La législation concernant les guema’him

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Nous avons vendu un appartement. Pas très cher : 800.000 shékels. A notre grande surprise, le paiement est arrivé en plusieurs chèques, en provenance d’un gma’h connu de Jérusalem. Toute la somme… Ce n’était pas parce que les acheteurs avaient reçu un prêt de cette caisse, car aucun gma’h ne prêtera une telle somme en une fois à une personne, mais simplement parce que ces braves gens avaient déposé une telle somme (et peut-être bien plus) dans ce gma’h. Le jour où ils ont eu besoin de leur argent, ils l’ont simplement retiré, et ont pu procéder à cet achat.

Ils ne sont pas les seuls : face à un marché bancaire où les intérêts perçus pour de l’argent déposé sur un compte sont ridiculement bas, n’est-il pas plus intelligent de gagner… en mitswoth, et de permettre au public de profiter de cet argent ?

De la sorte, les grands guema’him finissent par drainer des sommes considérables ! Il suffit de se rendre au fameux gma’h Kupermann, près la Yechivath Mir, pour prendre conscience de l’étendue de ce marché « parallèle ».

Toutefois, cet organisme financier situé hors banque, et hors système, n’est pas fait pour plaire aux responsables des impôts dans le pays…

Pire encore : les services fiscaux américains ont exigé que les dépôts d’argent dans de telles caisses en provenance de citoyens américains soient dorénavant également déclarés aux Etats Unis. Quand l’oncle Sam l’exige… De ce fait, les banques se sont tournées vers les directeurs de gma’him, en leur demandant de répondre aux exigences américaines, sous peine de se voir privés des services bancaires accordés jusqu’à présent.

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Cela va sans dire : un gma’h, sans banque, ne peut pas fonctionner, car qui est-il en mesure de jongler avec de telles sommes d’argent en cash ?

La chance a voulu que le président du comité des Finances de la Knesset soit l’infatigable rav Moché Gafni. Il a pris l’affaire en main, et a convoqué une réunion exceptionnelle de ce comité. « Le gouvernement d’Israël, a-t-il déclaré à l’ouverture de la séance, a signé des accords avec le gouvernement américain, sans prendre en considération les incidences graves qui en découlent pour l’une des plus importantes entreprises de bienfaisance du peuple juif, fonctionnant depuis des millénaires. Cette signature risque de provoquer un effondrement de la société civile israélienne, car les gma’him sont les seules caisses capables d’accorder à des personnes fragiles des prêts sans intérêt, leur permettant de revenir à flot. »

Comment faire dans les faits pour arriver à régulariser le statut des gma’him ? Le problème est que l’accord avec les Etats Unis doit être ancré dans la législation locale avant septembre de cette année (date fixée après prolongation…), et que la question des gma’him ne fait qu’arriver à présent sur la table de travail, le gouvernement n’ayant pas prêté attention à cette question jusqu’à présent. L’issue envisagée a été d’accorder à ces caisses un statut d’association d’utilité publique, ce qui les dispenserait de transmettre aux responsables fiscaux américains les renseignements exigés. Mais cela signifie également un accord de la part des responsables locaux, dont la Banque d’Israël – ce qui n’est pas évident, même de facto les guema’him fonctionnent sans encombre depuis… plusieurs millénaires.

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