Lutte des classes : « Bye bye Marx, bonjour la Fontaine »

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Le vingtième siècle nous avait accoutumés à cette idée forte, véhiculée par le marxisme et admise par tous ou presque, que le monde moderne était le théâtre d’une impitoyable lutte des classes : effectivement, exploiteurs et exploités, patrons et ouvriers, chacun pouvait aisément comprendre où et comment cette lutte se déroulait et très peu de penseurs remettaient en cause cet axiome central de la vie humaine au temps de l’industrie triomphante.

En 2020, le monde numérique et post industriel qui est le nôtre est en voie de puissamment bousculer ce tableau, car nos usines sont parties sous des cieux asiatiques, notre classe ouvrière a fondu comme neige au soleil et nos exploiteurs cruels ne se retrouvent guère aujourd’hui que dans les pages de « Germinal ».

Alors tout va-t-il magnifiquement dans ce nouveau monde digitalisé ?

L’amour règne-t-il désormais entre les défuntes « classes sociales »?

Non bien sûr !

Car en France, les gilets jaunes sont sortis de leurs campagnes pour faire trembler les bourgeois des villes : ils sont venus hurler sur les Champs Élysées, et dans les beaux quartiers de nos métropoles leur détresse et leur sentiment d’éloignement, eux qui doivent survivre dans des sous-préfectures fantomatiques, sans travail, sans hôpitaux, sans commissariats de police, sans TGV, et même sans 4G !!

Partout dans le monde occidental apparaissent des brèches béantes entre les habitants des zones laissées pour compte et la bourgeoisie urbaine, numérisée et gentrifiée.

En Italie, en Allemagne, et ailleurs apparaissent aussi ces fameux mouvements « populistes » qui hérissent tant notre « médiacratie », ils naissent et prospèrent plutôt dans les länder de l’est qu’à Cologne, plutôt dans le Mezzogiorno poussiéreux qu’à Milan, et cristallisent déjà les nouvelles futures classes sociales.

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Alors exit Marx, bonjour Jean de la Fontaine : oui plusieurs siècles après l’édifiante aventure qui confronta le rat des villes à celui des champs, la nouvelle lutte des classes oppose, peut-être, la pesante certitude des hommes des villes au malaise étouffant des hommes des champs.

Thierry AmouyalMABATIM.INFO

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