Les médias acceptent une nouvelle fois la logique du Hamas

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La chronique de Michèle MAZEL

Dans la nuit de vendredi à samedi deux missiles ont été tirés à partir de Gaza vers les kibboutzim frontaliers. L’alerte a été donnée et les habitants se sont précipités vers les abris les plus proches. Heureusement il n’y a pas eu de victimes. L’armée israélienne a riposté en bombardant des ateliers de fabrication de missiles. «Ces échanges de tirs interviennent dans un contexte de tension croissante à l’approche d’une échéance clé sur le projet d’annexion» peut-on lire dans Le Figaro du 27 juin. C’est que le Hamas a donné une interprétation originale de la riposte israélienne : il s’agirait non pas de représailles mais d’un acte d’agression pour ainsi dire gratuit dans le cadre du projet d’annexion.

Une explication que ne semble pas rejeter Le Figaro citant une déclaration faite deux jours auparavant : «La résistance considère une annexion de la Cisjordanie et de la vallée du Jourdain comme une déclaration de guerre contre notre peuple et nous ferons en sorte que l’ennemi s’en morde les doigts (…)», a dit le porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam. Pour qui l’aurait oublié pourtant, ces brigades, bras armé du Hamas, ont été déclarées organisation terroriste interdite par de nombreux pays dont l’Union européenne.

La cause serait donc entendue. Le Hamas se met en ordre de bataille pour contrer les velléités d’annexion israélienne. Ce qui est curieux c’est qu’il y a des années que le Hamas envoie des missiles ciblant les populations civiles, la réponse d’Israël étant proportionnelle aux nombre de victimes et de dégâts. Des attaques qui ont provoqué trois guerres. Pour mémoire, opérations «Plomb durci» en 2008, «Pilier de Défense» en 2012, et «Bordure Protectrice» en 2014. Il n’y a pourtant aucun contentieux territorial, Israël s’étant totalement retiré de la bande de Gaza en 2005.

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Alors pourquoi ces affrontements ? Tout simplement parce que le Hamas répète en toute occasion qu’il entend établir un califat islamique sur l’ensemble de la Palestine mandataire et pour ce faire éliminer en premier lieu un voisin qu’il n’appelle jamais de son nom, évoquant tour à tour «l’entité sioniste» «L’Occupant» ou comme ici «l’ennemi». Il s’agit d’une position de principe qui n’a pas évolué depuis le jour où Hamas a chassé les représentants de l’Autorité palestinienne en un sanglant coup de force pour prendre le pouvoir à Gaza.  Il n’y a pas si longtemps encore, il lançait «la grande marche du retour» dans le cadre de laquelle des centaines de milliers de Gazaouis se pressaient chaque semaine à la frontière dans le but déclaré de déferler à l’intérieur des frontières internationalement reconnues d’Israël en massacrant tout ce qui se trouverait sur leur chemin. Des manifestations observées avec une étrange sympathie par des médias en France et ailleurs en Europe.

Bref, avec ou sans menace d’annexion, le Hamas, soutenu et financé par l’Iran, s’emploie à renforcer son arsenal de missiles en vue d’une nouvelle confrontation avec «l’ennemi sioniste». Il est dommage que les médias s’y laissent prendre.

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