Le rabbi de Kalov sur la parachath Vayakel-Pekoudé

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Prendre une bonne résolution en période d’épidémie

«Une clochette, puis une grenade, au bord de la robe, tout autour» (Chemoth/Exode 39,26)

En période d’épidémie, l’usage est de chercher des segouloth et des talismans, qui possèdent une force spirituelle qui contribuent à se protéger de l’épidémie. Mais retenons que le rôle essentiel de l’homme est de procéder à une introspection pour déterminer ce qu’il doit rectifier en lui.

Méditons sur ce que nous avons toujours entendu chez nos maîtres en période d’épidémie à leur époque. En effet, une épidémie s’abat sur le monde en raison des fautes de l’homme, et il convient de faire Techouva à ce sujet.

Lorsque la terrible épidémie de choléra se propagea en 1931, mon ancêtre, le vénérable rabbi Tsvi Hirsch de Ziditchov, constata que l’on ne faisait pas Techouva sur la majorité des fautes pour lesquelles l’épidémie avait frappé, et il déclara alors : « Je suis une expiation pour tout le peuple d’Israël », et il rendit l’âme. Le décès du Tsadik de la génération incita le peuple à se repentir, et dès lors, le fléau cessa totalement.

Lorsque des épidémies se répandirent à l’époque de mon ancêtre, rabbi Its’hak Eizik de Kamarna, il publia son ouvrage Adam Yachar, sur les écrits du Ari zal, qui est un recueil de segouloth et de prières en période d’épidémie ; mon ancêtre inséra, entre les passages, des propos encourageant le lecteur à rectifier ses actes, ce qui constitue l’essentiel du devoir de l’homme.

On relate que lors d’une épidémie de choléra à l’époque de rabbi Mena’hem Mendel de Kotsk, on insista beaucoup auprès de lui pour qu’il prépare un talisman, mais il s’y refusa. Après beaucoup d’insistances, le rav répondit qu’on lui apporte un parchemin et de l’encre, et inscrivit sur le parchemin le terme «’Holra.» Ses disciples pensèrent que c’était le nom de l’ange responsable dans le ciel de l’épidémie du choléra (qui se dit ‘Holira), mais leur rav leur expliqua alors : « Retenez que ce sont les initiales de l’expression « ‘Hatanou lefanékha Ra’hem ‘alénou (Nous avons fauté devant Toi, aie pitié de nous). »» Il voulait ainsi leur enseigner que l’essentiel est de faire Techouva.

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Le Zohar relate que rav A’ha fit des segouloth pour arrêter une épidémie à Kfar Tarcha, puis il s’endormit, et entendit dans son rêve qu’on lui demandait du ciel d’inciter les habitants de sa ville à se repentir. Lorsqu’il se leva, il les incita à faire Techouva, et ils prirent une résolution positive : pas un jour ne passerait sans qu’ils n’étudient la Tora.

Le principe essentiel de la Techouva est de prendre une résolution pour l’avenir. Or, en période d’épidémie, on peut être confus par le nombre de propos d’éveil à la Techouva que l’on entend de diverses directions, et on ne trouve pas de résolution solide et durable. Chaque Juif devra veiller à s’engager à prendre au moins une bonne résolution.

C’est une Mitsva, comme l’ont enseigné nos Maîtres (Beréchit Rabba) à partir du verset (Beréchit 28,20) : « Ya’akov prononça un serment en ces mots » : en période de malheur, on fait le vœu de respecter une Mitsva.

Nous voyons dans le livre des Tehilim (chapitre 15) qu’avant la venue du Machia’h, D’ placera les enfants d’Israël dans une situation de détresse à l’image d’une détention dans une forteresse, et tous ceux qui s’éveillent à la Techouva mériteront de tenir bon, et lorsqu’ils seront délivrés, chacun d’eux dira à D’ : « Je vais m’acquitter du vœu que j’ai prononcé en temps de détresse. »

De même, dans le livre des Tehilim (au chapitre 76), lorsque D’ proclama du ciel la Midath Hadin (l’Attribut de rigueur), et que la « terre s’effraya et demeura immobile », comme pour une épidémie, les enfants d’Israël se dirent les uns aux autres : «Faites des vœux et acquittez-les envers l’Éternel, votre D’. »

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Lorsqu’un homme promet de se renforcer à accomplir parfaitement une Mitsva qu’il ne faisait pas jusque-là, D’ associe cette pensée positive à l’acte, et on considère qu’il a déjà accompli la Mitsva. De là, un ange positif se crée, qui est un intercesseur dans le monde supérieur et le sauve des catastrophes, comme l’affirment nos Sages dans le traité Avoth (4,11) : « Celui qui acquiert une Mitsva s’acquiert un défenseur, le repentir et les bonnes actions sont comme un bouclier devant le malheur. »

Rabbi Ya’akov Arié de Radzimin a expliqué la pertinence de ce concept par une allégorie : tout comme celui qui allume une bougie dans l’obscurité chasse l’obscurité, celui qui s’engage à faire une Mitsva allume une lumière spirituelle qui chasse les accusateurs et les Klipoth (écorces) qui l’obscurcissent en période de détresse.

Or, bien que le moment de la mort de l’homme ou celui où il perd sa source de revenus ait déjà été décrété, il peut néanmoins être sauvé en promettant de se repentir et de rectifier un point particulier, car grâce à ce changement, il gagne le titre de Tsadik dans ce domaine, et il n’est désormais plus soumis à ce décret.

Mon expérience me permet de témoigner à ce sujet : j’ai l’usage de demander aux hommes, aux femmes et aux enfants venus demander une bénédiction pour se renforcer, de formuler de vive voix une promesse d’accomplir une Mitsva ; on a constaté qu’ils ont eu droit à de grandes délivrances.

L’usage en période d’épidémie et de malheurs était de se recueillir sur les tombes de Tsadikim, de demander des berakhoth ou des segouloth auprès d’hommes sages et vertueux. Cette démarche est louable, et comme l’explique le Zohar (Zohar ‘Hadach, deuxième partie, 44a), parfois des Tsadikim sont en mesure d’éliminer un décret d’épidémie même après qu’il a été décrété. Mais retenons que tout d’abord, il faut se plier à la volonté du Créateur qui a apporté cette épidémie pour inciter le peuple à accepter le joug des Mitsvot, et c’est la meilleure des segouloth.

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On peut affirmer que c’est la raison pour laquelle D’ a prescrit de placer sur le côté du manteau du grand-prêtre des cloches et des grenades à proximité les unes des autres, à titre de signe pour les hommes venus demander une berakha au Cohen Gadol lorsqu’ils traversaient un malheur. Le malheur est comparable à une clochette de D’, qui frappe le Juif, comparé à la grenade, comme il est dit (‘Erouvin 19a) : tous les Juifs sont remplis de Mitsvot tout comme la grenade. Il suffit de retirer l’écorce dure de la matérialité et de découvrir les forces possédées par le Juif pour accomplir les Mitsvoth, en tenant immédiatement la promesse d’accomplir une Mitsva, et s’assurer ainsi de tous les bienfaits.

Chabbath chalom !

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