Parachath ‘Houkat (étranger) : Quand une vache nous donne une grande leçon…

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Autour de la table du Chabbath, par le rav David Gold

La paracha traite de la vache rousse. C’est une vache entièrement rousse (si elle avait deux poils foncés, elle devenait impropre), qui, après avoir été brûlée (à l’extérieur du campement), servira à faire l’aspersion le 3° et 7° jour sur un homme qui a été auparavant impurifié par un mort. Le Midrach enseigne que cette purification fait partie des lois non-intelligibles de la Tora. En effet, comment peut-on expliquer qu’un homme retrouvera sa pureté d’origine grâce aux cendres d’un bovidé tout roux ? De plus, lors de cette cérémonie, les Cohanim qui participaient à cette mitsva deviennent automatiquement impurs (jusqu’au lendemain) tandis que l’aspergé sera purifié ! Ce passage assez énigmatique vient nous dévoiler que la Tora n’est pas un livre de savoir-vivre par exemple : « Il est bien mon fils de se laver les mains avant de manger le pain » ou que le Chabbath a été donné aux hommes pour se reposer de la semaine chargée de travail et de stress ! Les nombreuses lois de la vache viennent nous révéler que les mitsvoth sont transcendantes ! Donc même si j’ai la meilleure volonté de vous présenter -de semaines en semaines (Béni soit Hachem)- les parachayoth de la Tora en adéquation avec l’esprit logique de notre époque, la vache rousse nous fait un rappel à l’ordre ! Elle nous apprend que les mitsvoth vont bien au-delà de notre intellect. Autre preuve, les Sages de mémoire bénie comparent l’étude la Tora (orale) au navigateur en pleine mer qui essaye de traverser les océans. Pareillement, plus l’érudit étudie (le matin, l’après-midi et les courageux même le soir..), plus il comprendra que sa sagesse est limitée face à celle du Ciel. Donc si de nos jours, certains attendent toujours le coup de foudre, l’engouement mystique qui viendrait crier (dans l’Iphone… pourquoi pas?!)  : « Charly (nom d’emprunt) lève-toi et vas à la synagogue, apprends la Tora ou mieux encore ce Chabbath, tu n’ouvres pas ton magasin… ». C’est mal parti ! Car notre tradition est basée sur l’acceptation/la foi que les commandements sont d’ordres transcendantaux (à l’exemple de la vache rousse) et même si on n’a pas encore entendu cette voix céleste, ce ne sera pas grave. Notre engagement à la Tora va au-delà de notre intellect de la même manière que Hachem est au-delà des contingences de ce bas-monde. Pareillement, sa loi touche des domaines bien plus élevés qu’un simple fascicule de bien-vivre pourrait le faire. Autre preuve (que Charly devra se lever avec empressement pour faire sa prière du matin) c’est le Talmud Pessa’him 5. La Guemara apprend de la ligature de Yits’hak/Isaac qu’un homme doit pareillement s’empresser dans les mitsvoth. En effet, lorsque D’ a dit à Avraham de prendre son fils pour l’immoler sur la montagne sainte de Moria, Avraham est parti (avec son fils) à l’aube et n’a pas attendu de prendre son petit déjeuner avant de prendre la route sous le coup des 10 heures… De ce fait (qu’Avraham se soit levé à l’aube), la Guemara apprend qu’un homme doit accomplir les mitsvoth avec ce même empressement. (Par exemple lorsque la Tora engage l’homme à pratiquer la Brith Mila de son fils, il existe une mitsva de s’empresser et de l’effectuer de bon matin (à l’image d’Abraham qui est parti à l’aube)). Or, vis-à-vis d’Avraham il s’agissait d’une VRAIE voix céleste qui a lui a dit de prendre son fils pour l’immoler à Jérusalem. Mais de nos jours, il n’existe pas cette même voix céleste qui vient dire à tout à chacun de mettre les Tephilines ou de pratiquer le Chabbath. Or, le Talmud met sur le même plan cette voix céleste qui s’est adressée à Avraham avec tous les autres commandements de la Tora. Pour nous apprendre qu’il n’y a aucune différence entre le dévoilement prophétique-sublime et la mitsva qui nous incombe, depuis qu’elle est écrite dans les saints parchemins !

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Cette semaine, on innovera ! On vous rapportera une intéressante anecdote qui s’est déroulée Outre Atlantique et qui a fait couler de l’encre parmi les Rabanim d’Erets Israël. L’anecdote s’est déroulée il y a quelques années en Amérique. Il s’agit d’un Avrekh (homme marié qui étudie la Tora) d’une communauté qui rentrait chez lui en voiture. Or comme vous le savez les distances en Amérique sont grandes. Durant le trajet sur autoroute, une envie pressante l’obligera à s’arrêter à la station d’essence la plus proche. Or le point d’halte tardait, voici donc notre homme obligé de bifurquer à la première sortie. Il pénétra alors dans la première ville qui s’offrit à lui… Cependant les rues étaient bondées, il n’y avait pas de place pour se garer. Il était obligé de continuer son chemin dans l’artère principale. Soudainement le débit des véhicules se fit beaucoup plus lent… il y avait un corbillard qui avançait pas à pas dans l’avenue… Notre homme est bloqué, et se trouve obligé de continuer avec le cortège qui va en direction du cimetière de la petite ville. L’Avrekh poursuit sa route avec les autres voitures pour bientôt entrer dans le cimetière… Là-bas il trouverait certainement des lavabos ! En final, le cortège  s’arrête dans le parking du cimetière local, et c’est à ce moment qu’il peut enfin se garer. Seulement une chose attira son attention : au moment de sortir de son véhicule, un homme du service de sécurité lui demanda assez agressivement ses papiers d’identité. L’Avrekh tendit ses papiers en se disant  à lui-même, que c’était bien la première fois qu’on lui réclamait sa carte d’identité pour une chose si banale (peut-être à cause de la barbe et du chapeau, sait-on jamais…). Après cette courte halte, notre homme reprit le chemin de sa maison. Seulement quelques semaines passèrent lorsqu’il reçut une lettre d’un bureau d’avocat l’invitant à se présenter au tribunal fédéral de New York. Notre Avrekh ne se savait fautif d’aucun mauvais versement, ni de ne pas avoir payé les impôts… C’est avec un peu d’appréhension qu’il se rendit au tribunal. Seulement là-bas l’attendra une grande surprise. Le juge du tribunal se racla la gorge en lui demandant si le jour dit il avait participé au cortège funéraire dans telle petite ville ? Il répondit par l’affirmative. C’est alors que le juge ouvrit une grande enveloppe en lui disant : « Le défunt qui était allongé dans le corbillard était un homme riche. Sa dernière volonté avant de disparaitre était de dilapider toute sa fortune à tout celui qui participerait à son enterrement. Donc voici ce chèque de 500.000$ qui te revient ! » Notre Avrekh était abasourdit ». Fin de l’anecdote. (On voit que même parmi les nations du monde, les gens comprennent qu’après 120 ans, les richesses accumulées ne leur serviront pas à grand-chose… Et AUSSI sont prêt à payer une fortune pour qu’on leur octroie encore un petit peu d’honneur…). Or, notre homme ayant la crainte du ciel, avant d’encaisser son chèque questionna les Rabbanim d’Israël pour savoir s’il pouvait jouir de la somme en toute tranquillité ? Le rav Zilberstein lui répondit que d’une manière générale, pour effectuer la mitsva il faut l’intention d’accomplir la mitsva. Or, dans le cas de ce cortège, notre Avrekh n’avait aucune intention particulière, donc il n’a pas fait la mitsva. Seulement le commentaire du Nétsiv (le Roch Yéchiva de Wolozin il y a près de deux siècles) sur le passage de l’enterrement de notre patriarche Ya’akov en Erets Israël donne une autre réponse. Les versets mentionnent que Pharaon a participé à l’enterrement de Ya’alov ainsi que tous les princes et hautes figures du royaume. Le verset indique que tout ce beau monde fera honneur à Ya’akov. De là, apprend le Netsiv, même si les Egyptiens n’avaient aucune intention de rendre les honneurs à notre Patriarche, et c’est uniquement pour Pharaon qu’ils ont participé au cortège, cela s’appellera quand bien même honorer le défunt. Une autre preuve existe au sujet d’un homme qui perd une pièce d’argent dans la rue et en final elle sera retrouvée par un pauvre. Le Midrach enseigne que dans les Cieux se sera considéré comme un mérite pour celui qui a perdu son argent (d’avoir fait de la Tsédaka) car c’est arrivé dans la poche d’un pauvre ! On voit là encore qu’on n’aura pas besoin d’une intention particulière pour accomplir la Mitsva. En final, Le rav rapporte une responsa du fils du Noda Biyehouda qui enseigne un principe : par rapport aux lois qui régissent les hommes, on n’aura pas besoin d’aucune intention dans son accomplissement (la principale c’est que le pauvre reçoive sa pièce) ! Ce qui est différent pour les autres mitsvoth qui sont vis-à-vis de notre Créateur. Par exemple, on chômera le jour du Chabbath afin d’accomplir la Mitsva de Hachem et pas parce que c’est un jour férié (en Israël)… D’après ces différentes sources, le rav trancha que notre Avrekh pourra à juste droit utiliser la part d’héritage puisque sa présence lors du cortège était en soit une marque d’honneur faite au défunt même s’il n’y avait aucune intention de sa part. Les choses sont intéressantes, seulement ce développement nous éveille à une autre donnée, à savoir que la mitsva (de l’enterrement) fait partie du quorum des mitsvoth qui régissent les hommes. C »est un ‘Hidouch/nouveauté ! Car d’une manière générale notre prochain -auquel on doit des honneurs- fait partie de la caste prisée des vivants (et non des morts) ! Il semble donc que la Tora envisage d’une manière différente les choses. D’ailleurs la Michna dans Péa inclut l’enterrement avec d’autres lois liées avec son prochain au même titre que d’inviter son ami à table, faire la visite au malade… Autre preuve, le Rambam (H. Avélouth 15.1) rapporte que cette Mitsva (l’enterrement) fait partie du commandement général de « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ! ». A cogiter…

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  L’héritage et le grabuge…

Cette semaine, je tiens à finir avec une anecdote rapportée par le rav Biderman. L’histoire véridique remonte à 50 ans et se déroule en Israël. A l’époque vivait sous les cieux cléments de la terre promise, un homme pieux et érudit qui donnait des cours de Tora. Seulement, la vie étant ce qu’elle est, il rendit son âme à son Créateur à un âge avancé. Comme tout départ, sa progéniture –bénie du Ciel- fut bien affectée. Après les 7 jours de consolation, tous les enfants se rendirent chez le rav de la communauté pour connaitre la teneur du testament que leur père laissa derrière lui. Le rav ouvrit l’enveloppe contenant les dernières volontés du père. Le rav lit une longue suite de biens que possédait le père de son vivant. Les enfants étaient très étonnés de savoir que leur père était propriétaire de plusieurs logements et d’autres biens… A la fin de la lettre, le père écrira : « Je tiens à ce que mes enfants fassent la répartition de la meilleure manière… ». Les enfants étaient encore tous sous le choc… Puis, l’ainé ouvrit la bouche en disant : « Voyez mes frères et soeurs, je suis l’ainé donc me revient deux parts dans l’héritage »… Le cadet suivit en disant que puisqu’il avait secondé toutes ces années leur vieux père, il devait récupérer l’appartement du dernier étage… Le plus jeune, enchaina en disant que lors de son mariage il n’avait pas reçu comme tous ses autres frères donc il réclamait justice : à lui revenait l’appartement de Jérusalem… Les choses s’envenimèrent, et rapidement des mauvais mots fusèrent de part et d’autres. En finale le rav fut obligé de lever la séance et de dire qu’il ne pouvait pas régler une affaire de pareille manière, il fallait se rendre au Beth Din (tribunal rabbinique). Le temps passa mais l’animosité ne diminua pas et les enfants décidèrent donc de se rendre auprès du Beth Din afin de démêler l’affaire. La séance devant le Beth Din resta encore très houleuse et personne de la fratrie n’était prêt à abandonner sa position. Au bout de plusieurs heures de disputes, les juges demanderont de suspendre l’affaire et de laisser une semaine de répit… C’est alors que le soir même, un des juges qui connaissait le père de son vivant fit un rêve très impressionnant ! Dans son rêve est apparu le père comme dans la réalité ! Cependant son visage était tout assombri… Il dit au juge : tu sais, je suis dans le monde de la vérité et je ne trouve pas de repos… A chaque fois qu’on mentionne mon nom au tribunal d’en bas, des anges me prennent et me secouent de droite et de gauche… Je ne peux pas rentrer au Gan Eden… Je n’ai pas de répit à cause de mes enfants… Je t’en prie dis leur qu’en aucune façon ils ne me mentionnent au tribunal ! Cela me fait trop de mal ! Car de la manière dont on juge en bas, je suis jugé en haut ! « Sur ce, le père disparu. Le juge, qui n’était pas connu comme une personne à se laisser impressionner par les rêves, était par contre retourné de sa vision : il n’y  avait pas de doute, c’était un rêve prophétique…. Le matin même il téléphona au plus jeune des enfants afin qu’il le rencontre au plus tôt. Le juge –encore tout ému- dit au fils ce qu’il avait vu. Le fils resta pensif et appela sur l’heure les autres frères et sœurs afin qu’ils se rendent chez le juge au plus tôt. Dans la matinée même, tous les enfants se réunirent et écoutèrent de la bouche du juge rabbinique ce qu’il avait vu dans son rêve. Tout le monde était resté sans voix, plusieurs minutes. Le premier à prendre parole fut le plus jeune qui déclara qu’il renonçait à sa part supplémentaire dans l’héritage. Puis après ce grand pas, le cadet emboita le pas et enfin l’ainé aussi… Au total toute la fratrie fera le Chalom/paix dans la maison du juge. Ce dernier en profitât pour sortir un papier officiel du Beth Din en écrivant que toutes les parties se rétractaient… En final, le Chalom se réinstallera dans la famille après une période de grandes dissensions et de colères, la fraternité et l’amour feront place dans les foyers de cette famille… Fin de l’histoire véridique. Pour nous apprendre, que des parents attentifs devront tout régler avant le jour de leur grand départ sans faire confiance à la sagacité de leur progéniture –même si ce sont des Tsadikim- pour le partage. Ils n’oublieront pas non plus de faire bénéficier aussi les Yechivoth et Collelim car la route est longue (donc on aura besoin de provisions…d’ailleurs je connais un très bon livre de Tora qui va bientôt sortir… ) pour arriver au Paradis tant espéré … A bon entendeur…

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Chabath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut 

  David Gold    Tel : 00972 52 767 24 63     email  9094412g@gmail.com

Soffer :écriture Askhénase et Sépharade Mezzouzoths Téphilines Birka a Bait, Meguila

Et toujours, pour les connaisseurs, je vous propose une belle Mitsva de participer à l’impression d’un bon livre sur la Paracha de la semaine. !

 On souhaitera une bénédiction de réussite à Madame Paulette  Fefer (Neuilly) et à ses enfants et petits enfants, pour son aide à la sortie du livre. On lui souhaitera également une bonne santé. On associera à cette Berakha Monsieur Jean-Marc Mantel (Vence) ainsi qu’une Réfoua Cheléma à Fredéric Ben Alice Assia parmi les malades du Clall Israel.

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