Lettre de l’Admour de Kalov à l’approche de Pessa’h

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Lettre de l’Admour de Kalov à l’approche de Pessa’h

Le soir du Séder de la fête de Pessa’h, nous récitons au début de la Haggada : « Si D’ n’avait pas fait sortir nos ancêtres d’Egypte, alors nous, nos enfants et les enfants de nos enfants serions encore esclaves de Pharaon en Egypte. »

Mais une question se pose : le peuple juif aurait pu se révolter et s’enfuir en raison de son expansion démographique, des guerres entre diverses nations, ou du royaume égyptien tombé en disgrâce, et dans ce cas, l’esclavage aurait cessé de toute manière, tout comme aujourd’hui où l’esclavage est défendu selon la législation internationale.

En voici une explication : l’exil égyptien était surtout focalisé sur l’intellect, les enfants d’Israël vivaient sous l’influence de la culture hérétique des Egyptiens, comme nous le voyons dans le verset suivant où Pharaon dit : « Quel est cet Éternel dont je dois écouter la parole ? » (Chemoth 5,2). Ils ne croyaient pas à l’existence d’un Créateur qui dirige Ses créatures et peut agir de manière surnaturelle. En conséquence, lorsque Pharaon, le souverain égyptien, les aborda en employant un langage fielleux, commença à travailler avec eux et leur distribua de l’argent et des honneurs, ils se rapprochèrent de lui en estimant que c’est uniquement de cette manière qu’ils pourraient réussir à gagner leur vie. Ils se familiarisèrent ainsi avec les Egyptiens et s’inspirèrent de leur conduite : afin de trouver une source de subsistance de manière naturelle, il fallait faire abstraction de la volonté divine. Au final, D.ieu endurcit le cœur de Pharaon qui commença à les asservir et à les contraindre à devenir esclaves, et en raison de l’esclavage et de l’exil, ils perdirent tout.

D’ envoya ensuite dix plaies sur l’Egypte, l’esclavage cessa, et les Egyptiens commencèrent à respecter les enfants d’Israël ; le peuple juif s’enrichit considérablement grâce aux plaies. Or, l’Egypte était une terre particulièrement riche et fertile, semblable au Gan Eden, où ils étaient « assis près des marmites de viandes » et où tous les aliments étaient disponibles en abondance.

Compte tenu de cette situation, il n’y avait aucune raison que les enfants d’Israël désirent se rendre dans le désert, une terre inféconde et aride, un lieu où vivent serpents et scorpions, soldats et brigands, sans aucun abri pour se protéger de la chaleur aride en journée et du froid de la nuit, ainsi que des vents violents, sans pain ni eau, ni autres aliments indispensables à la survie d’un peuple entier composé d’hommes, de femmes et d’enfants. Le plus étrange était de partir précipitamment sans préparer de provisions pour la route, car toute personne qui s’apprête à voyager dans le désert sans emporter avec elle de la nourriture s’expose au suicide, en particulier dans leur situation où ils ne savaient pas où aller, sachant qu’Erets Israël était peuplé par 31 rois puissants.

De ce fait, D’ leur donna la Mitsva du Korban (sacrifice) de Pessa’h : ils devaient attacher un agneau au lit pendant 4 jours, l’abattre ensuite rituellement, puis peindre les linteaux des portes avec le sang de l’animal et consommer la bête avant de partir. L’agneau était une divinité égyptienne et agir de cette façon constituait une grande humiliation pour leurs idoles. On redoutait fortement que les Egyptiens se mettent en colère en constatant les faits et gestes des Hébreux et en tuent un grand nombre, comme cela s’était produit à de nombreuses reprises pendant l’exil où les Juifs avaient été tués et expulsés des pays où ils vivaient, et comme nous le voyons également aujourd’hui : certains, lorsqu’on méprise leur croyance, répondent par le meurtre.

Mais le Saint béni soit-Il leur prescrit de réaliser cette Mitsva, qui, d’après l’ordre naturel des choses, mettait leur vie en danger. Il leur expliqua qu’en apercevant du sang au-dessus des maisons, il les épargnerait et il n’y aurait pas de morts. Les enfants d’Israël réalisèrent la Mitsva avec dévouement et constatèrent que le mérite de la Mitsva les protégea et les Egyptiens ne leur causèrent aucun tort. De surcroît, par l’accomplissement de la Mitsva, aucun d’entre eux ne périt lors de la plaie des premiers-nés. C’était l’essentiel : montrer aux enfants d’Israël que lorsqu’on accomplit dûment les commandements divins, la Mitsva nous protège, et on est à l’abri de toute domination étrangère.

En effet, même en vivant dans le bonheur et la sérénité, après avoir constaté que la Mitsva les avait sauvés, ils se rendirent néanmoins dans le désert aride pour recevoir les 613 Mitsvot de la Torah, même au prix de devoir rester dans le désert, en raison des 31 rois vivant en Canaan. La pratique des Mitsvot de la Torah protège et sauve les Juifs en tous lieux.

Par le mérite du don de la Tora et de la pratique des Mitsvot, D’ les aida de manière surnaturelle, Il leur donna de la manne à manger et un puits pour étancher leur soif, les installa dans la nuée de gloire qui leur servait de maison, devenant un appartement pour chaque famille séparément, et éclairait la nuit les intérieurs. Les nuées contribuaient également au nettoyage des vêtements et les protégeaient des brigands et des tribus de nomades arabes. Ces nuées leur fournissaient d’autres bienfaits, comme l’indique le Midrach. C’est ainsi qu’on pourvut à leurs besoins dans le désert aride pendant quarante ans, ce qui n’avait pas eu son égal dans les annales de l’histoire.

De ce fait, les coutumes du soir du Séder sortent de l’ordinaire en souvenir de la sortie d’Egypte, pour susciter les questions des enfants. Les pères relatent alors le récit de la sortie d’Egypte et évoquent la Emouna, l’existence du Créateur et la Providence qui s’est dévoilée par un changement radical de l’ordre des lois de la nature pour ceux qui pratiquent les Mitsvot. Ainsi, les enfants seront enclins à suivre les traces de leurs parents dans la pratique des Mitsvot.

Nous pouvons ainsi comprendre clairement le passage de la Haggada de Pessa’h : « Si le Saint béni soit-Il n’avait pas fait sortir nos ancêtres d’Egypte », si l’on n’avait pas vu concrètement que D’ en personne les avait fait sortir d’Egypte au-delà de la nature, ils auraient été délivrés de manière naturelle : « alors nous, nos fils et les fils de nos fils aurions encore été les esclaves de Pharaon en Egypte » : nous serions encore assujettis à la culture hérétique de l’Egypte, même sans être restés des esclaves dans la réalité.

En conséquence, c’est une Mitsva de tenir des propos de émouna à nos enfants à chaque génération, en particulier dans des pays où résident de nombreux hérétiques et ennemis de la foi qui s’évertuent à déraciner la émouna, comme c’est le cas de la majorité des centres de population où vivent les Juifs à notre époque. Dans ces circonstances, notre rôle consiste à nous renforcer dans notre Emouna justement à partir de ces lieux d’hérésie. Par le biais de ce travail ardu, nous brisons les Klipoth (écorces) et nous pourrons célébrer une joyeuse fête de Pessa’h, et nous attendre rapidement à la venue de la Gueoula.

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