Le rabbi de Kalov sur parachath Ekev : exercer une vigilance sur la cacherouth

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Paracha Ekev : exercer une vigilance sur la cacherouth

« Peut-être, jouissant d’une nourriture abondante, bâtissant de belles maisons où tu vivras tranquille » (Devarim 8,12).

Un jour, le rabbi de Berditchev se retrouva dans une auberge d’un village reculé, et lorsque le propriétaire des lieux aperçut ce Juif distingué, il s’approcha de lui et lui dit : « J’ai une bête que je souhaiterais faire abattre rituellement, mais notre abatteur rituel habite dans une ville éloignée, et il m’est difficile d’attendre son arrivée. Or j’ai vu, d’après votre apparence, que vous étiez un érudit en Tora et que vous connaissiez certainement les lois de la che’hita (abattage rituel), j’aimerais que vous abattiez pour moi cette bête et je vous rémunérerai à cet effet. » Le rav répondit : « D’accord, apportez la bête et un couteau de che’hita. »

Alors que le propriétaire de l’auberge préparait la bête et le couteau, le rabbi de Berditchev lui dit : « J’ai une demande à vous présenter : pourriez-vous me prêter vingt roubles, qui me sont absolument indispensables maintenant, et dans quelques jours, avec l’aide de D’, je rembourserai cet emprunt ? Vous pouvez compter sur moi, vu que mon visage vous inspire confiance. » Et le propriétaire de rétorquer : « Pardonnez-moi, mais au final, je ne vous connais pas, et comment pouvez-vous me demander un prêt de vingt roubles alors que vous m’êtes inconnu, et n’avez ni témoins ni garants ? »

Le rav lui répondit : « Écoutez bien ce que vous dites. Si vous ne désirez pas me prêter vingt roubles, au motif que vous ne me connaissez pas, comment pouvez-vous vous appuyer sur moi pour abattre une bête, alors que vous ignorez tout de moi ? Et sachez que je ne suis pas abatteur rituel, mais comme j’ai vu que vous pensiez me faire confiance, j’ai orchestré les choses afin que vous compreniez par vous-même et rectifiez votre conduite. En effet, si un homme malhonnête s’était présenté à vous, désirant gagner le salaire de l’abattage rituel, se prétendant cho’hèt tout en ignorant les règles de l’abattage rituel, vous auriez, que D’ préserve, servi de la viande non-cachère à notre peuple, ce qui constitue une infraction bien plus grave que la perte de vingt roubles que vous craigniez que je ne vous restitue pas. »

Cette histoire nous enseigne un message : si, dans le domaine matériel, on prend toutes les précautions pour éviter les risques, à plus forte raison faut-il exercer la même prudence pour éviter de consommer un aliment qui serait douteux sur le plan de sa cacherout, car les aliments interdits génèrent de grands préjudices, qui portent atteinte à l’homme même s’il a agi sans le savoir, ignorant que l’aliment n’était pas cacher.

Dans le Zohar, il est dit que celui qui mange des aliments interdits s’attache au Yétser Hara et un esprit d’impureté repose sur lui. Il se trouve que son âme – partie essentielle de l’homme – est affectée du point de vue spirituel. L’illustre Rambam, également un grand médecin, écrit à propos des aliments interdits, que celui qui consomme des bêtes impures dont la nature est mauvaise et cruelle, s’approprie ces traits de caractère de négativité et de cruauté ; de la même manière, d’autres aliments portent atteinte au corps et à l’esprit.

Le Ba’al Chem Tov raconte que l’on interrogea un jour le Rambam sur la résurrection des morts : tout comme il y a des preuves sur la résurrection des morts, il est possible d’apporter des preuves du contraire. Le Rambam ne voulut pas répondre lui-même, mais uniquement par l’intermédiaire de ses élèves. Il expliqua que d’après leur question, il voyait que les questionneurs s’étaient gavés d’aliments interdits. En effet, le sang issu de la viande pénètre dans le cerveau, ce qui entraîne des failles dans la émouna ancestrale, héritée chez les Bené Israël d’Avraham Avinou.

De ce fait, même les enfants qui mangent avec excès des aliments interdits, compte tenu du manque de prudence de leurs parents, sont confus au niveau de leur réflexion et ont des doutes dans leur émouna et des difficultés à comprendre l’étude de la sainte Tora et ainsi, leur conduite se dégrade au fur et à mesure. Comme l’a écrit le Pri ‘Hadach à propos de la cacherouth des aliments : « Du fait qu’à notre époque, on ne manifeste pas de prudence à l’égard de ces sujets, la majorité des enfants quittent le droit chemin et un grand nombre d’entre eux sont effrontés, manquent de crainte du Ciel et même si on leur expose des preuves, ils ne les accepteront pas. »

Cette épreuve est surtout présente en vacances. En effet, un homme qui, à la maison est très vigilant sur la cacherouth, se trouve dans un endroit où le choix d’aliments dotés d’un bon certificat de cacherouth est limité et remarque que tout le monde mange quelque part, il ne posera pas de questions sur la surveillance et la fiabilité de la cacherouthe.

En conséquence, chaque Juif est tenu de se renforcer et d’enseigner à sa famille que dans le domaine de la cacherouth, on ne fait aucun compromis. Tout comme pour la construction d’une maison, on ne se fie pas au premier venu, on cherche au contraire des spécialistes agréés, afin de s’assurer que la construction est optimale, en s’éloignant de toute pratique douteuse, de même, lorsque le moindre doute se pose sur la cacherouth d’un aliment, il faut s’en éloigner.

On peut ainsi interpréter le verset de la paracha : « Si tu es un homme : « peut-être », ce terme connote un langage de doute, qui consomme un aliment douteux au niveau de la cacherouth, « jouissant d’une nourriture abondante », mais sans vérifier si c’est permis, mais qu’en revanche, lorsqu’il s’agit du domaine matériel, comme la construction d’une maison, alors : « bâtissant de belles maisons » : tu construis uniquement avec les meilleures matières premières et les meilleurs artisans. « Où tu vivras tranquille (Yachavta) » : le terme Yachavta vient de la Techouva (repentir) : il convient de te repentir à ce sujet et de rectifier tes actions à compter de ce jour, afin de bénéficier, ainsi que ta famille, d’une vie heureuse et en bonne santé, sur le plan matériel et spirituel.

Chabbath Chalom !

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