Parachath Mattoth Massé – par le rav David Gold

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Le mérite de l’étude de ces paroles de Tora est consacré à la guérison complète de Ra’hel Bat Esther parmi les malades du Clall Israel

Ne pas éteindre la lumière !

La paracha cette semaine sera double. En effet, on aura le mérité de lire « Mattoth » et « Massé ». On s’attardera sur Massé et en particulier sur la mitsva des villes de refuge. Au début de « Massé » est mentionné le cheminement des Bené Israël dans le désert avec la nomination des 42 étapes du grand cheminement. Puis Hachem prévient Moché Rabbénou de l’imminence de l’entrée en Erets Israël, de sa conquête puis du partage de la terre sainte entre les tribus. Après cela, Hachem préviendra aussi qu’il faudra octroyer aux Lévy certaines villes du pays. En effet, cette tribu s’occupait de l’intendance et de la garde du Sanctuaire à Jérusalem et n’avait pas de droit sur la terre, en dehors de ces villes. Il s’agit –au total de 48 villes- réparties sur tout Israël. Leurs particularitées, c’est qu’elles pouvaient accueillir le « tueur par inadvertance ». En effet, à l’époque du Temple, si –à D’ ne plaise- un homme tuait son prochain sans faire exprès, ce dernier pouvait trouver refuge dans une de ces villes afin d’éviter les foudres du vengeur de sang ! En effet, l’homme le plus proche au niveau de la filiation de la victime avait la possibilité de le venger en tuant le meurtrier. Seulement il ne s’agissait pas d’une vendetta à la sicilienne, ni non plus des us et coutumes made in Serbie, mais c’était réglementé par des lois. En effet, dans un premier temps le meurtrier devait être jugé par un tribunal de 23 juges pour établir le caractère non prémédité du meurtre. Si c’était positif, il était alors escorté par deux Talmidé ‘Hahamim jusqu’à la plus proche ville de refuge (les deux érudits avaient la fonction d’amadouer le vengeur de sang s’ils le rencontrait en chemin). Après être entré dans la ville de refuge, le tueur ne pouvait plus en sortir (seulement il avait droit à une circonférence d »1.2 km au de là de la ville). Tout le temps où il restait dans l’enceinte de la ville il n’avait  pas à craindre le vengeur (car s’il l’abattait, ce dernier était passible de sa vie). Ce n’est uniquement dans le cas où le tueur –par inadvertance- sortait de la ville (au-delà du kilomètre) qu’il pouvait être abattu par le vengeur… Cette mise à l’écart durait tout le temps où le Cohen Gadol (qui officiait au moment du meurtre) était vivant. Le jour de la mort du grand Cohen, le tueur pouvait revenir dans sa ville d’origine et n’avait plus de crainte par rapport au vengeur. Et si mes lecteurs se demandent quel est le rapport entre le meurtrier et le Cohen ? Les Sages, de mémoire bénie, répondent d’une manière formidable : ils imputent une part de responsabilité dans le meurtre à cause d’un manque dans la prière du Cohen Gadol ! En effet, le grand Cohen aurait dû par sa prière faire régner plus de paix et d’harmonie dans la communauté. C’était donc en partie sa faute si ce drame se produisait ! Formidable de voir la puissance de la prière (donc on comprendra sa force et on continuera à prier pour la santé de la communauté afin de ne pas souffrir d’un corona 2 !).

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Le Ma’adné Asher (bulletin 761) se penche sur une question très intéressante. Il demande est-ce que de nos jours un homme qui aurait tué –que D’ nous en garde- par inadvertance devrait prendre le chemin de l’exil, quitter sa maison et  ses amis pour aller dans une autre ville afin de faire comme la Tora l’ordonne ? Le développement sera intéressant, et j’espère de tout cœur que cette question restera du domaine théorique et surtout pas dans la pratique ! Pour comprendre, il faut savoir qu’il existe deux grandes raisons à ces villes. 1°, comme les versets le soulignent, c’était pour sauver le tueur du vengeur de sang. 2° A plusieurs endroits dans la Guemara il s’agit aussi d’une expiation de la faute (de prendre le chemin de l’exil dans une civile de refuge). Donc, il est certain que d’après la 1° raison (se sauver du vengeur de sang) il n’y aura pas de raison de prendre les valises vers d’autres horizons… Seulement notre question restera d’actualité d’après la 2° explication: est-ce qu’un homme devra quitter sa maison pour accéder à l’expiation de sa faute ? Mes lecteurs le savent bien, chaque faute a sa gravité. Par exemple, un homme qui n’aurait pas lu le Chema’ Israël du matin, devra faire Techouva (demander pardon à Hachem, en particulier à Kippour) et s’il fait repentir, Hachem le pardonnera. Cependant, il existe des faits beaucoup plus graves comme le meurtre où l’expiation est beaucoup plus coriace. En effet, la vie humaine envisagée par la Tora n’est pas un amalgame de 70/80 kg de chair (cela dépendra de la dernière diète ou non) avec quelques sentiments qui couronnent le tout et qui se dandinent lestement dans les rues de Paris d’ici et de là… Mais la Tora dévoile qu’il s’agit avant tout d’une âme qui descend sur terre (dans un corps) pour parfaire un travail spirituel. Donc lorsqu’à D’ ne plaise un homme tue son prochain (par exemple en débranchant l’appareil respiratoire d’un vieillard de plus de 80 pour donner sa place à un jeune qui a la  TRENTAINE… Il s’agit –monsieur le directeur des services respiratoires de l’hôpital de … – d’un assassinat prémédité… l’infirmier ou le stagiaire aura éteint une lumière (l’âme) qui existait dans ce monde (et bénéficiera à 120 ans d’un profond Guehinom/enfer)… Car l’âme resplendit grâce à la Tora apprise, les Mitsvoth et les bonnes actions (et bien sur, vis-à-vis des nations il n’y a pas de permission)... Ce manque à gagner est irremplaçable… Cependant le Ciel demandera justice, et il faudra expier la faute. Donc lorsque l’assassinat était prémédité, à l’époque du Temple, le coupable était jugé  devant un jury de 23 juges et dans le cas où toutes les pièces étaient concordantes devant deux témoins (oui il a bien débranché, oui il connaissait la gravité de son acte…) alors il devait être mis à mort. Mais dans le cas de la paracha c’est différent car il n’y avait pas préméditation. La Tora enjoint le tueur à prendre l’exil. Donc de nos jours on pourrait considérer aussi que l’exil amène aussi l’expiation de la faute. Cependant le Sefer Ha’hinoukh (410) fait dépendre cette Mitsva à la condition qu’il existe le Sanhédrin (le grand tribunal) à Jérusalem et que le peuple juif se trouve sur sa terre. Le Tour (H. M. 425) rapporte une deuxième raison, c’est que de nos jours on n’a plus ces villes de refuges pour obliger les condamnés à s’y rendre. D’ailleurs le Rama (H. M. 425) conclut que « tous les gens passibles de mort ne pourront pas être envoyé en exil… ». D’après cela, au niveau de la stricte justice on ne pourra pas obliger une personne à partir loin de sa ville natale… Cependant, il est rapporté un très ancien livre de Halakha Knesset Haguedola » (H. M. 425) que dans un cas similaire, une communauté a mis au bagne une personne durant 3 années. De plus le ‘Hachouqué ‘Hemed rapporte une Guemara Sanédrin 37  que la faute est diminuée de moitié pour l’homme qui prend le chemin de l’exil (voir aussi le Rambam H. Techouva 2.4 ; qui conseille l’exil à celui qui veut expier ses fautes… afin de lui retirer l’orgueil).

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D’après ce développement, on aura compris que dans la vie: toutes les difficultés de l’homme sont prises en compte pour être placées sur les plateaux de la grande balance de la Justice divine…

 Ce n’est pas bons des plats crus…

Comme on a parlé d’exil, on finira par une histoire vraie (rapportée par rav Waller dans Mat’amim) qui traite du même phénomène. Dans la Hongrie d’avant-guerre qui abritait une grande communauté juive, résidait un Talmid Hah’am qui avait été nommé rav de sa communauté. Mais avec le temps, les fidèles de la synagogue l’avaient renvoyé car il se comportait avec beaucoup trop d’orgueil et de prétention ! Ce ‘rav’ rempli de colère et de rancœur contre sa communauté décide de… tout abandonner jusqu’à devenir… prêtre de l’église catholique ! (incroyable !) Avec le temps et certainement grâce à ses grandes facultés, il est même devenu cardinal à Budapest dans l’église de Hongrie ! Avec tout ça, sa rancune contre les Juifs ne diminuait pas et lorsque la guerre éclata il fit tout pour attiser la violence et la cruauté contre ses propres frères ! Une seule chose témoignait encore de son passé juif : son nom qu’il n’avait pas changé.

Et justement dans les années les plus sombres de la guerre ce mécréant est venu en cachette voir l’Admor de Skoulin. Le rav eut peur en voyant l’évêque venir chez lui mais les intentions du prêtre étaient toutes autres : il demandait au rav de lui donner un ‘cheminement’ pour faire TECHOUVA ! L’Admor a vu que l’intention du renégat était sincère et lui dit quoi faire. Depuis lors, il abandonna son poste de chef de l’église hongroise et fit un virement à 180°! Retour à la Tora et à la Emouna. Après la guerre il monta en Israël et prit sur lui la Galout (exil) dans le nord du pays (pour réparer un peu le mal qu’il avait fait) et finira sa vie sans logis ni famille allant d’un endroit à un autre et ne laissant derrière lui aucune descendance (dans le récit, il est même rapporté qu’il dormait dans les rues et ne mangeait que des plats non-cuits …). La seule chose qu’il conservera de son passé maudit c’est son nom : Wieder qui veut dire en Yiddish ‘retourner’ c’est à dire qu’il savait depuis toujours, même dans les années noires où il était évêque, qu’un jour il ferait Techouva ! Comme quoi, même dans les passages les plus sombres de la vie d’un homme : il y a toujours ESPOIR !

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Halakha : cette semaine (mercredi) se sera Roch Hodech (nouveau mois) de Av donc on commencera à enseigner des lois propre à cette période. A partir de ce mois (Av) on diminuera les joies et les festivités.. Celui qui a un jugement au tribunal civil avec un gentil essayera de repousser l’audience jusqu’à après le début Elloul (le prochain mois) et au moins après le 9 Av. A partir de ce mercredi on évitera d’opérer toute sortes d’achats de biens onéreux et luxueux (par exemple de beaux chandeliers des bijoux et…). Certains étendent l’interdit à toutes sortes d’achats de biens de consommations (il faudra diminuer). On évitera aussi de faires des rénovations d’appartement (mettre un plus beau parquet, arranger les peintures). Cependant les gros travaux ne seront pas interdits. On ne se mariera pas durant cette période (depuis le 17 Tammouz) mais on pourra faire des fiançailles sans faire de repas (uniquement des gâteaux) sans musique ni danse. A partir de ce mercredi l’habitude Ashkenaze et aussi dans beaucoup de communautés Sefarades c’est la coutume de ne pas manger de viande jusqu’au 9 Av.

Chabat Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut     

David Gold       

Tel : 00972 52 767 24 63 email 9094412g@gmail.com Soffer écriture Askhénase et Sépharade Mezzouzoth Téphilines  Meguiloths Birkat a Bait

Et toujours, pour les connaisseurs, je vous propose la mitzva de participer à impression d’un bon livre sur la Paracha de la semaine…

« AU COURS DE LA PARACHA » préfacé par le rav Yéhiel Benchetrit Chlita et rav Samuel Chlita de la yechiva de Keter Chlomo de (Bn’é Brack)

LEILOUI NICHMAT – (ISAIE LXVI-13 ) comme un fils console….

REFOUA CHELEMA -que le tout puissant accorde une guérison complète à tous les malades de son peuple

BÉNÉDICTIONS  -que l’oeuvre de nos mains soit bénie

Participation : une page 300€ – une demi page 150€ -un quart de page 75€  libre participation pour une ligne

Possibilité de cerfa par l’Association ADPM (rib en pièce jointe )

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