Parachath Mattoth par rav David Gold

0
324

Parachath Mattoth par rav David Gold

Pourquoi nous n’enverrons pas de carte postale en Normandie?

Notre paracha traite dans ses débuts d’une mitsva toute particulière: celle des vœux et des promesses. En effet, un homme peut à l’aide de sa parole s’interdire le profit d’un aliment ou d’un objet (le vœu) et inversement s’obliger à faire telle ou telle action (la promesse). C’est un ‘Hidouch/nouveauté qui est propre à la Tora car dans les nations du monde l’adage commun est: « Les paroles s’envolent mais les écrits restent ! », or notre paracha  nous apprend le contraire : les paroles restent inscrites dans les cieux comme le verset l’enseigne: « Un homme qui fait un vœu ne doit pas le transgresser… et tout ce qui sort de sa bouche il le fera!« 

Une petite histoire du Midrach (rapportée dans Tossafoth Ta’anith 8) nous apprendra la valeur d’une parole. Il est rapporté qu’une fois un jeune homme s’est promené dans une forêt et il a entendu des cris provenant d’un puits. Il s’approcha et vit une jeune fille au fonds. Avant de la sortir il lui demanda si elle était prête de se marier avec lui, elle accepta. Il l’a sorti et les deux se promirent de se marier en s’interdisant d’épouser quiconque. La fille demanda qui serait les témoins d’une telle promesse ? Le garçon  qui verra un peu plus loin un espèce de mulot sortir du puits  dira : » Ce mulot et le puits seront mes témoins de ma promesse ! » Sur ce, notre homme prit son baluchon et partit pour la grand ville tandis que la jeune fille retourna chez ses parents. Or les mois passèrent et notre homme oublia très vite sa petite princesse… Avec le temps il prendra pour épouse une fille de sa ville tandis que la première attendait toujours son prince délivreur (à cause de sa promesse)… Les années passèrent et notre homme eu deux enfants de son union. Or deux drames se déroulèrent ! Après une première naissance, un gros mulot mordit l’enfant et lors de la deuxième naissance le nouveau-né tomba dans un puits ! La femme compris qu’il s’était passé quelque chose d’anormal et demanda à son mari des explications. L’homme révélera l’histoire de la  jeune fille qu’il avait délivré, et sa promesse de la prendre en mariage devant deux témoins… Sa femme demandera le guet (divorce), ce qu’il fit, et de suite il prendra ses cliques et ses claques et partira rejoindre la pauvre fille de la campagne qui attendait son prince charmant… Fin du Midrach. On voit que ce n’est pas le choc des photos mais bien le poids des mots ! Et plus profondément, ces lois liées à la parole viennent nous révéler l’essence de l’homme ! Car qui différencie l’homme du reste des créatures, si ce n’est son langage ? De plus, lorsque Hachem a créé l’homme Il lui insuffla le souffle de la vie (par les narines) et la traduction d’Onquelos était : »Hachem a insufflé à l’homme le pouvoir de parler ! » Donc la parole est directement liée avec l’âme et notre parole est son expression.

LIRE  Un incendie éclate à la fin de la journée du Yahrzeit de rabbi Elimélekh de Lijensk (vidéo)

Le Zikhron Yossef rapporte une intéressante question, un tant soit peu liée à notre sujet. Pour cela il nous faudra introduire quelques notions au préalable. Comme on l’a vu, la parole peut créer des interdits. Entre autre on pourra interdire à son prochain de profiter de ses biens. Dans le langage du Talmud cela s’appelle « Moudar Hanaha » (anathèmes). Le cas le plus célèbre est celui de Kalba Savoua : le beau-père du Tana rabbi ‘Akiva Ben Yossef. On le sait, rabbi Akiva avant de devenir l’éminent Talmid ‘Haham était à son départ un parfait ignare ! A tel point que lorsque la fille du richissime Ka’ba Savoua voulut l’épouser, son père fera le vœu d’interdire (à sa fille) ses milliards qu’il possédait dans les banques de Jérusalem d’alors ! Sa fille passera outre et se mariera avec ‘Akiva qui deviendra beaucoup plus tard le géant de la Tora: rabbi ‘Akiva (après avoir passé 24 années à la Yechiva) ! Pour la petite histoire, après toutes ces années Kalba Savoua verra son gendre devenu un grand érudit et demandera aux sages qu’ils lui retirent son vœux. Donc on le voit : un homme peut interdire à son proche l’utilisation de ses biens. La Michna dans Nedarim (48) traite d’un même genre de cas – un homme qui fait peser un anathème sur son ami – et en conséquence son prochain ne pourra pas profiter de ses biens jusqu’à l’utilisation de ses livres (de Tora) ! Or, demande le Zikhron Yossef, il existe un principe: les mitsvoth n’ont pas été donné pour qu’on en profite ! C’est-à-dire que lorsque D’ a donné Sa Tora, Il nous a donné une liste de mitsvoth pour que l’on accomplisse la volonté de Hachem mais non pour qu’on en tire profit ! (C’est un peu sec comme axiome, soit, mais on pourra prendre l’exemple des classes à l’armée. Lorsque le ministère des armées envoie ses troupes faire un exercice en pleine jungle du Gabon (sur la demande des  ministères en prévision de la très prochaine transformation des  banlieues parisiennes en savane profonde !?) et si un des truffions trouve l’idée chouette et se dise : « J‘enverrais une carte, à ma bien aimée de Normandie, avec la photo des ravissants alligators qui ouvrent grandes leurs gueules… » On aura vite compris que le commandement en chef de Paris n’a pas envoyé cette escadre si loin de l’Hexagone  pour que ce soit une partie de plaisir,  mais pour les aguerrir au combat. Pareillement, si l’on peut dire : Hachem nous donne les mitsvoth pour qu’on le Serve en terrain difficile (ce monde-ci, avec tous les divertissements : les belles étrangères et autres plaisirs qui nous détournent de notre véritable but de notre venue sur terre). L’incidence de cela sera très pragmatique: dans le cas où un homme fait le vœu que son ami ne profite pas, lui pourra malgré tout lui sonner du chofar le jour de Roch Hachana et le rendre quitte de la mitsva. Car les commandements n’ont pas été donné pour que l’on en profite mais pour faire la volonté de notre Père qui est au Cieux ! Donc on devra comprendre la Michna de Nedarim (48) qui interdit de prêter ses livres à son ami alors que normalement on aurait dû le permettre à cause du principe énoncé (« la mitsva (comme l’étude de la Tora) n’a pas été donné pour qu’on en tire profit ? Intéressante comme question, n’est-ce pas (même pour ceux qui se dorent au soleil de la plage de fin juillet) ?

LIRE  Pour la première fois: une synagogue au Kibboutz Kinneret

Le livre d’Abraham Min Hahar répond d’une belle manière: la mitsva de l’étude de la Tora ne ressemble pas aux autre mitsvoth ! C’est que le principal dans l’étude des livres saints  est de trouver gout et profit ! L’étude ne ressemble pas aux autres mitsvoth comme mettre les Tefilinnes ou les Mezouzoth, car l’étude est liée à l’esprit tandis que la mitsva est liée à l’acte. Or l’étude de la Tora c’est la connaissance du vrai : une réflexion sur la volonté du Créateur. Autre preuve encore que l’étude est intimement liée au profit/plaisir : l’endeuillé n’a pas le droit d’étudier la Tora car elle réjouit les cœurs! Donc la Tora a été donnée pour que l’on profite des délices de son étude: la compréhension des livres saints ! C’est pourquoi lorsqu’un homme interdit ses biens, même ses livres de Tora seront interdits à son prochain… (Le sujet est encore long, on gardera la suite pour la semaine prochaine. Si D’ le veut)

Fin de… Comprendo!

Cette semaine, on terminera la formidable histoire commencée la semaine dernière. On s’en souvient, c’est l’histoire véritable d’Israël Ségal vitrier à Chicago dans les années 20 qui répare les vitres d’un immeuble qui a pris feu. Or, durant les prémices de son travail il remarque quelque chose de stupéfiant : dans les canalisations de l’immeuble coule de l’or jaune (de la bière) et pas de l’eau. Et sur le moment il aperçoit à ses côtés qu’un groupe de trois italiens discutent âprement à savoir si lui, Israël doit finir ses jours enseveli dans la cave de l’immeuble de la mafia ou non ! La discussion ira bon train, seulement Israël qui avait des sueurs froides remarque que dans le groupe il y a un grand baraqué italien qui prend sa défense corps et âme: il n’est pas question d’abattre ce Juif ! En final le groupe se dispersera : et Israël restera vivant: béni soit Hachem ! Le grand gaillard italien s’avancera alors en direction de notre vitrier et lui fera un large sourire… Il lui dira: »Prégo… je vois que tu es bien étonné de ce qui s’est passé. Sache que mes amis voulaient te faire descendre quatre pieds sous terre afin que tu ne dévoiles pas notre production de bière, mais j’ai tenu bon ! Et si tu veux des explications, je vais te les donner. Il y a quelques années de cela, dans la vieille Europe (lors de la 1° Guerre mondiale) l’Italie et le Royaume d’Autriche-Hongrie étaient en guerre. A un moment lors d’une offensive autrichienne-hongroise un groupe de soldats italiens se retrouvèrent prisonniers dans les Alpes. A l’époque, c’était le plein hiver: le froid était glacial, qui plus est la neige et le vent empêchaient toute progression de l’escadron autrichien avec les prisonniers. La situation était tellement tragique que les gradés autrichiens décidèrent d’abattre sur le champ les prisonniers de guerre italiens afin de permettre une avancée normale de leur troupe. La décision devait être entérinée lorsqu’un soldat juif du contingent hongrois s’est élevé contre cette injuste décision de tuer un bataillon entier de soldats ennemis innocents. La tension a monté dans le campement autrichien-hongrois mais le soldat n’a rien voulu entendre : il était prêt à ce qu’on l’abatte plus tôt que de tuer des soldats dépourvu de tout culpabilité. Sa plaidoirie était très persuasive et les soldats hongrois ont rejoint son avis et en final les Autrichiens ont cédé : ils n’abattirent pas les italiens… Parmi le groupe des soldats italiens: j’y étais et je me suis toujours demandé comment j’allais remercier ce soldat juif hongrois pour ce qu’il avait fait pour de parfaits étrangers  (qui plus est gentils). Or, je t’ai bien observé et j’ai réalisé que c’est toi le Juif du contingent hongrois qui a pris la défense de notre sort afin qu’on ne finisse pas abattu sous la neige des montagnes alpines… Donc un homme qui a tout fait pour qu’on ne tire pas à bout portant sur des prisonniers italiens (innocents) ne devra pas  finir son passage terrestre par la balle d’un colt de la mafia italienne de ChicagoComprendo?! Fin de l’histoire vraie qui nous enseigne un fondement dans la vie, au-delà des temps et des nations : rien ne se perd ! Combien on a été bon vis-à-vis de son prochain; Hachem gardera la marque de notre altruisme et le réservera au jour de notre besoin!

LIRE  L’école juive de Cannes inaugurée par le rav Lau

Coin Halakha: La période depuis les 17 Tamouz jusqu’au 9 Av (21 juillet-11 août) est sombre dans notre calendrier. Elle marque la destruction des 2 Temples de Jérusalem. C’est pourquoi on évitera durant ces 3 semaines de dire la bénédiction « Ché’héyianou vequiémanou… ». On ne consommera pas de nouveaux fruits ni on ne revêtira pas de nouveaux vêtements durant cette période. Le Michna Beroura permettra de dire cette bénédiction uniquement durant les Chabbatoth de ces 3 semaines. Dans le cas où le fruit s’abîmera avant le Chabbath, on pourra le consommer en semaine et ne pas attendre le Chabbath. Pour la coupe des cheveux : cela dépendra des coutumes. La coutume sefarade est de permettre (de se couper les cheveux) à l’exception de la semaine du 9 Av tandis que les Ashkénazim interdisent depuis le 17 Tamouz.

Chabbat Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut – David Gold

On priera pour la santé de Ya’akov Leib Ben Sara, Chalom Ben Guila parmi les malades du Clall Israel.

Pour le Zivoug (mariage) de ‘Haim Chalom Ben Mindel Haïa

Pour la descendance  de Avraham Moché Ben Simha, Sarah Bat Louna et d’Eléazar Ben Batchéva

Léilouï Nichmat: Moché Ben Leib; Eliahou Ben Raphaël, Roger Ye’hïa Ben Sim’ha Julie, Yossef Ben Daniéla תנצבה que leurs souvenir soit source de bénédictions.

Aucun commentaires

Laisser un commentaire