Parachath Vayigach

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Autour de la table du Chabbath, par le rav David Gold

Une grande bénédiction pour la Parnassa (subsistance) et la santé à notre ami E. Konqui et à son épouse (Paris) pour son aide à la parution de notre feuillet.

On n’y échappe pas !

Notre paracha marque la fin de toutes les souffrances de Yossef. En effet, durant vingt-deux longues années, Yossef sera écarté de sa maison paternelle après avoir été vendu par ses propres frères comme esclave dans un pays étranger. Les difficultés seront grandioses pour un jeune homme de 17 ans qui se retrouvera éloigné de ses racines dans la maison de Poutiphar, le chef cuisinier de Pharaon. De plus, la femme de son maître fera tout son possible pour faire trébucher ce magnifique garçon dans la faute. Ce dernier devra puiser des forces monumentales pour surmonter ces différentes épreuves. Puis, après avoir été injustement condamné, il passera 12 années dans les geôles au pays du Sphinx. Hachem le fera sortir de ce grand calvaire, et  du jour au lendemain il deviendra le vice-roi d’Egypte ! Une question s’impose : combien de forces a-t-il développé durant ces années pour ne pas tomber dans le grand désespoir?

Le Steipler écrit dans un de ses livres (Birkat Perets) un principe qui mérite d’être connu. Le verset des Psaumes dit : « Heureux l’homme qui est amendé par Hachem et qui apprend la Tora ! » Les Sages expliquent qu’il n’existe pas un homme qui n’ait pas son lot de difficultés… Mais heureux l’homme qui place son labeur dans la Tora ! Le Birkat Perets explique que de la même manière que les Sages ont dévoilé (Guemara Beitsa) que la subsistance de l’homme est fixé depuis Roch Hachana, pareillement sa dose de souffrance de l’année est aussi fixée ! Le rav Diskin chlita rapporte qu’il y a quelques années à Bené Brak une femme mère d’une grande famille est venue se plaindre amèrement auprès du Steipler sur le fait que  sa voisine de palier lui faisait beaucoup de misères… A tout moment de la journée elle frappait à sa porte pour l’importuner en lui demandant des choses et d’autres… Donc elle demanda au Tsadik une bénédiction afin que cette dame déménage au plus vite. Le Steipler répondit : « Des tourments, on ne s’enfuit pas ! » Dans les deux semaines qui suivirent la rencontre avec le Tsadik de Bené Brak, la voisine déménagea et une autre dame arriva à sa place. Or, cette fois-ci cette nouvelle dame était pleine de gentillesse et de douceur : le vrai paradis après ce qu’elle avait connu ! Or, la mère de famille se rendra vite compte qu’avec le départ de l’ancienne voisine les enfants de sa maison tomberont les uns après les autres malades; chose qui n’était jamais arrivée auparavant ! Fin de l’anecdote et de rajouter que le Steipler avait cette adage à la bouche : « On ne fuit pas les souffrances… »

Si c’est ainsi, vous allez me dire que ce n’est pas la peine de continuer la lecture du feuillet car la situation semble tellement noire ! Seulement les Sages (Tan’houma Paracha Mikets) rajoutent : « Rav Bisna disait: il n’existe pas d’homme sans difficultés. Un homme a des migraines: il ne peut pas dormir. Celui qui a des maux de dents: non plus ne pourra dormir. De la même manière, un homme qui reste éveillé et étudie la Tora ne dormira pas durant la nuit ! Ces deux hommes seront éveillés mais  l’un, aura transformé sa difficulté par l’étude de la Tora tandis que le second ne vivra que la souffrance sans la Mitsva ! Donc on aura compris : le passage sur terre n’est pas une partie de plaisir, seulement on pourra toujours choisir SA difficulté (par l’étude de la Tora, les Mitsvoth…)

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Dans le même esprit les Poskim ont demandé comment un homme peut chaque jour faire une bénédiction particulière lors de son levé le matin. Il est dit dans le livre de prière: » Béni soit Hachem qui a comble tous mes besoins/Chéassa li kol tsarki« . Or, il existe de nombreux cas où un homme n’a pas le strict nécessaire, et pourtant il devra quand bien même faire cette bénédiction ! Donc comment bénir Hachem (en utilisant le Nom saint de D’) et dire un faux remerciement puisqu’on n’a pas le minimum ? Le rav Chlomo Kluger répond d’après une Michna dans Berakhoth. Il est enseigné qu’un homme doit servir Hachem dans toutes les conditions et bénir Hachem pour les bonnes comme pour les moins bonnes choses de la vie. (Et le Michna Beroura rapporte que c’est avec la même joie qu’on devra faire les bénédictions pour le bien (Chéhé’hianou) comme pour le moins bien…).  C’est certainement après que l’homme ait travaillé son niveau de foi: de savoir que les événements de sa vie sont dirigés par une grande main bienveillante (même s’il ne comprend pas tout…) qu’il pourra bénir D’ pour tout ce qui lui arrive. D’autre part, il faut bien être conscient que cette grande descente sur terre (de l’âme) vient pour nous faire acquérir notre part dans le monde à venir. Or, il semble bien qu’en haut, la monnaie usité n’est ni les dollars ni les euros: uniquement la Tora et les difficultés qu’on aura su traversées…

Une question est posée parmi les commentateurs de la paracha: comment Yossef alors qu’il est devenu vice-roi d’Egypte n’a pas envoyé une seule missive à son père afin de l’avertir qu’il est bien en vie, or Yossef se doute bien que son père est dans le plus  grand désarroi sans savoir ce qu’ est advenu son fils préféré ?! Plusieurs réponses sont données: le Rivach (Chout 249) explique que les enfants de Ya’akov ont porté l’anathème (‘Hérem) à tout celui qui allait dévoiler à Ya’akov que Yossef avait été vendu en Egypte. Or, les frères étaient 9 pour prendre cette lourde décision (à l’exception de Yossef, Biniamin et Reouven). Donc ils ont dû associer à leur tribunal la… Présence divine !! Nécessairement –explique le Rivach- Yossef avait lui aussi l’interdit de dévoiler ce secret à son père.

Autre explication, c’est que Yossef avait considéré que si Hachem n’avait pas dévoilé durant toutes ces années à son père son enlèvement, c’est que D’ voulait punir Ya’akov pour le fait qu’il n’avait pas accompli la Mitsva d’honorer son père (toutes les 22 années où il est resté auprès de Lavan). Donc comment allait-il dévoiler cette vérité si Hachem ne lui disait pas?

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Qui veut discuter au Mikvé?!

Cette semaine comme on a parlé des peines de la vie, on rapportera une courte anecdote du Baal Chem Tov. Si vous ne le savez pas, ce grand Tsadik était le précurseur du mouvement  vivifiant de la ‘Hassidout. Il a vécu il y a près de 2 siècles et demi en Europe centrale dans les Carpates. Son niveau de sainteté était inégalé et c’est d’ailleurs pour cela que notre esprit bien carré à des fois du mal à adhérer aux histoires qui courent à son sujet dépassant l’entendement.

Une fois le Ba’al Chem Tov se promenait dans la forêt avec un groupe d’élèves. Au loin, il assista à un spectacle agréable, il regardait le prince du pays galoper avec un escadron royal et effectuer toutes sortes de figures chevaleresques devant toute sa cour. Le spectacle était magnifique, le prince en habit resplendissant montrait à tous sa dextérité, et effectivement cela dépassait de loin tout ce qu’on pouvait imaginer! Tout le monde était ébahi devant le jeune prince héritier.

Le Ba’al Chem Tov prit alors ses élèves à part et leur dit : « Regardez le bien… Dans les cieux était décrété à sa naissance qu’il devait hériter de la couronne royale et ainsi devenir le roi du pays le plus puissant d’Europe centrale. Seulement, du fait de son engouement pour tout ce qui touche le jeu, et en particulier le cheval, voilà que ce sera un autre prétendant qui prendra les rênes du royaume à sa place! Ce renversement a eu lieu car une somme générale de profits et de plaisirs sont décrétés dans la vie d’un homme. Or, ce jeune écervelé passait son temps à jouer, donc, tous les plaisirs qu’il aurait dû recevoir sur le trône royal: il les prenait en avance, avant l’heure! Il s’est comporté comme un simple cavalier que  le monde adulait, et s’enthousiasmait à voir ses prouesses chevaleresques! Dommage! Fin de l’anecdote. Et le Beth Avraham (un des premiers Admour de la ‘Hassidout de Slonim) rajoutait que pour chacun d’entre nous est aussi décrétée une somme de plaisirs au cours de notre existence, de la même manière qu’une somme de… souffrances ! Seulement, l’homme sage qui se renforce et s’empêche de fauter (par exemple de mettre un super filtre à son Smartphone ou encore qu’il s’interdit son café au lait après un bon repas viande alors qu’il en a grandement envie… les israéliens adorent le café au lait…): méritera que la somme de peines (décrétées au départ) diminuera pour autant que la somme des efforts qu’il accomplit à ne pas trébucher dans la faute! Pas mal! Mais, si par contre il ne résiste pas à la tentation et lève son regard de lynx sur toute la faune et la flore de la rue grouillante avec beaucoup d’engouement, ou encore prend son café avec le beau nuage de lait en bonne compagnie: il aura le plaisir de l’instant mais la somme des difficultés générales de sa vie grandira (en proportion du plaisir interdit) et, cerise sur le gâteau, il devra payer dans ce monde (ou dans l’autre) la faute faite! De plus la somme des plaisirs qui lui était décrétée dans sa vie sera diminuée d’autant qu’il a pris plaisir à boire son café au lait! Et pour finir par une note positive, c’est qu’il est connu qu’un grand Tsadik, le rabbi Aharon Roth zatsal de Jérusalem disait qu’au moment de l’épreuve, lorsqu’un homme dépasse l’interdit, les portes du ciel sont grandes ouvertes pour recevoir ses prières car il a fait de grands efforts et cela se paye!

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Dans le même esprit, le rav Biderman nous rapporte une anecdote assez édifiante d’un grand Tsadik qui a vécu à Jérusalem, le rav Chelomo de Zwil (décédé en 1945/Erets). Ce rav était connu pour son très haut niveau de foi et de piété: il vivait dans le plus grand dénuement à Jérusalem de l’époque et sa simple maison était le rendez-vous de tous ceux qui voulait la bénédiction et conseil. Une fois un homme yeroushalmi est venu rencontrer le Tsadik pour lui soulever son problème. En effet, cela faisait de longues années de mariage qu’il n’avait toujours pas d’enfant! Le rav de Zwil le dévisagea de son saint regard et réfléchira quelques instants… Il lui dira : « Sache que depuis longtemps tu devais avoir des enfants seulement il y a des choses que tu fais qui l’en empêche!! L’homme s’étonna et demanda qu’elle est la raison de cette attente? Le Tsadik lui dit : « Dis-moi, lorsque tu vas au Mikvé n’est-ce pas que tu te tiens au milieu du groupe et tu es au centre de toutes les conversations futiles…? Exact répondit notre homme. Le saint rav continua: » Sache que tous ces profits (les paroles inutiles et le Lachon hara émis vis-à-vis de ton prochain) entraine qu’on a retranché d’autres profits dans ta vie. Parmi lesquels le plaisir d’avoir des enfants dans ta maison!! Car tu as gâché tes possibilités !! » L’homme en entendant ces paroles prophétiques tombera au sol et demandera en pleurs : est-ce qu’il y a quelque chose à y remédier? Le Tsadik dira que si tu arrêtes de parler au Mikvé alors tu retrouveras ce qui t’avait été déjà attribué et ainsi arrivera ta délivrance !! Notre homme sorti de la maison du rav avec un nouveau souffle et dorénavant il ne parlait pratiquement plus dans les bains de Jérusalem… Et les paroles du saint homme se révélèrent justes car très peu de temps après nait un magnifique garçon en bonne santé dans sa maison.

Chabat Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.   

  David Gold soffer écriture askhenase , écriture sépharade, mezouzoths birka habait téphilines méguiloth etc….

Une grande bénédiction à notre ami Albert Avraham Ben Sultana (Benguigui) dans tous les domaines ainsi qu’une bonne santé.

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