Paracha Réé : combattre le découragement – par le rabbi de Kalov

0
136

« Quant aux choses saintes que tu posséderas et à tes offrandes votives, tu les apporteras au lieu qu’aura choisi Hachem » (Devarim 12,26).

Nous voyons souvent des Juifs qui prennent une bonne résolution de se renforcer dans la pratique du Chabbath ou d’autres Mitsvoth, mais lorsqu’ils trébuchent et transgressent leur résolution, ils cessent totalement d’accomplir cette Mitsva.

Prenons la peine d’expliquer à ces personnes que cette attitude provient du Yétser Hara’ (mauvais penchant), qui s’évertue de toutes ses forces à faire sombrer l’homme dans le désespoir, afin qu’il ne se renforce plus dans le judaïsme. Il est rapporté à ce sujet, au nom du Ba’al Chem Tov, que lorsqu’un Juif cède au désespoir après avoir commis une faute, le mauvais penchant s’en réjouit encore plus que de la faute même, car en baissant les bras, on ne combat plus le mauvais penchant.

Un jour, un Juif se rendit auprès de rabbi Avraham de Slonim et lui raconta, le cœur brisé, qu’il ne parvenait pas à servir D’, en dépit de ses efforts, et il avait le sentiment d’être enfoncé dans la boue, il sortait une jambe et la seconde s’enfonçait. Son rabbi lui répondit : « En effet, tu es enfoncé dans un lieu boueux où tu as pris résidence, mais sache que si tu cèdes et que tu répètes cette faute, tu y resteras attaché pour toujours, mais si tu continues à avancer, chaque pas te rapproche de la fin. »

On relate également que rabbi Noa’h de Korbin s’adressa un jour aux membres de sa ‘Hassidouth sur le thème du renforcement et voulut illustrer ses propos. Il s’adressa à l’un de ses disciples, qui, dans sa jeunesse, avait grandi dans un village et lui demanda : « N’as-tu pas grandi dans un village où l’usage est de faire du cheval, as-tu eu l’occasion, lorsque tu montais à cheval, de tomber à terre ? » L’homme répondit : « Il m’est arrivé à plusieurs reprises de faire une chute de cheval, mais je suis vite remonté en selle, et j’ai poursuivi mon chemin, car si j’étais resté allongé à terre, je ne serais pas arrivé à destination. » Le Rabbi se tourna alors vers ses disciples : « L’homme doit se conduire de cette façon dans son service divin, en chevauchant son Yétser Hara’ à l’image d’un homme qui chevauche son cheval, et même s’il tombe une fois, il se relèvera immédiatement pour se remettre en selle, et il pourra ainsi arriver à destination, vers le Créateur, loué soit-Il. »

Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev a ainsi interprété le verset (Tehilim 103,5) : « Faits se renouveler ta jeunesse comme celle de l’aigle » : l’aigle est un oiseau dont les plumes tombent de temps en temps, mais repoussent rapidement. L’homme doit s’inspirer de ce phénomène : s’il est déprimé et a le sentiment de ne pas avoir de « plumes » pour s’élever dans le service divin, qu’il ne se décourage pas, il doit être persuadé d’avoir la force de se repentir et de se renforcer pour s’élever.

Il faut se renforcer particulièrement sur ce point lorsqu’on trébuche sur une Mitsva sur laquelle on s’était engagé à se renforcer, car certains pensent à tort que du fait qu’ils ont transgressé leur vœu, alors le fait de le transgresser plusieurs fois n’est déjà plus significatif. Mais en réalité, à chaque fois, il s’agit d’une nouvelle faute, et le roi Chelomo nous met en garde (dans Kohélet 7,17) à ce sujet : « Ne sois pas trop méchant ». Nos Sages (Chabbath 31b) ont expliqué son intention par une parabole : un homme qui mange de l’ail dégage une odeur désagréable, et s’il se remet à manger de l’ail, l’odeur désagréable s’intensifiera encore plus, de même, à chaque faute, l’homme s’enfonce encore plus dans l’impureté. De ce fait, au moment de la chute, il faut se reprendre immédiatement afin d’éviter de continuer à chuter et à s’enfoncer encore davantage dans la boue.

Lorsque l’homme suit cette voie de ne pas se décourager suite à ses erreurs, il lui est garanti qu’au final, il pourra totalement maîtriser son penchant et accomplir la Mitsva de manière régulière. La difficulté essentielle réside dans les débuts, comme l’affirme Rachi au nom du Midrach sur le verset (Chemoth 19,5) : « Désormais, si vous êtes dociles à Ma voix », si, désormais, vous vous prenez une bonne résolution, vous cheminerez facilement, car tous les débuts sont difficiles.

Sans aide divine, impossible de se maîtriser, comme ont affirmé nos Sages (Kidouchin 30b) : si D’ n’aidait pas l’homme à dominer son penchant, il ne pourrait maîtriser ses inclinations, mais celui qui manifeste une volonté pure en s’efforçant de maîtriser son mauvais penchant à chaque occasion, la Tora dit de lui (Yoma 38b) : celui qui cherche à se purifier y est aidé du Ciel.

Un tel homme est un juste, comme nous le voyons dans le verset (Michlé 24, 16) : « Car le juste tombe sept fois, et se relève », car le Tsadik se domine et se relève à chaque fois, et conserve donc son titre de juste.

Les ouvrages sacrés l’illustrent de cette façon : deux hommes se donnent des coups de tête à un jeu de combat au cours duquel l’un d’eux fait tomber son adversaire et vice-versa, tous deux reçoivent des coups et saignent, mais celui qui remporte le combat au final est le vainqueur, qui est largement récompensé et à qui l’on fait de grands honneurs, bien qu’il ait également quitté le combat avec des blessures. Il en va de même pour la guerre du mauvais penchant, même si, au courant de la guerre, son mauvais penchant le domine parfois, si, au final, il a dominé son penchant, il est le vainqueur, et a droit à une grande récompense dans le Monde à venir.

Rabbi Mordekhaï de Lechwitz a déclaré : « Dans la guerre du mauvais penchant, on donne des coups et on reçoit des coups, mais l’essentiel est que le dernier coup soit porté par l’homme. »

On peut y trouver une allusion dans ce verset : le terme « rak » indique une faible quantité, ainsi : « (Rak) Quant aux choses saintes que tu posséderas et à tes offrandes votives » : lorsque ton niveau de sainteté et de résolutions de Mitsva est faible, « tu les apporteras » : veille à te renforcer et à t’élever de plus en plus haut, et là il t’est garanti qu’au final : « au lieu qu’aura choisi Hachem» : tu arriveras à destination pour réaliser parfaitement la volonté du Créateur.

Chabbath Chalom !

©2020 KALOV | ISRAEL/USA

LIRE  Le rabbi de Kalov : instiller la crainte de la faute

Aucun commentaires

Laisser un commentaire