Paracha Chemoth : une éducation empreinte de bienveillance

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« Or, Moché faisait paître les brebis de Yitro son beau-père » (Chemoth 3,1).

Lors de mes voyages autour du monde, j’en suis venu à réaliser que l’écrasante majorité des parents n’ont pas de relation satisfaisante avec leurs enfants, et c’est un point à rectifier.

Dans le but d’améliorer la situation, il faut savoir que lorsqu’on prodigue un enseignement aux enfants, il faut leur parler calmement, comme l’atteste le verset (Kohéleth) : « Les paroles des sages dites avec douceur sont mieux écoutées. »

Même lorsque la réprimande est nécessaire, il faut s’efforcer d’offrir des compliments plutôt que de la morale.
On pourra par exemple dire à un enfant qu’il n’est pas approprié pour un enfant sage et intelligent comme lui d’agir de telle façon…

A ce sujet, le rabbi de Radomsk, dans son ouvrage Tiféreth Chelomo (Pirké Avoth), s’exprime ainsi sur l’injonction de nos Sages de juger chacun favorablement :

« Nous avons appris des Tsadikim de cette génération qu’on ne doit jamais réprimander quelqu’un en face de lui en ces termes :
« Pourquoi as-tu fait ça ? »
Les propos qu’on lui adresse doivent être imprégnés de sagesse et de positivité, jusqu’à ce notre interlocuteur réalise ses erreurs de lui-même, sans qu’il soit nécessaire de le mettre face à ses erreurs.

C’est ainsi que s’exprime rabbi David Biderman de Lélov : « De nos jours, on ne peut plus faire de reproches, mû par la colère, pour pousser les fauteurs à se repentir et à revenir vers Hachem.
Il faut au contraire leur parler gentiment, les attirer à l’amour de Hachem, ce qui les conduira au final à la crainte du Ciel. »
Si le rabbi de Lélov s’est exprimé de cette façon à son époque, c’est à plus forte raison valable de nos jours : il ne faut pas adresser de réprimandes à nos enfants ; au contraire, les parents doivent chercher à resserrer les liens avec leurs enfants, par des manifestations de tendresse et des compliments.

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Il faudra également leur offrir occasionnellement des petits cadeaux pour les réjouir.
De cette manière, les enfants apprendront en retour à aimer leurs parents, comme nous le voyons dans Malakhi :
« Or, Je vous enverrai Elie, le prophète, avant qu’arrive le jour de l’Eternel, jour grand et redoutable ! Lui ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères. »

Lorsque les enfants se sentent aimés par leurs parents, ils ne chercheront pas de l’affection aux mauvais endroits.
Ils ne seront pas pris aux filets des média sociaux sur Internet, ne seront pas tentés par les missionnaires qui cherchent à les détourner du droit chemin et ne se lieront pas à des enfants qui ont une influence négative sur eux.

Ils entretiendront une relation durable avec leurs parents et suivront le mode de vie de leurs parents de leur plein gré.

Cette attitude les aidera également à éviter de fauter, car ils auront honte de se montrer sous ce jour à leurs parents qui leur prodiguent tant de bien, comme nous enseignent nos Sages (Avot derabbi Nathan) :
Aharon Hacohen aimait tous ses prochains, et par cette attitude bienveillante, il les attirait à la Tora ;  il saluait tout un chacun, et cela les empêchait de fauter.

Lorsqu’un homme de cette génération était tenté de fauter, il se disait : « Comment pourrais-je affronter Aharon ? Je serais embarrassé lorsqu’il me dira bonjour ! »

De nombreux parents dépriment lorsqu’un de leurs enfants quitte la voie du judaïsme, ils déversent toute leur amertume sur lui, dans l’espoir que cela le force à retourner dans le droit chemin.
C’est une erreur.
De cette façon les enfants rebelles ne reviendront pas. Ils ne seront pas encouragés à renoncer à leur attirance pour le mal et les mauvaises fréquentations.

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Au contraire, ils en viendront à haïr leurs parents et leur mode de vie.
Optons plutôt pour les compliments et ne leur faisons jamais honte. Les parents doivent examiner leur propre conduite.
Les enfants quittent peut-être le foyer familial et cherchent ailleurs, car ils ressentent un manque à la maison ?

Les parents doivent combler à la maison leurs besoins matériels et spirituels.
De cette manière, les enfants reviendront et continueront à préserver l’héritage ancestral, transmis de père en fils depuis plus de trois millénaires.

Nous pouvons apprendre cette leçon dans un Midrach de la paracha de cette semaine. Lorsque Moché Rabbénou veillait sur le troupeau de Yitro dans le désert, un agneau s’enfuit.

Moché se lança à sa poursuite, jusqu’à ce que l’agneau s’arrête au bord d’une fontaine et se mette à boire.

Lorsque Moché arriva au niveau de l’animal, il déclara : « Je n’ai pas réalisé que tu courais parce que tu avais soif, tu dois être fatigué. » Moché prit le chemin du retour avec l’agneau sur son épaule.

Hachem dit alors : « Tu as prouvé que tu étais un berger fidèle pour un simple troupeau de chair et de sang, Je jure que tu seras un berger pour Mon troupeau, les enfants d’Israël. »

Il est possible d’expliquer pourquoi spécifiquement au moment où Moché gardait le troupeau, Hachem lui apparut dans le buisson ardent au Mont Sinaï, et lui demanda d’aller libérer les enfants d’Israël en Egypte.
En effet, dans le but d’accepter la Tora et d’assurer sa pérennité pour l’avenir, il faut suivre la voie de la tolérance, de la patience et de la douceur.
Après avoir observé la conduite de Moché avec l’agneau, Hachem déclara avoir trouvé le dirigeant approprié pour conduire le peuple juif de cette manière.

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Avec un tel leader, les Juifs étaient prêts pour la Délivrance et le don de la Tora.

En effet, lorsque l’éducation est dispensée de manière douce et compatissante, il est possible de continuer à suivre la voie de la Tora au fil des générations.

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