Parachath Vayéra

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A la table du Chabbath, par le rav David Gold

On priera pour la refoua cheléma de Yehouda Ben Esther parmi les autres malades du Clall Israël (Ecouen).

Ne pas faire comme Rambow…

Notre paracha est riche en événements. Il y a d’abord l’envoyée des trois anges à Avraham Avinou pour le prévenir que Sara – sa femme – tombera enceinte. En effet, Avraham vient de faire la Brith, suite à cela il sera apte (spirituellement) à donner naissance à un fils qui poursuivra son parcours : celui de la foi et du dévoilement de Hachem parmi les hommes. Naitra notre Patriarche Yitz’hak. Il entre dans l’alliance de la Brith-Mila à 8  jours. Les années passèrent et D’ enverra à Avraham une grande épreuve, peut-être la plus difficile de sa vie: la ligature de son fils. En effet Hachem Se dévoile à Abraham en lui demandant de sacrifier son fils en holocauste. Avraham est alors âgé de 137 ans (Il vivra jusqu’à l’age de 147 ans) tandis qu’Yitz’haq a 37 ans. Donc il s’agit de deux hommes en plein état de conscience et de force à qui D’ demande une chose extrême : le sacrifice de SA VIE !  L’épreuve est d’autant plus difficile qu’Avraham est le seul homme qui a dévoilé Hachem comme la source de toute la bonté sur terre. Avraham s’y prenait en ouvrant grande sa tente à tous les voyageurs de chemins leur faisant découvrir la foi en un D’ unique. Or, alors qu’Avraham a atteint un âge avancé, D’ Lui demandera d’aller exactement à l’inverse de tout ce qu’il a véhiculé jusqu’à présent ! Qui plus est, les sacrifices humains étaient monnaie courante au moyen Orient (et il semble que cela n’a pas tellement changé entre les shaïdes de Gaza City et d’Iran en passant par ceux de la douce France…).  Malgré tout, Avraham fera un effort extraordinaire et passera outre sa miséricorde paternel et prendra son fils pour l’immoler sur la montagne sainte du mont Moria (l’endroit qui deviendra plus tard le Temple de Jérusalem).

La suite est connue, juste avant de passer la lame sur le cou de son fils, Avraham recevra l’ordre d’un ange dépêché du ciel afin qu’il stoppe son acte avant qu’il ne soit trop tard. Et en final, à la place de son fils, Avraham prendra un bouc et l’immolera sur l’autel.

Les Sages de mémoires bénies enseignent qu’il s’agit de la dernière épreuve (parmi les dix qui sont précisées dans le Pirke Avoth 5,2) qui montre qu’Avraham est arrivé au plus haut niveau dans le service d’Hachem : être prêt à sacrifier le plus cher de sa vie ! Et c’est certainement de cet événement fondamental (la « ligature » de Yits’hak) que la communauté juive a tiré des forces au cours de son histoire tumultueuse d’aller jusqu’au sacrifice dans l’accomplissement des Mitsvoth… (Car comment comprendre que des Juifs – durant la dernière guerre – ont préféré mourir et ne pas transgresser la foi en D’ alors qu’eux-mêmes étaient très éloignés de toute pratique…).

Le Machguia’h de Poniévez, rav Lévistein zatsal, pose une très intéressante question. Pourquoi la Tora décrit en long et en large l’épreuve de la ligature de Yits’hak alors que la première épreuve d’Avraham n’a pas été une seule fois mentionnée dans la Tora (si ce n’est dans les Midrachim). On le sait, Avraham au début de sa vie a eu une épreuve bien difficile. Le roi de l’époque – Nimrod – lui demanda d’abjurer sa foi et de se prosterner devant les idoles ! Et si Avraham refusait, il devait être jeté sans pitié dans une fournaise ardente ! Notre Patriarche ne faiblira pas et préférera être jeté dans la fournaise plutôt que de vivre comme les idolâtres de son époque: belle villa à la romaine avec beaucoup d’esclaves sans oublier le somptueux jardin remplit de statuettes et divinités que le citoyen devait honorer matin et soir! Abraham dira niet et il sera jeté dans la fournaise… (La suite très intéressante est relatée dans le Midrach Rabba). Donc pourquoi la Tora ne mentionne pas cet événement fondamental dans la vie d’Avraham? Le Machguia’h répond d’après le commentaire du Ya’avets sur la Michna dans Pirké Avoth (5.2). Il explique qu’un homme est prêt à tout pour ses idéaux et pour sa manière de penser ! L’esprit de sacrifice n’est pas en soi une preuve de la justesse et de la droiture qui anime la personne (preuve en est des shiades…). Mais pour la ligature de son fils, ce n’est pas par idéal (car sa pensée était diamétralement opposée), mais uniquement parce  qu’Avraham était animé de la crainte du Ciel et de sa révérence ! De ce passage, le Machguia’h apprend que la vrai grandeur d’un homme dépend de son obéissance aux commandements de Hachem ! Le fait d’être prêt à sacrifier ses envies et aspirations pour le service de Hachem marque l’élévation d’un homme.

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On finira par un verset du roi Salomon: « 7 fois le Tsadik trébuche mais il se relévera ! » D’une manière générale on explique ce verset de cette manière: « malgré le fait que le Tsadik trébuche dans sa vie mais – puisqu’il est pieux , il se relèvera ! Les Ba’alé Moussar expliquent différemment. Parce que l’homme TREBUCHE et qu’en final il se relève : il s’appellera Tsadik (homme droit et pieux). Car dans la Tora les épreuves et les petites misères de la vie sont des occasions de se dépasser et de grandir ! Car être juste dans le virtuel (sur son Iphone/Smartphone), c’est du facile ! Il suffit de voir un bon film et de s’imaginer être à la place de Rambow qui sauve le pauvre et l’orphelin… Or Hachem désire qu’on le devienne véritablement dans les actes et pas que dans la pensée… Donc la Providence divine nous offrira un pannel formidable d’évènements qui nous obligeront à nous dépasser. Ainsi on s’élèvera au Service du Tout Puissant !

C’est beau une fleur…      

On a parlé épreuve cette semaine, on continuera dans le même sens… Et afin que le public ne dise pas la « feuille du Chabbath » est très égocentrique: elle ne traite que d’histoires qui ont touché les gens de la communauté ; on vous présentera ce très intéressant récit qui nous informera que même chez les gentils, les épreuves existent bien (comme quoi Hachem n’oublie personne…) ! Cette fois notre histoire véridique intéressera les passionnées de l’Orient et de son histoire récente… Il s’agit d’un jeune adjudant: Yétima Togayaqui de l’armée japonaise lors de la 2° Guerre mondiale. Il venait de finir avec brio ses classes et devint aviateur au pays du soleil levant. Pendant cette époque du conflit contre les USA, les aviateurs de l’armée nippone étaient le fer de lance de l’armée : l’élite du pays. Le jour où il devint pilote lors d’une cérémonie, il jura fidélité à la patrie: prêt au sacrifice. Après, il fut dépêché dans la grande base aérienne du sud du pays et commença à partir au front. On était alors vers la fin de la guerre: la défaite japonaise n’était plus qu’une question de temps. Le flot d’avions de guerre qui décollaient de la base était impressionnant mais au retour beaucoup étaient absents. En effet les chasseurs et l’artillerie américaine faisait d’immenses dégâts parmi les japonais. Le terrain de bataille se situait alors dans les cieux des iles des Philippines. Lors d’une des opérations: 400 appareils japonais furent abattus en pleine mer! C’est durant ces combats, qu’un des aviateurs japonais voyant son appareil prendre feu décide de finir son vol (et son passage sur terre) sur le ponton d’un gros navire de guerre américain : le « Franklin ». L’équipage du navire apeuré regarde, pointer sur eux le chasseur japonais en flamme ! L’impact fut terrible et des centaines de marins américains trouvèrent la mort lors de la collusion ! Suite à cette « prouesse », l’opinion public japonaise fit de cet aviateur un héros national et le moral s’améliora. Consécutivement à cette première dans les annales de guerre (on n’était loin encore de l’âge d’or des années 2000 où les shaïdes du Moyen- orient dépassèrent haut la main ces Kamikazes japonais… Ces derniers avaient encore un certain honneur de leur personne en se faisant sauter sur des navires de guerre et pas dans les populations civiles innocentes…). Cependant il semble que cet acte a beaucoup plu au ministre de guerre japonais qui a publiquement soutenu cette nouvelle approche de la guerre et a même baptisé ces shaïdes de l’air : les Kamikazes. Dorénavant, les aviateurs du soleil d’orient avaient la chance inouïe de finir leurs courtes vies sur les pontons des navires américains dans un nuage de fumée… Cependant, pour que la jeunesse soit bien embrigadée dans ce nouveau plan stratégique, les états-majors japonais ont monté de plusieurs crans les entrainements des soldats. Le but de ces exercices étaient de casser le moral de la troupe afin que tout jeune aviateur soit prêt à mettre sa vie au service de la patrie en danger. Ces exercices étaient excessivement difficiles et tout esprit de rébellion était très sévèrement puni. D’un autre côté, chaque Kamikaze devenait une sorte d’idole de la nation! De cette manière notre jeune aviateur Yatoma commença les exercices. Or, l’idée de finir son passage terrestre dans la coque ou le pont d’un navire américain ne l’enchantait guère… Un beau matin notre soldat devait faire 150 pompes… Or au bout de la 120° il n’en pouvait plus et refusa de continuer. Son supérieur hurla de toutes ces forces afin qu’il persévère, mais peine perdu il refusa ! Le supérieur ne voulait pas qu’un vent de rébellion se propage parmi la troupe et il décida d’envoyer Yatoma dans un trou à rat pour une période de trente jours pour sa désobéissance. Il s’agissait d’une minuscule pièce 1.5m sur 1.5 avec un plafond très bas, dans une obscurité presque totale et une odeur terrible… Au moment où il pénétra dans cette cellule notre homme était terrassé ! Il avait la hantise de rester 30 jours dans  ce petit enfer… Les premiers jours passèrent que déjà il préférait largement reprendre la conduite de son avion et se scratcher sur un navire plutôt que de passer son temps dans cette sordide cellule. Dans cette minuscule pièce il connaissait tous les coins et interstices… Ce n’est que bout de deux semaines qu’il découvrit une chose extraordinaire. Il  remarqua qu’un petit germe commençait à pousser ! Il était sidéré de voir une petite « vie » qui grandissait dans un univers complétement insalubre. Les jours passèrent jusqu’à ce qu’un matin il vit une fleur ouvrir ses pétales ! Pour Yétima c’était beaucoup plus qu’une simple fleur c’était le symbole d’un grand espoir. Il se disait : »Si déjà une fleur si belle peut se développer dans un contexte si difficile alors il n’y a aucune raison que ma vie ne continue pas malgré la dureté de mon emprisonnement !  » Armé de ce grand souffle, il finira la période et retourna dans sa base pour reprendre son avion de combat. Il fut envoyé à la bataille mais cette fois avec des consignes strictes : se faire sauter pour la gloire de la patrie en percutant les navires de guerre américains. Or Yétima n’avait pas du tout la même optique que ses supérieurs. Alors que tous les avions d’escadrilles ne revinrent pas de l’opération militaire, il sera le seul à ne pas finir comme Kamikaze ! A son retour, il sera blâmé par tout l’appareil militaire japonais et il sera dégradé ! Dorénavant il n’aura pas le privilège de piloter un appareil de l’Empire Japonais : il redeviendra un simple trouffion de la base qui passera son temps à laver les toilettes de la base. A la fin de la guerre, Yetoma reprendra des études d’ingénierie et ouvrira son entreprise… Il deviendra un des hommes les plus riches et reconnus du Japon et dans le monde entier car sa petite affaire deviendra la firme  Toyota ! Fin de l’histoire véridique. Or comme vous le savez, notre feuillet n’est pas un supplément de « Forbes » ou d’un autre périodique économique… Mais on pourra apprendre de ce récit que dans la vie il peut toujours exister des difficultés et des passages obscurs. Par exemple dans le domaine de la parnassa /subsistance, le Chalom Baith/Paix dans les ménages ou l’éducation de nos chers têtes blondes… Tous ces domaines ne sont pas forcément des plus roses et parfois même demandent beaucoup de travail et d’abnégation… Or il est nécessaire pour un homme de voir sa petite fleur dans la difficulté de son épreuve… Un peu comme l’a fait notre Yétoma dans les geôles japonaises… Pour l’un se sera de relativiser sa difficulté, pour l’autre de se renforcer dans la foi et la prière auprès du Ribone chel ‘Olam… afin de comprendre que derrière ces difficultés, il existe la Main bienveillante de Hachem.

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Coin Halakha: On sait qu’il existe un interdit de profiter d’un travail effectué par un gentil pour un membre de la communauté durant le Chabbath (voir Coin Halah’a des semaines précédentes). Cependant il existe certaines permissions. Dans le cas d’un malade – même s’il n’est pas en danger – on pourra directement demander à un gentil d’allumer la lumière et dans le même temps, un bien portant pourra en profiter (328,17). Autre cas, lorsque le froid est vif on pourra aussi demander au gentil d’allumer le chauffage (car par rapport au froid, même les biens portants sont considérés comme ayant le statut de « malades »). Autre exception, dans le cas où un enfant est dans l’obscurité et a vraiment besoin de la lumière, on pourra demander au gentil d’allumer la lumière. Par contre, lorsqu’il fait très chaud et qu’on a besoin d’allumer l’air conditionné : c’est une discussion chez les Poskim si l’on peut demander à un gentil de nous l’allumer (le rav Moché Feinstein et le rav Ben Tsion l’interdisent. Voir Dirchou 376 sq 53).

Chabath Chalom et à la semaine prochaine Si D’ le veut     

David Gold soffer écriture askhénase et sépharade mezouzoths- téphilines- birkat habaith  

On priera pour la santé de Yacov Leib Ben Sara, Chalom Ben Guila parmi les malades du Clall Israel.

Pour la descendance  d’: Avraham Moché Ben Simha, Sarah Bat Louna; et d’Eléazar Ben Batchéva

Léilouï Nichmat: Joseph/Yossef Ben  Romane,Réuven David Ben Avraham Naté, Dora Dvora Bat Sonia, Simha Bat Julie, Moché Ben Leib; Eliahou Ben Raphaél; Roger Yhïa Ben Simha Julie; Hanna Clarisse Bat Mercedes; Yossef Ben Daniéla

 תנצבה que leurs souvenir soit source de bénédictions.

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