Prenons les bonnes mesures dès aujourd’hui

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Le rabbi de Kalov sur la parachath Chemini :

Prenons les bonnes mesures dès aujourd’hui

« Car aujourd’hui l’Éternel doit vous apparaître » (Vayikra 9,4)

L’Admour de Bobov, rabbi Chelomo de Bobov, m’a raconté au nom de son père, le rav Bentsion de Bobov zatsal, que son oncle, le rav et auteur du Divré Ye’hezkel de Sieniawa fit un jour un arrêt dans une ville sur le chemin du retour vers son foyer. De nombreux Juifs affluèrent vers l’auberge où il séjournait pour recevoir des berakhoth. Au beau milieu de la réception du public, le rav de Sieniawa exprima le souhait de se rendre à la gare, l’heure de son train approchant, mais les Gabaïm qui voulaient obtenir encore de l’argent, affirmèrent que le moment du départ n’était pas arrivé.

Mais le rav de Sieniawa objecta qu’il fallait se hâter et ne pas attendre la dernière minute, de crainte de manquer le train, il voulait enseigner ainsi à ceux qui l’entouraient une leçon, pour agir également de cette façon dans le service divin. C’est pourquoi il se mit à hausser le ton : « Pourquoi attendre jusqu’à une heure tardive, pourquoi ne pas se hâter de se repentir lorsqu’il est encore temps ?! Le verset dit : « Lève-toi à l’aspect d’une tête blanche. » On peut l’interpréter ainsi : avant de vieillir, prends-toi en main et repens-toi, car on ne reporte pas les occasions, de peur qu’il ne soit trop tard ! » Ces propos émis par le Tsadik incitèrent tous ses auditeurs à faire Techouva, ils furent saisis d’une grande frayeur, au point qu’aucun d’entre eux n’osa s’approcher de lui pour demander une bénédiction.

En effet, ces propos renferment un message indispensable pour chaque Juif qui aspire à se repentir. Dans les livres saints, le Ba’al Chem Tov s’interroge sur un texte de nos Sages (Avoth) : « Chaque jour, une voix céleste proclame : « Revenez, Mes fils révoltés» », mais en réalité, si les fils n’écoutent pas, pourquoi cette voix persiste-t-elle à retentir ? Le Ba’al Chem Tov explique que cette voix est une invitation au repentir venue du Ciel qui s’infiltre dans l’esprit de chaque Juif sans exception. En effet, même pour le Juif le plus renégat, pas un jour ne s’écoulera sans un instant d’éveil au repentir, mais la plupart des gens s’imaginent qu’il s’agit d’un esprit de mélancolie, et ils tentent de dissiper ce sentiment dans le vin et l’alcool, etc.

On constate que chez les Juifs on trouve le plus d’insatisfaction, en particulier chez ceux qui reçoivent une éducation laïque, c’est pourquoi ils sont perpétuellement à la recherche d’un nouvel emploi aux quatre coins de la terre, et tentent d’accéder à une joie de vivre par toutes sortes de loisirs, et lorsqu’ils ressentent encore un manque de satisfaction, ils se rendent chez les psychologues spécialistes des maladies dépressives, mais tout ceci ne les aide aucunement, car c’est un sentiment provenant du Ciel et destiné à éveiller le repentir, c’est un appel à la spiritualité et non à la matérialité.

Mais même lorsque l’homme comprend que c’est un appel à la Techouva, il ne faut pas s’en contenter. En effet, il est dans la nature de l’homme de reporter au lendemain ; en revanche, lorsque son désir s’éveille, il est pressé d’agir, mais dans le domaine de la sainteté, le mauvais penchant incite toujours l’homme à reporter à plus tard.

À ce sujet, nos Sages nous ont mis en garde : « Ne dis pas : « Lorsque je trouverai du temps, je réviserai mon étude », car tu n’en trouveras pas. » De même : ne reporte pas tout à une date ultérieure, car il faut veiller à ne pas différer tout ce qui a trait à la sainteté. Rabbi Eliézer a dit : « Repens-toi la veille de ta mort », et il éclaircit ces propos : « On se repentira aujourd’hui de peur de mourir demain, car le jour où on répond à l’appel de la Techouva, il faut se repentir immédiatement, sans aucun report, car le lendemain, on risque de mourir d’une mort spirituelle. »

L’homme devra immédiatement passer de la pensée à l’action, comme l’écrit le Ramban sur le verset (Cantique des Cantiques 2, 7) : « Si vous éveillez et attisez l’amour, jusqu’à ce que vous vous en saisissiez. » Lorsqu’un homme est incité à se renforcer dans une certaine Mitsva, poussé par l’amour pour son Créateur, il tentera de l’accomplir immédiatement. Il met à profit cet éveil pour éviter de perdre l’élan.

Un ami d’enfance, rabbi Moché Cheinert chlita, me transcrivit en 1956 des propos du rabbi de Belz énoncés lors du Chabbath ‘Hol Hamoèd Pessa’h. Il faut interpréter les paroles du cantique Yédid Néfech dans l’esprit des propos du Ramban ci-dessus : « Nafchi ‘holath ahavatékha » : l’âme juive est malade d’amour pour le Créateur et à ce sujet, nous prions : « Ana El na réfa na beharoth la no’am Zivekha », « De grâce, mon D’, guéris-la donc, en lui dévoilant la splendeur de Ton éclat » : aide-moi à guérir ceux qui souffrent de troubles de l’esprit en commençant immédiatement à accomplir une Mitsva, et montre-moi l’aspect plaisant des Mitsvoth, « Veaz tit’hazek vetitrapé vehayita la sim’hat ‘olam » : Elle se ranimera alors et elle recouvrera la santé, dans une joie éternelle » : ainsi, l’homme accomplira la Mitsva et éprouvera une satisfaction constante de l’esprit.

À la lumière de ceci, nous pouvons éclaircir ce passage de la paracha. Lorsque Moché Rabbénou enseigna aux enfants d’Israël à se rapprocher du Créateur loué soit-Il, il leur inculqua cette règle essentielle : lorsque vous aurez un éveil pour vous renforcer dans le service divin, ayez cette pensée à l’esprit : « Car aujourd’hui l’Éternel doit vous apparaître » : c’est uniquement aujourd’hui que D’ Se dévoile à vous, et de ce fait, ne reportez pas cet élan en vous imaginant que le lendemain, vous pourrez vous renforcer ; il vous faut dès aujourd’hui vous renforcer dans les bonnes actions, et vous mériterez ainsi de vous rapprocher de plus en plus de D’ dans la joie de la Mitsva.

Chabbath Chalom !

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