Parachath Tazria/Metsora’

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On souhaitera et on priera pour la bonne santé de tous les malades du Clall Israël et en particulier de Ye’hia ben Aïcha, Yehouda ben Esther, Yacov ben Yokhéved, David ben Dida, Esther bat Luisa, Bernard Bearl ben Yits’hak ( famille Encel, Maison-Alfort)… parmi tous les malades du peuple juif.

Corona et amour fraternel ….

Cette semaine, si D’ le veut, on lira deux Parachiyoth : Tazria et Metsora’. Ce sont des passages du troisième livre de la Tora qui traitent des lois du lépreux. Dans « Tazria » sont décrits les différents symptômes de la maladie. Cela pouvait être sur les murs de la maison, les habits et jusqu’à l’homme. Tandis que dans la parachath « Metsora » il s’agira d’apprendre la manière de purifier le lépreux après que les éruptions cutanées aient disparu. Toutes ces lois sont assez complexes (la lèpre se définit par des petites taches plus ou moins blanches sur la peau de l’homme). Suite à cela, c’est un Cohen qui sera le seul habilité à décréter si la personne atteinte, et prendra le statut de « Metsora » ou non. Ce Cohen devait connaitre toutes les différentes sortes de lèpres pour décréter si la personne était pure ou non. Dans ce dernier cas, la personne devait s’écarter du camp et être mise en quarantaine durant une première semaine puis au bout de ce temps le Cohen venait rendre à nouveau visite au malade pour vérifier la progression ou la régression des tâches. Dans le cas où les tâches auraient grandi (plus de la surface d’un griss/ la surface d’une fève) alors la personne était mise en quarantaine d’une manière définitive. Dans le cas où la tâche était identique, le malade était confiné une seconde semaine et à nouveau au bout de deux semaines le Cohen se rendait auprès du ‘lépreux’. Si l’irruption cutanée gardait la même taille alors il était décrété pur mais si elle s’était agrandi la personnne était considérée définitivement comme Metsora/lépreuse. Quand on parle lèpre, ce n’est pas vraiment exact puisque les Sages de mémoires bénies expliquent que cette maladie avait une cause spirituelle. En effet, la Guemara dans Arakhin (16) enseigne que c’est le Lâchon hara’ (médisance) pratiqué par la personne qui provoquait de tels symptômes. On le sait, la Tora demande à l’homme un comportement exemplaire dans de nombreux domaines et en particulier celui de la parole. Le ‘Hafets ‘Haïm dans son livre du Chemirath Halachon explique la gravité de cette faute en expliquant que la parole est un outil très précieux qui a été donné à l’homme (le pouvoir de transformer une pensée ou un sentiment et l’extérioriser pour le faire partager à son entourage). Donc lorsque -à D’ ne plaise- l’homme commence à salir son ami et ses proches, il perd sa qualité d’être humain créé à l’image de D’. A une époque plus lointaine, la médisance entrainait automatiquement cette sorte de lèpre. Seulement Hachem agissait avec beaucoup de mansuétude et ne s’attaquait pas de suite au corps mais aux murs de sa maison. Donc dans un premier temps le médisant découvrait des tâches sur les cloisons de sa maison. S’il ne faisait pas Techouva (par exemple en apprenant les lois de la parole), alors les tâches se retrouvaient sur ses vêtements puis en dernier ressort sur sa peau ! Et à ce stade avancé, il fallait passer par une période d’isolement du reste de la communauté (car le lépreux rendait son entourage « impur »). Le ‘Hafets ‘Haïm demande à quoi bon connaitre ses lois d’isolements, car ces éruptions cutanées ont disparu de nos contrés ? La réponse courante sera que ces lois font partie du quorum des décrets de la Tora donc elles sont d’ordre transcendantales et en cela on accomplira la Mitsva de l’étude de la Tora. Seulement pour être exhaustif le ‘Hafets ‘Haïm donne d’autres réponses. L’une d’entre elle, c’est que cette lèpre apparaitra sur l’homme lorsque –après 120 ans- il voudra profiter de l’éclat de la splendeur Divine. En effet, après notre passage sur terre on voudra TOUS profiter du salaire de nos bonnes actions pratiquées sur terre (et c’est normal: tout travail a droit à une rétribution). Or la personne qui a proféré dans sa vie de nombreuses paroles venimeuses ne le pourra pas car elle sera repoussée du Gan Eden comme le lépreux est repoussé du campement (sur terre) ! Et en final elle purgera sa punition dans l’enfer. D’autre part, il est rapporté dans  d’anciens livres que l’homme qui parle en mal sur son prochain perdra sa fortune. En effet, d’une manière générale c’est son égo qui pousse l’homme à juger sévèrement son prochain. Si l’homme acquière l’humilité alors il sera d’une manière automatique enclin à moins parler (en mal) sur son prochain car il n’aura pas de difficultés à placer son ami au-dessus de lui (par exemple il verra les qualités de son ami qu’il ne possède pas –car dorénavant il connaitra ses propres qualités et défauts-) et donc ne dira pas de mauvaises paroles. Par conséquent, pour remédier à ces mauvais traits de caractère (de parler en mal), Hachem enverra la pauvreté qui amènera à ce magnifique trait de caractère qu’est l’HUMILITE. Le développement est intéressant mais aujourd’hui l’étude de ces Parachiyoth prend un autre relief. En effet, l’épidémie de corona qui sévit nous fait prendre conscience du fait que la pureté et impureté dont la Tora parle il y a plus de 3500 ans sont très proches de toutes les injonctions du ministère de la santé (quand il fonctionne bien…). Par exemple ne pas s’approcher à moins de 2 mètres, ne pas se trouver en collectivité (10 personnes) sous un même toit et sans oublier de mettre des masques sur le visage dans les déplacements, etc… C’est étrangement semblable à une partie des lois qui prévalaient dans les temps anciens. Ainsi le lépreux impurifiait son entourage par sa présence (et lorsqu’il était décrété Metsora’ définitif, il devait sortir de la ville et … se recouvrir la tête…)! Donc peut-être nous aurons une autre réponse à la question du ‘Hafets ‘Haïm, aujourd’hui on devra bien tenir sa langue car les dégâts provoqués ressemblent…  au corona. Donc lorsque les Sages ont écrit que la lèpre est due à la médisance c’est peut-être aussi une allusion à cette épidémie qui serait due à une mauvaise utilisation de notre parole. On le sait, la mauvaise langue amène la zizanie au sein de notre proche entourage, dans les familles et la dislocation des liens de fraternité. Or le corona entraine que chacun doit prendre ses distances avec autrui, intéressant, non? Donc c’est peut-être le temps de réfléchir sur le pouvoir de notre parole et de savoir que la Tora attend de nous qu’on ait une parole positive et non destructrice (pareil pour ce qui est l’écrit : le Lachon Hara’ dans les réseaux sociaux est prohibé). Il reste que tout n’est pas interdit, car par exemple lorsqu’on vient rétablir le droit et la justice on pourra utiliser notre parole pour fustiger le mécréant ou protéger son prochain du danger d’une association avec telle ou telle personne… Autre exemple, dans le cas d’une présentation, lorsque l’on sait qu’une des parties a « oublié » de préciser une tare rédhibitoire (genre une maladie incurable –que D’ nous en garde) alors on devra prévenir la deuxième partie… Attention on devra le faire que dans l’intention d’aider son prochain et pas parce qu’on hait –par ailleurs- la deuxième personne… Les choses sont délicates mais il existe de très bons livres qui pourront nous aider à garder une bonne langue (par exemple le livre du rav Moché Kaufman chelita de Bené Brak). En un mot, corona nous aidera à multiplier les gestes d’amour et de fraternité. Et si, au grand jamais on a eu des déboires avec des amis ou son proche entourage, c’est le moment (corona) ou jamais de crever l’abcès ! On prendra son téléphone/cacher (qu’on a de toutes les façons 24/24 dans sa main et pour une fois se sera très utile !) de chercher un numéro mis dans les « indésirables« , puis de l’envoyer (c’est compris dans le forfait), de bien racler sa gorge avant de lui dire… « tu sais pour tout ce que je t’ai fait… je te demande de me pardonner… ». On finira par la prière du rav Eliméleh de Lizentsk : » Au contraire, fait –Hachem- que je ne vois que les bons traits de caractère de mon ami, et que Hachem me protège d’avoir une quelconque haine vis-à-vis de mon prochain afin qu’Il (Hachem) déverse de sa mansuétude et de son amour.. »

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Corona et le sourire…

On rapportera cette semaine une anecdote rapporté par le rav Zukerman chelita, rav de l’hopital de Bené Brak. Une fois, le rav Wozner zatsal est venu faire une visite dans l’hôpital de Bené Brak « Mayane Hayechoua » (vous connaissez certainement cette ville qui est décriée dans les réseaux d’information d’une manière éhontée… Certainement qu’ils n’ont pas encore lut notre feuillet ou qu’ils n’ont pas grand- chose à faire ces derniers temps… ou les deux à la fois…). Cela remontait à quelques années (le rav est décédé il y a près de quatre ans). A l’occasion, tout le staff des médecins et aussi une bonne partie des malades et leurs familles sont venu le recevoir. Le rav de l’hôpital se présenta au rav Wozner et lui posa une question, celle d’un malade : « Un malade m’a posé une question difficile. Il s’agit d’un homme qui a la cinquantaine mais qui est désespéré. En effet, il ne peut  bouger aucun de ses membres sans aide médical, il demande : dans ces conditions peut-il dire la bénédiction du matin « Chéassa li kol tsorki »/qui m’a donné (Hachem) tous mes besoins. « Or comme il ne peut pas bouger: est-ce qu’il peut véritablement bénir Hachem dans de telles conditions ? » Le rav Wozner comprit la gravité de la situation et demanda aussitôt à rencontrer le malade. A l’entrée du rav dans la chambre, le malade essaya tant bien que mal de se redresser en gémissant mais AUSSI il avait un large sourire à sa bouche (car ce n’était pas tous les jours qu’un grand rav venait à son chevet). Le rav Wozner dira ces paroles : « Ton état me rappelle un épisode qui remonte à 80 ans en arrière… J’étais alors un jeune homme dans la ville de Lublin en Pologne. A l’époque j’étais un élève du Roch Yechiva rabbi Méir Schapira (l’instigateur du Daf Hayomi). Un jour il visita l’hôpital de la ville. Le rav rencontra les malades les plus gravement atteints afin de les réconforter par des paroles d’encouragements (comme quoi les rabanim n’ont pas besoins du corona pour faire régner la paix et la fraternité dans la communauté…). Une fois, lorsque le rav est entré dans une des pièces, il a vu un malade qui fit de son mieux pour recevoir le recevoir. Il se redressa et fit comme toi un très large sourire. Le rav –rav Schapira-lui demanda : « Cette joie qui se lit sur ton visage, à quoi sert-elle ? » L’alité répondit : « D’après la loi juive, je devrais me lever et servir de mon mieux un rav d’Israël ,or je ne peux rien faire –vu mon état déplorable-: impossible à moi de bouger le moindre de mes membres. Donc il ne me reste plus qu’à offrir ce sourire au rav et en cela je le servirais de la meilleure manière ! Car puisqu’il ne me reste plus que cela, c’est mon rôle sur terre à ce moment ! Et lorsque je fais ce sourire, j’accomplis la mission qui m’a été assignée sur terre à ce moment par le Boré ‘Olam ! » Fin de l’anecdote qui remonte à près d’un siècle en arrière… Le rav Wozner continuera en disant : « Même toi, tu me demandes comment faire une bénédiction : ‘Que Hachem m’a octroyé tous mes besoins’ alors que je ne peux pas bouger mon petit doigt facilement ! » Sache, que si tu fais tout ce qui est dans tes possibilités en cet instant, ton action sera considérée dans les Cieux plus encore qu’un homme qui a toutes ses facultés et qui fait plus que toi mais pas en fonction de ses propres capacités ! Toi, c’est sûr que tu auras un plus grand salaire car tu accomplis entièrement ta vocation du moment ! C’est ton « Kol tsorki/Tous tes besoins… de l’instant ! » Les paroles du rav rentrèrent directement dans le cœur du malade et le rav Zukerman rapporta que ce malade retrouva rapidement toutes ses forces grâce à son sourire et aux paroles du rav Wozner et quelques jours plus tard retrouva le chemin de son domicile.

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De là, apprend le rav Biderman, on pourra apprendre que même si on est cloîtré entre quatre murs, sans pouvoir travailler, ni étudier, ni se rendre à la synagogue et vaquer à nos occupations journalières… que l’horizon reste encore bien flou… Il faudra juste comprendre (et certains finiront par admettre) que c’est la Volonté du Tout Puissant. Donc certainement qu’avec le sourire qui nous restera sur notre visage/qu’on offrira à son conjoint et à ses enfants,  on accomplira le but de notre mission sur terre pour cette période ! Et on finira par ces paroles rapportée au nom du Hazon Ich (Emouna et Bita’hon p. 155) : « Tous doivent passer le périple de la vie dans ce monde-ci : il n’existe pas d’exceptions! Il y en a qui vivront  les péripéties de la vie avec la joie et le sourire aux lèvres, d’autres toutes les difficultés (et il y en a..) seront vécues dans les pleurs et la tristesse. Or ce qui est décrété par D’ de toutes les façons on ne pourra pas y échapper ! Donc il sera nettement préférable de faire le choix dans sa vie de recevoir les événements de la vie dans la joie et non dans les lamentations et ainsi de vivre une vie agréable (pour soi et son entourage…); c’est une question de CHOIX !

Chabat Chalom, on souhaitera toujours beaucoup de courage au Clall Israel  et on priera pour la santé et le bien être de notre communauté.         

A la semaine prochaine, si D’ le veut

David Gold

Ces paroles seront étudiées pour l’élévation de l’âme de Berthe-Bajla fille de Léa (Famille Kovarski/Paris) Nichmata Tsroura Betsror HaHaim ainsi que de Albert/Aibi Ben Ytshak תנצבה

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