convoqua tous les propriétaires des tavernes ainsi que leurs employés juifs. Dès leur arrivée, il les réprimanda sur leurs actions, mais ceux-ci firent valoir leurs arguments : ils connaissaient bien sûr la valeur sacrée du Chabbath, et étaient prêts à fermer tous leurs commerces le jour du Chabbath, mais uniquement à condition que M. X, un homme aisé, propriétaire de la plus grande taverne de la ville, fermait également son commerce le Chabbath, car dans le cas contraire, la concurrence serait déloyale. Rabbi Hillel convoqua cet homme, mais celui-ci avait compris la demande du Tsadik, et ne se présenta pas. La scène se reproduisit plusieurs fois. De ce fait, rabbi Hillel décida de s’attarder dans la ville et d’y passer le Chabbath, et de ne pas quitter la ville jusqu’à ce que l’affaire soit réglée.

Ce Chabbath-là, l’homme aisé éprouva soudain de vives douleurs au ventre, qui s’intensifièrent, au point qu’il se mit à crier de douleur. Autour de midi, l’heure du repas de Chabbath, son épouse se rendit, affolée, au domicile de rabbi Hillel, au moment où il était attablé, entouré d’un grand nombre de ses disciples. Elle éclata en sanglots, et demanda au rav de prier pour son mari. Mais le Tsadik se tut et ne répondit pas.

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L’un des ‘Hassidim demanda à son maître : n’est-il pas mentionné dans les propos de nos Sages qu’on ne récite pas de prière particulière pour le malade le Chabbath, mais pourquoi ne pas réciter tout au moins la formule mentionnée par nos Sages (traité Chabbath 12a), qu’il est permis de réciter le Chabbath ? « Chabbath hi miliz’ok, verefoua krova lavo. Il n’est pas permis de s’écrier le Chabbath pour implorer la compassion, et la guérison est proche. » Mais rabbi Hillel se mura dans son silence. La femme rentra chez elle, et les souffrances de son mari s’accrurent.

Le Motsaé Chabbath, lorsque rabbi Hillel était assis avec ses élèves pour le repas de Mélavé Malka, la porte s’ouvrit à nouveau à grand fracas, et la femme entra et implora le rabbi de prier pour son mari qui souffrait terriblement. À ce moment-là, le Tsadik lui répondit : «Chabbath hi milizok, verefoua krova lavo.»

Ses élèves furent ébahis : pourquoi le Chabbath même, moment favorable pour prononcer cette formule, le rabbi s’était retranché dans le silence, alors que maintenant, à l’issue du Chabbath, au lieu de prier, le rabbi prononçait la formule d’usage du Chabbath ?!

Le rabbi s’expliqua alors : « Le Chabbath a de la peine et gémit pour chaque Juif qui le profane et lorsque le Chabbath gémit, cela entraine parfois chez l’homme des maux de ventre, voire des souffrances encore plus grandes. Le Chabbath, qui est la source des bénédictions pour toute personne qui s’en délecte, peut être une source de mal lorsqu’elle demande réparation de l’affront subi, car l’atteinte portée au Chabbath est très forte. » Ainsi, dans le texte de nos Sages : « Il n’est pas permis de s’écrier le Chabbath pour implorer la compassion : uniquement lorsque le Chabbath aura cessé de protester contre un homme qui ne cesse de le profaner, en s’engageant à ne plus se livrer au commerce le Chabbath, de s’abstenir de conduire le Chabbath, de s’abstenir d’allumer la lumière, etc. Alors seulement : « La guérison est proche. »

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Le rabbi s’adressa alors à la femme en ces termes : « Si votre mari promet de ne plus profaner le Chabbath, il lui est garanti que le Chabbath cessera de se lamenter sur lui, et dans ce cas, la guérison sera proche. » Et c’est exactement ce qui se passa.

Ce pouvoir issu du mérite immense du respect du Chabbath a été observé à toutes les époques. Il existe des milliers d’histoires de délivrances et de guérisons intervenues par ce mérite. De nombreux Tsadikim, comme le rabbi de Sanz zatsal, se conduisent de la manière suivante : lorsque des Juifs éloignés de la pratique des Mitsvoth lui demandaient une bénédiction lorsqu’ils se trouvaient dans une situation de détresse, il leur demandait de s’engager à respecter le Chabbath. Par ce mérite, ils guérissaient, en dépit des sombres pronostics des médecins qui avaient baissé les bras.

À ce sujet voici une histoire rapportée par reb Israël Zoupnik : l’épouse de l’un de ses clients de Chicago, avait contracté une maladie très grave. Cet homme avait alors demandé à reb Israël Zoupnik de solliciter une bénédiction pour son épouse auprès de l’Admour, rabbi Ména’hem Mendel de Strafkov, qui résidait à Williamsburg et était réputé pour ses délivrances. Il demanda une Berakha pour une prompte guérison. Lorsque l’homme exposa sa requête à l’Admour, celui-ci répondit qu’il était prêt à accorder sa bénédiction s’ils promettaient de respecter le Chabbath. Ils donnèrent leur consentement, l’Admour les bénit et la femme guérit du jour au lendemain. Au bout d’un certain temps, l’Admour téléphona une veille de Chabbath à reb Israël Zoupnik et lui demanda : « Tu m’as fait faire une affaire – vérifie s’ils respectent bien leur engagement. » Reb Israël téléphona à Chicago et il apprit que le couple avait décidé de ne plus respecter leur engagement. La maladie la frappa à nouveau, car toute guérison surnaturelle ne dure que tant que l’on respecte le Chabbath.

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Nous en trouvons une allusion dans le verset de la paracha : « Afin qu’il n’y ait point de mortalité parmi eux à cause de cette opération » : les Juifs ne seront pas touchés par la mort lorsqu’ils seront atteints par une maladie dangereuse, à condition que : « Ce tribut (Zé) présenté par tous ceux qui seront compris dans le dénombrement» : le terme Zé est une allusion à la Mitsva de Chabbath, mentionnée dans la Tora à douze reprises, indiqué par le terme Zé qui a la même valeur numérique. Toute personne qui transgresse les Mitsvot, mais promet de commencer à respecter le Chabbath, bénéficiera, par ce mérite, de guérisons et de délivrances.

Chabbath Chalom !

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