Le rabbi de Kalov, sur parachath Béréchit : éduquer par l’exemple

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Et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres. Ils sèmeront un germe qui servira à votre nourriture. » (Beréchit 1,29)

D’après un principe connu dans l’éducation des enfants, les enfants apprennent davantage de la conduite qu’ils observent chez leurs parents, que des discours visant à leur inculquer une conduite appropriée.

Si le père exige une certaine conduite de son enfant, mais agit lui-même dans le sens opposé, même s’il lui donne un quelconque prétexte, l’enfant n’intériorisera pas la leçon. Même si, sur le moment, il est obligé d’obéir à son père, il ne continuera pas dans cette voie à l’âge adulte, estimant qu’il ne doit pas surpasser son père. Un homme très soucieux me confia un jour : il possédait une usine et dirigeait également un Beth Hamidrach, mais n’étudiait pas la Tora. Un jour, il fit la morale à son fils de onze ans pour l’inciter à étudier. L’enfant lui rétorqua : « Je sais étudier comme toi. »

Ainsi, dans le verset : « Éduque l’enfant dans sa voie» (Michlé 22,6) : l’enfant s’éduque en fonction de la voie de son père, la nature du fils est de suivre la conduite observable chez son père, et ainsi, comme l’indique la suite du verset : «Même avancé en âge, il ne s’en écartera point. »

Certains parents estiment avoir du mal à surmonter leurs inclinations et à se montrer scrupuleux sur l’observance des Mitsvot et des bonnes actions, tout en souhaitant que leurs enfants se conduisent dans cette voie de droiture, et de ce fait, ils tentent de montrer extérieurement qu’ils sont très rigoureux dans leur pratique des Mitsvot, en posant notamment de nombreuses questions de Halakha. Nous relevons cette conduite chez ‘Essav (Béréchit 25,27) : connaisseur de la chasse, il savait tromper son père par ses paroles en posant des questions comme celle-ci : comment prélever la dîme sur le sel ? afin que son père juge qu’il était scrupuleux sur la pratique des commandements divins. Or, il s’avère impossible de duper les enfants à ce sujet, du fait qu’ils sont également dotés d’intuition et d’intelligence pour déceler une attitude superficielle. Ils remarquent clairement que le père lui-même n’est pas scrupuleux sur la pratique des Mitsvot, et ils suivront également cette voie : ils poseront des questions devant leurs enfants, mais sans appliquer les recommandations données.

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Il est impératif que l’enfant voie son père se consacrer aux Mitsvot dans la joie, comme il est dit (Tehilim 100, 2) : « Adorez l’Éternel avec joie.» Si les enfants voient leur père se réjouir en accomplissant les Mitsvot, ils seront animés d’un désir authentique de suivre cette voie, et ils éduqueront également leurs propres enfants de cette manière. À propos d’un tel homme, les Écritures disent (Tehilim 112) : « Heureux l’homme qui craint l’Éternel, qui prend grand plaisir à Ses commandements. Puissante sera sa postérité sur la terre : la race des justes est bénie ! (…) Une lumière brille pour les justes au sein des ténèbres. »

Ce n’est pas le cas si le père se plaint en accomplissant les Mitsvot comme la Tora, la prière ou le respect du Chabbath, s’il arrive à la dernière minute à la synagogue, s’il parle pendant la prière, que tout est pour lui un poids, en particulier s’il ne suit aucun cours régulier de Tora, il ne lui sera d’aucune utilité de poser à ses enfants des questions de Halakha sur la prière par exemple. En effet, ses actes prouvent que les Mitsvot n’ont aucune importance à ses yeux et qu’il ne cherche pas à en savoir plus sur le sujet. Au contraire, il essaie autant que possible de se décharger de ses obligations divines en pensant qu’au même moment, il pourrait gagner de l’argent ou se consacrer à des activités plaisantes.

À ce sujet, la Guemara (Souca 56b) relate une histoire sur une jeune femme cohen qui épousa un fonctionnaire grec. Lorsque les Grecs pénétrèrent dans l’enceinte du Beth Hamikdach, elle donna un coup de pied à l’autel où l’on accomplissait la Mitsva des Korbanoth (sacrifices) et déclara : « Jusqu’à quand engloutiras-tu l’argent des Bené Israël ?» Lorsque les Sages furent informés de son méfait, ils sanctionnèrent sa famille. Nos Sages expliquent que la raison pour laquelle ses parents furent punis tient au fait que lorsqu’un enfant parle en public, il répète le discours de ses parents. La jeune fille avait entendu ses parents tenir ce discours, que l’on perd de l’argent en observant les commandements, ce qui conduisit à sa chute, et à sa déclaration rebelle : celui qui apporte des sacrifices pour D’ gaspille son argent en vain. En effet, ceux qui sont dépourvus d’Emouna (foi) estiment qu’offrir des sacrifices est du gâchis, du fait que l’on perd le plaisir de la consommation de viande. Cela l’entraîna à abandonner la pratique des Mitsvot, pensant que l’on perdait de l’argent en les accomplissant, et à être attirée par les Grecs qui pensent être maîtres de l’argent.

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Un Maître en Tora a justement fait remarquer que seules les familles arrivées en Amérique à l’aube du vingtième siècle qui respectaient le Chabbath dans la joie, en soulignant que la pratique des Mitsvot n’entraîne aucune perte, sont restées fidèles au respect de la Tora, contrairement à celles qui se lamentaient des pertes encourues.

De ce fait, chacun doit retenir ce principe : si l’on veut avoir des enfants empreints de sainteté et de pureté, qui suivent la voie de la droiture, notre attitude est essentielle. En effet, nos enfants observent attentivement chacun de nos faits et gestes lorsqu’ils vivent sous notre toit, ce qui influe énormément sur leur conduite future.

Cette idée transparaît dans le discours de D’ adressé à Adam Harichon et ‘Hava dans la paracha : « Et tout arbre » : J’ai créé l’homme à l’image de l’arbre, comme il est dit (Devarim 20,19) : « Car l’homme est un arbre des champs » portant des fruits qui deviendront arbres » : la conduite de l’homme détermine la qualité des fruits qu’il engendre, et de ce fait, la conduite des parents est celle-ci : « ils sèmeront un germe qui servira à votre nourriture » : ainsi, les parents sèment de bons fruits, et éprouvent du plaisir de leurs enfants au fil des années, en sus du salaire dont ils bénéficient pour leurs propres bonnes actions, et goûtent ainsi au bonheur réel et éternel.

Chabbath Chalom !

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