Pour faire comme dans le Ciel…

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Autour de la table de Chabbath, n°424 Terouma

Ces paroles de Tora seront lues leilouï Nichmath d’un Avrekh yakar : Yits’hak ben Yits’hak (Stéphane Sportés) de Villeurbanne תנצב »ה

Notre paracha suit le don de la Tora et de Michpatim (les lois). Les commentaires (Da’at Zekénim) enseignent que notre section a été dite dans les quarante jours qui ont suivi le Matan Tora. Elle traite d’un appel qui est lancé au peuple afin d’amener des offrandes, des métaux précieux pour la construction du Michkan (le Temple dans le désert). Il ne s’agissait pas d’un Allo-Dons (« veuillez envoyer pour la bonne cause vos euros et dollars par la poste électronique ») mais certains amenaient 500 grammes d’argent, pour d’autres, un lingot d’or ou une plaque de cuivre. C’était en fonction de son cœur et de ses ressources. Il ne s’agissait pas non plus d’un prélèvement obligatoire pour les affaires religieuses puisque le verset énonce : « …Tout celui qui a un bon cœur etc… ». Pour être exhaustif, notre paracha fait aussi allusion à deux autres contributions obligatoires : un demi-chékel pour l’achat des sacrifices perpétuels et un autre pour la fonte des socles d’argent. Le but de ce grand « matching » était de construire le Sanctuaire de Hachem. C’est-à-dire que la volonté de D’en créant le ciel et la terre était de résider sur terre. Après le don de la Tora, Hachem a cherché à avoir une résidence perpétuelle auprès de Son peuple. A l’image de ce qui se passe en haut Hachem réside dans les cieux, entouré de ses myriades d’anges qui Le glorifient chaque jour. Pareillement D’ désire résider sur terre au milieu de Son peuple : le Michkan était au centre du campement des Bené Israël.

Le verset dit : « Je résiderai parmi vous » (25.8). Le but étant très élevé, il ne pouvait pas être dicté comme les autres Mitsvoth du genre : « J’exige que tu donnes ! » Car la construction du Michkan est une expression libre du lien qui existe entre Hachem et Son peuple. Hachem nous aime, donc Il nous demande de Lui préparer Sa résidence. Et puisque nous aussi nous L’aimons, nous répondons présent à Son appel ce n’est pas un ordre mais une chance.

Le Targoum Yerouchalmi traduit le premier verset par « Tout celui qui éveille son cœur apportera des prélèvements et non par la force ». Le Seforno explique que les Cohanim ne venaient pas récupérer les dons à la manière dont ils le faisaient pour la Tsedaka. Par exemple, dans le cas où il y a des « cas sociaux » graves dans la communauté, les caisses ont la possibilité de prendre par force les contributions des nantis de la communauté ; ce qu’on appelle « Memachkin à La Tsedaka ». Pour le sanctuaire, c’était un don libre.

Une autre idée est enseignée par Rachi sur le premier verset : « Vous prendrez pour (Li) Moi, les prélèvements ». Rachi explique que ‘Li/Pour Moi signifie qu’il fallait le faire au Nom de Hachem.

D’une manière générale dans la vie de tous les jours, à chaque fois que l’on fait une Mitsva, nous avons l’obligation de la faire dans l’intention d’accomplir la Mitsva qui nous est prescrite par la Tora. On n’a pas besoin de penser obligatoirement à Hachem lorsqu’on l’accomplit (c’est sûr que c’est mieux, mais ce n’est pas une imposition). Par exemple, la Guemara enseigne que si on donne la Tsedaka pour la guérison d’un proche on aura accompli la Mitsva bien qu’on ne l’a pas faite exclusivement pour Hachem. Or pour le Michkan c’est différent. Les offrandes étaient apportées pour bâtir la résidence de Hachem. Si on avait d’autres intentions comme par exemple épater la galerie et ses copains de la synagogue notre offrande perdait de sa valeur.

Il est rapporté que Betsalel l’architecte en chef de la construction du Michkan savait discerner par son esprit saint si l’offrande avait été faite d’une intention pure ou moins. En fonction de cela il dirigeait l’offrande vers les ustensiles saints ou moins. La raison profonde de cette différence par rapport aux Mitsvoth était que puisqu’il s’agissait de faire descendre la Sainteté sur terre, cela exigeait une plus grande pureté de cœur.

Et comme je vous parle des choses du cœur, je désire vous faire partager ce qui se déroule sous les cieux toujours cléments de notre sainte Terre. Comme vous le savez, j’étudie dans le très bon Collel du rav Asher Brakha-Bénédict Chlita (au 15 de la Rue Palmah/ Raanana). Ces derniers temps, à longueur de journée -Bli ‘ein hara, il y a de nombreux jeunes israéliens qui viennent mettre les Tefilinnes et écouter des magnifiques cours du rav Eliyahou Chlita (fils du Roch Collel). Or, ces adolescents ont une way of live très éloignée pour tout ce qui touche la religion. Et pourtant ils ont des interrogations et veulent en savoir plus sur la Tora et les Mitsvoth. C’est un élan de cœur qui les poussent à ouvrir la porte du Beth Hamidrach et d’aller au-delà des préjugés et du « qu’en dira-t-on » (ces jeune font partie d’une école ‘hilonit lamehaderin juste en face du Collel…). A l’époque du désert, le peuple a vu la grandeur de D’, les miracles sensationnels et le don de la Tora. Ils avaient alors compris l’importance de construire un Sanctuaire pour Hachem. De nos jours, Hachem éveille Son peuple au travers des actes barbares fomentés par des groupes qui dévalorisent la nation arabe. Cette violence infernale entraîne la peur, dans un premier temps, puis amène La question à 1000 dollars : pourquoi-nous en veulent-ils tant (et que les chroniqueurs ne viennent pas nous dire que c’est un problème territorial) ? Ces jeunes écoutent les réponses du rav (cela passe par une phase identitaire du genre : « non je ne suis pas différent d’eux ») puis cela se transforme en élan de cœur vers la Kedoucha.

Car nous le savons, la vraie réponse à toutes ces agressions, c’est la Techouva du peuple d’Israël. N’est-ce pas ?

Le sippour quand il n’y avait pas la sécurité sociale

Cette semaine on a parlé du sanctuaire. Or ce saint édifice a été bâti par les dons de la communauté. Notre histoire véridique traitera de la manière de donner…

Cette histoire est tellement connue dans le public en Erets, qu’elle fait presque partie du folklore des contes et légendes du judaïsme. Ces derniers temps une version plus enrichie a été diffusée et je me fais un plaisir de vous la partager avec vous.

Il s’agit d’une petite ville polonaise ou russe juive d’il y a plus d’un siècle où se développait une belle communauté. A l’époque il n’y avait ni sécu, ni allocs (ni gilets jaunes d’ailleurs..), donc tous les indigents de la communauté, veuves et orphelins, étaient livrés à eux même et la plupart du temps, la communauté les aidait par des caisses d’entraide et une soupe populaire. Béni soit Hachem, dans cette bourgade il existait un aubergiste qui avait le cœur sur la main : pour toutes les causes communautaires, il se tenait présent. Malgré sa petite activité, son auberge était grande ouverte à tous les indigents de la ville et même de la région auxquels il offrait à chacun gîte et couvert ! Le Chabbath, sa table était remplie de convives sans ressources qui étaient hébergés au frais de la princesse ! Par ailleurs, les caisses de solidarité de la communauté fonctionnaient à merveille, en un mot un petit paradis sur terre… Or, dans la même bourgade il y avait un très riche commerçant se prénommant Ya’akov qui était tout le contraire de notre aubergiste ! Il était aussi riche qu’il était pingre ! A plusieurs reprises les gens des caisses de prêts et autres institutions lui demandèrent son aide, mais plus d’une fois il les faisait rebrousser chemin de sa belle demeure. Pas un kopek pour les œuvres charitables de la ville ! Qui plus est, à l’époque les commerçants avaient l’habitude de se rendre dans les différents marchés de la région et par la même occasion ils faisaient office de postier. Or, les personnes qui avaient le plus besoin de colis et lettres, c’était généralement les plus démunis qui attendaient un colis de victuailles ou l’aide d’un proche parent établi dans une ville ou un pays éloigné. Or notre riche commerçant qui était aussi postier n’était pas un homme à s’amadouer devant la veuve qui lui demandait de faire un prix. Nenni, notre homme d’affaires était coriace, il demandait à chacun de payer le prix intégral sans faire aucune ristourne même pour les pauvres de la communauté ! Les gens étaient tellement offusqués d’un tel comportement que tout le monde le haïssait et le prénommait « Ya’akov goï le pingre ! » Les années passèrent et la nouvelle se répandit dans la communauté que Ya’akov venait de rendre l’âme à son Créateur. A vrai dire, personne ne versa une seule larme… Lors de l’enterrement, le corps fut transporté par la Hévra Kadicha mais personne (à part sa proche famille) ne participa à son ensevelissement. Pire encore, les gens de la communauté étaient tellement excédés par son comportement qu’ils décidèrent d’inscrire sur sa pierre tombale: « Ci git Ya’akov goï le pingre » ! Quelques temps passèrent et rapidement les différentes institutions commencèrent à refuser les pauvres qui se pressaient pour recevoir leurs aides. Pire encore, l’auberge qui était auparavant un havre de paix pour les indigents ferma ! La situation était particulièrement grave, si grave que le rav de la ville se rendit en toute urgence chez l’aubergiste. Il lui demanda s’il avait lui aussi besoin d’aide ? Il répondit : « Pour sûr que non ! » Le rav lui demanda alors pourquoi avait-il brusquement cessé d’aider ses frères dans le besoin ? Il répondit : « C’est un secret que je ne peux pas dévoiler ! » Le rav exigea et fit tout son possible pour percer le secret de l’aubergiste. Ce dernier dira finalement : « Sachez que ma profession ne me permet pas de faire de telles largesses aux pauvres ! Seulement il existait une personne qui me donnait chaque fin de semaine une enveloppe bien grasse pour que je continue cette bonne œuvre… Or cet homme est mort dernièrement… Le rav était dans l’expectative : quelle était son identité ? « C’est Ya’akov le pingre ! » A ces mots le rav faillit s’évanouir ! Voilà qu’il apprenait que Ya’akov n’était pas du tout ce qu’on pensait ! Plus encore, les différentes caisses de la ville étaient aidées par ce même homme ! Le rav n’en revenait pas : la personne tellement haïe par la population locale était en fait un grand Tsadik ! De suite il demandera à réunir la population, le soir même dans la grande synagogue de la ville pour faire des oraisons funèbres de Ya’akov le pingre. Le rav prit la parole et dévoila à toute la communauté que notre Ya’akov était le grand bienfaiteur de toute la ville ! Les gens étaient choqués, voilà des années qu’ils considéraient notre Ya’akov comme la plus exécrable des créatures sur terre (pire encore que les chauves-souris chinoises…). Le rav demanda à ce que la communauté se rende devant la sépulture de Ya’akov et lui demande pardon. Tout le monde acquiesça et se rendit tardivement dans le cimentière local (la partie juive du cimetière, car à l’époque on faisait bien attention à ces lois…). Et tous diront « Pardonne nous/ Pardonne-nous » ! Le rav avait aussi pris la résolution de changer au plus vite les inscriptions diffamantes « Ya’akov goï le pingre… ». Seulement la nuit même Ya’akov apparu dans son rêve au rav et lui dit : « Dans les cieux, l’inscription qui apparait sur mon tombeau est très agréée et me fait beaucoup de bien… Je te demande de ne pas la changer ! » Le lendemain le rav se rendra au cimetière et rajoutera quand même un mot : « Ci-git le saint Ya’akov goï le pingre ».

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold Tél/00 972 55 677 87 47

Une Berakha à David Timsit et à son épouse (Raanana) dans ce qu’ils entreprennent et une bonne éducation des enfants dans la Tora.

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