Le rabbi de Kalov : Ya’akov avinou et la mitsva de la Soucca

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Le rabbi de Kalov

Il est ramené dans le Zohar que lorsqu’un Juif accomplit la mitsva de Soucca et prend son repas de fête dans la joie, Avraham Avinou lit ce verset à son sujet (Yechayahou/Isaïe  58,14) : « Alors tu te délecteras en D’ et Je te ferai jouir de l’héritage de ton aïeul Ya’akov. »
Ce passage nécessite une explication : quel est le rapport entre Ya’akov Avinou et la fête de Souccot h?

Examinons l’histoire de nos ancêtres dans la paracha de Toldoth, où figure une description qui fait nettement ressortir la différence de conduite entre les jumeaux ‘Essav et Ya’akov à l’âge de l’adolescence.

‘Essav choisit de se conduire comme tout jeune homme attiré par les passions perverses, qui déclare : « J’ai des problèmes d’émouna, de confiance en D’ » ; il s’éloigne de plus en plus de la Tora et des Mitsvoth, se considère comme un homme éclairé et moderne, tourne en dérision ceux qui accomplissent les Mitsvoth, et son cœur et son esprit s’obstruent.

À l’âge de la majorité religieuse, ‘Essav se rend chez son frère Ya’akov et lui vend le droit d’aînesse au profit d’un plat de lentilles pour satisfaire à sa voracité, et affiche son mépris pour les Mitsvoth, comme l’attestent les Ecritures : « Il mangea et but, se leva. » « Il mangea : sans procéder à l’ablution des mains, et il but : sans réciter la Berakha, se leva : sans réciter le Birkat Hamazon. » Puis la suite du verset : « C’est ainsi qu’Éssav dédaigna le droit d’aînesse. » Il savait que ce statut lui apporterait la richesse et les honneurs : en effet, à cette époque, les aînés occupaient la place des Cohanim, on leur offrait des cadeaux de prêtrise, et on les honorait par toutes sortes de moyens, mais comme ils devaient aussi éviter certaines conduites, comme celle de se rendre impur au contact d’un mort, ‘Essav ne voulut pas se plier à ces restrictions ; non seulement a-t-il renoncé à sa part qu’il a vendue, mais il s’est moqué du principe du droit d’aînesse et a affiché son mépris pour Ya’akov. Il s’est pris pour un homme intelligent qui se pose des questions sur D’ et Sa Tora ; un homme libéral et progressiste, dont la philosophie de la vie consiste à profiter de sa jeunesse sans limites.

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Et qu’advint-il d’Essav au final ? Il a totalement dégénéré du point de vue spirituel et perdu toute trace d’humanité, au point qu’il est parti chasser et a tué des innocents, comme il est dit : « Quand ‘Essav revint des champs fatigué. » Et Rachi de commenter : « (Fatigué) de tuer, comme dans : « Mon âme est fatiguée (ayéfa) à cause des meurtriers » (Yirmiyahou 4,31). Nos Maîtres affirment également qu’il a également enfreint des interdits dans le domaine des relations interdites et du culte des idoles. Il a ainsi détruit toute sa vie.

De ce fait, il a suivi ses instincts et a mis à profit ses talents pour poursuivre des futilités et satisfaire ses désirs. Il ne s’est pas consacré à l’étude de la Tora et des Mitsvoth comme il l’avait vu dans la maison paternelle. Il s’est laissé entraîner par le mauvais penchant qui l’a poussé à voir son père comme un homme rétrograde et s’est imaginé qu’il était plus intelligent et plus éclairé que lui. Si son intellect ne lui permet pas de comprendre les voies divines et le sens des Mitsvoth, cela veut dire qu’elles sont dénuées de substance.

Mais la voie de la vérité est la suivante : l’homme se plie à l’avis du médecin qui lui demande de changer ses habitudes pour sauver sa vie. En effet, le médecin a fait de longues études et le patient ne s’opposera pas au docteur en déclarant qu’il est prêt à l’écouter uniquement après avoir compris son raisonnement. Il se contentera de suivre ses instructions et par la suite, s’il le désire, il approfondira ses recherches. De même, dans le domaine de la Torah, il faudra pratiquer les commandements même sans en comprendre les motifs sous-jacents, à l’image de nos ancêtres depuis plus de 3000 ans, qui se sont sacrifiés jusqu’à donner leur vie pour éviter de transgresser la Tora. Ils étaient loin d’être stupides, bien au contraire, c’est grâce à leur intelligence qu’ils ont saisi l’importance de la Tora, dont la vie entière de l’homme dépend, comme il est dit : « Car c’est votre vie même » et : « c’est par ce moyen seul que vous obtiendrez de longs jours. » Après avoir étudié la Torah, l’homme pourra se réjouir parfaitement en accomplissant les commandements.

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Telle a été l’attitude de Ya’akov Avinou : il s’est effacé devant son père et grand-père, au vu de leur sagesse et statut. Il s’est par la suite élevé sur le plan spirituel et matériel, et a eu droit à la richesse et aux honneurs, comme il est dit : « Ya’akov arriva ensuite à Chalem (complet), ville de Sichem » : il était complet dans sa Tora, dans sa fortune et dans son corps. Il accéda au niveau où le seul bienfait est la Tora : « Plus précieux est pour moi l’enseignement de Ta bouche que des monceaux de pièces d’or et d’argent. »

Il a été initié à ce secret par Yits’hak avinou qui n’a pas quitté la voie tracée par son père Avraham comme son frère Yichmaël, il a poursuivi dans la voie de la émouna enseignée par Avraham avinou, comme l’indique ce verset : « Ceci est l’histoire de Yits’hak, fils d’Avraham – Avraham engendra Yits’hak. » De cette manière, Yits’hak a eu le privilège de suivre la trace d’Avraham en poursuivant la tradition de son père. Il n’avait de cesse de rappeler sa filiation à Avraham. De même, son fils Ya’akov suivit cette voie.

En conséquence, les Ecritures nomment Ya’akov « Ich Tam, homme simple et intègre » : c’était le secret de sa réussite : à l’âge de l’adolescence, il reconnut les limites naturelles d’un jeune homme qui n’a pas encore étudié et s’est toujours souvenu de sa simplicité et de son manque de connaissance des profondeurs de la Tora et des Mitsvoth. Il était « assis dans la tente » de la Tora qu’il se faisait un plaisir d’accomplir en se penchant sur ses causes.

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Ce principe fondamental est essentiel aujourd’hui pour la jeunesse ; en effet, la faute d’Essav est malheureusement ancrée chez de nombreux Juifs qui ne veulent pas mettre un frein à leurs passions bestiales pour se plier à la voie de la droiture de la Tora et à la volonté du Créateur. Ils renient Hachem et la Tora par leur intellect, quittent la voie de nos ancêtres, alors qu’au fond d’eux, ils reconnaissent la vérité de la Tora.

Il convient d’expliquer ce principe aux enfants : ils doivent éviter de suivre les voies sans cesse changeantes offertes par la modernité, mais suivre au contraire la voie de la Torah transmise par nos ancêtres, et les inciter à imiter la conduite exemplaire de Ya’akov Avinou qui a suivi les traces de son père et grand-père et a accédé ainsi à tous les bienfaits possibles.

Nous pouvons ainsi éclairer les propos du Zohar ci-dessus : lors de la fête de Souccoth, lorsque le Juif réalise la Mitsva de Soucca en prenant ses repas de fête dans la joie, il indique ainsi qu’il éprouve une joie authentique de réaliser les commandements divins, et de ce fait, Avraham avinou lit à son propos le verset : « Alors tu te délecteras en D’ et Je te ferai jouir de l’héritage de ton aïeul Ya’akov. » En effet, un tel Juif a droit au bonheur et à la joie à l’instar de Ya’akov avinou.

De même, nos Sages ont déclaré (Soucca 53a) : lors de la Sim’hath Bet Hachoéva (fête du puisage de l’eau) au Temple, les ‘Hassidim dansaient dans la joie et déclaraient : « Heureux les jeunes gens qui ne font pas honte aux aînés. » Heureux sont les jeunes gens qui ne font pas honte aux anciens des générations passées. Ils ont de la considération pour la voie de la droiture des vénérables ancêtres et se pavent ainsi la voie pour une vie de bonheur.

HAG SAMEA’H

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