Parachath Yitro par le rabbi de Kalov : l’importance majeure de l’étude de la Halakha

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Paracha Yitro : l’importance majeure de l’étude de la Halakha

«Notifie-leur également les lois et les doctrines, instruis-les de la voie qu’ils ont à suivre et de la conduite qu’ils doivent tenir » (Chemoth/Exode 18,20).

Dans le cadre de mes voyages dans le monde entier, j’ai malheureusement fréquemment constaté que de nombreux Juifs trébuchent sur de graves interdits uniquement par manque de connaissance. Certains n’ont pas du tout étudié dans des écoles juives dignes de ce nom, d’autres ont étudié à l’école des Halakhoth, mais au terme de leur scolarité, n’ont pas continué à étudier ces Halakhoth indispensables, ni révisé celles qu’ils connaissaient.

Un jour, je me trouvais en visite pour renforcer les Juifs du Mexique, et rencontrai deux femmes âgées qui parlaient encore le Yiddish, comme c’était l’usage des premiers immigrants originaires d’Europe. Je leur demandai si elles respectaient le Chabbath, et elles me répondirent d’un ton résolu : oui. Je continuai à leur poser des questions, si elles allumaient l’électricité le Chabbath, si elles voyageaient, cuisinaient, et à toutes ces questions, elles me répondirent par la positive. J’exprimai alors mon étonnement : si telle était la situation, comment pouvaient-elles prétendre respecter le Chabbath ! Elles répondirent : « Nous respectons bien sûr le Chabbath – nous récitons le Kiddouch !» Et d’ajouter : « Nous n’en savons pas plus.»

Le rabbi de Vijnitz, auteur du Ahavath Israël, avait l’usage de dire : « Un Talmid ‘Hakham est un homme qui n’étudie pas. » Il expliquait ces propos surprenants de la façon suivante : dans le temps que l’homme n’étudie pas, il pense être un Talmid ‘Hakham qui connaît toutes les Halakhoth, et c’est uniquement lorsqu’il commence à étudier les Halakhoth qu’il reconnaît son ignorance, et réalise qui ne respecte pas un grand nombre de lois. Il y a un intérêt à étudier même des Halakhoth complexes que les hommes simples ne peuvent trancher par eux-mêmes. En effet, celui qui n’a pas étudié se heurte à de nombreuses possibilités d’erreurs dues à son ignorance des lois, et risque de commettre de nombreuses fautes.

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Un jour, un rav demanda au rabbi de Vishva, auteur du Chééerit Mena’hem, pourquoi il avait institué dans sa Yechiva que les élèves se consacrent à l’étude de la Halakha une bonne partie de la journée. Même si tous les élèves réussissaient dans ce domaine au point de devenir enseignants, le pays n’avait pas suffisamment de communautés pour accueillir ces jeunes élèves comme rabbins, sachant que quatre cents élèves étudiaient à la Yechiva. Le Gaon de Vishva répondit : « Même si un seul d’entre eux obtient un poste de rabbin, nous avons gagné cette étude de Halakha pour tous, et nous aurons 399 hommes qui sauront poser leurs questions au rav. »

C’est pourquoi le Yétser Hara s’évertue particulièrement à entraver l’étude des Halakhoth, comme l’explique le Ba’al Chem Tov, que son mérite nous protège, sur le verset dans Tehilim (36,4) : «Les paroles de sa bouche ne sont que fausseté et perfidie, il renonce à être sage, à bien agir » : les propos perfides du Yétser Hara consistent essentiellement à détourner l’homme d’une étude qui lui apporte un bénéfice authentique, comme le Choul’han ‘Aroukh, qui contribue à perfectionner la pratique religieuse de l’homme, conformément à la Halakha.

Les ouvrages saints rapportent qu’il existe une Mitsva d’étudier également des lois qui ne sont pas pertinentes à notre époque, car elles contribuent à nous attacher à Hachem, comme l’explique l’auteur de l’ouvrage Igra Dekala : connaître la volonté du Créateur dans chaque situation s’inscrit dans la Mitsva de s’attacher à Hachem, et chacun est tenu également d’étudier les Halakhoth concrètes.

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Nous voyons dans les versets que bien que les femmes soient exemptes de la Mitsva d’étude de la Tora de manière générale, elles sont tenues d’étudier les lois des Mitsvoth qui les concernent, et de ce fait, récitent la Birkat Hatora.

Il est particulièrement important d’étudier la partie Ora’h ‘Haïm du Choul’han ‘Aroukh, qui oriente l’homme à adopter un mode de vie conforme à la Tora, qui lui permet d’accéder au monde futur, en connaissant les Halakhoth de la vie quotidienne.

Rabbi Elimélekh de Lizensk (Hanhagoth Haadam, 1) écrit qu’avant toute autre étude, il faut étudier le Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm. Rabbi Its’hak Eizik de Komarna (Dérekh Emouna, 12b) mentionne qu’il demanda à ses enfants et petits-enfants, de connaître aussi bien le Choul’han ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm avec le Tour et le Beth Yossef, que la prière d’Achré. Il est rapporté au nom de rabbi Chalom de Belz : « J’ai développé la crainte du Ciel en étudiant le Tour et le Beth Yossef, dans la partie Ora’h ‘Haïm.»

À propos de cette étude, les Tsadikim commentent ce texte que nous récitons chaque matin dans la prière de Cha’harith : « Il est promis à toute personne qui révise les Halakhoth chaque jour qu’elle a une part au monde futur, comme il est dit : Halikhoth ‘Olam Lo (qui sont ses routes séculaires) », il ne faut pas lire Halikhoth, mais Halakhoth. Un homme qui révise et améliore ses voies chaque jour, en fonction des précisions des Halakhoth qu’il apprend dans son cours quotidien de Halakha, est assuré d’avoir une place au monde futur, car ces Halakhoth sont des conduites qui le mènent à une vie de bonheur dans le monde éternel.

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Nous pouvons comprendre dans cette perspective le dédoublement de langage dans les propos de Yitro, qui offrit ce conseil à Moché Rabbénou : « Notifie-leur également les lois et les doctrines » : enseigne-leur les Mitsvoth de la Tora, mais mets l’accent sur ceci : « Instruis-les de la voie qu’ils ont à suivre et de la conduite qu’ils doivent tenir » : indique-leur la voie à suivre qui les conduira au monde à venir par l’étude de la Halakha pratique.
De ce fait, notons que ceux qui étudient au jour le jour la Halakha ont un immense mérite, en particulier dans des cadres d’étude comme l’organisme Dirchou, où ils révisent leur étude pour la connaître sur le bout des doigts. C’est le moment, pour ceux qui n’étudient pas encore, de se lancer. Ce sera une manière d’accroître la Présence divine parmi le peuple juif, et ceux qui s’y consacrent auront le privilège de vivre une vie de bonheur dans ce monde-ci et dans le Monde à venir.

Chabbath Chalom !

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