Quand le gondolier de Venise retrouvera-t-il-son beau sourire ?

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Autour de la table de Chabbath, n°272 Pessa’h

Dans la Hagada de Pessa’h, on dit : « Même si nous étions tous de grands sages, des savants et que nous connaissions toute la Tora, il existe malgré tout la Mitsva de raconter la Sortie d’Égypte le soir du Séder ». C’est-à-dire que même les plus grands érudits du Clall Israël ont le devoir de raconter, la nuit du Séder, la Sortie d’Égypte à leurs enfants, ou à leur épouse et même le cas échéant de se raconter pour soi seul, la sortie d’Egypte. Pourquoi cette Mitsva est-elle si importante ?

La réponse est très simple : c’est que la Sortie d’Égypte est la base de la foi de tout Juif. Car si dans le monde il existe encore des Juifs pratiquants alors qu’il est difficile par exemple de fermer sa boutique le samedi car c’est le jour de la plus grande recette de la semaine, c’est la preuve que ces gens ont confiance en D’ Qui pourvoit à leurs besoins. C’est lié, d’une certaine manière, au fait qu’il y a près de 3600 ans, notre peuple est sorti des geôles égyptiennes. A pareille époque, D’ S’est dévoilé aux yeux du monde entier comme Celui Qui intervient dans la vie des hommes et des nations. Notre D’, et c’est la base de notre croyance, n’est pas catalogué comme une super puissance, ou la force suprême… Qui s’est retiré de ce monde depuis lors. Autre possibilité, certains attendraient dans un coin sagement que l’humanité s’entre-tue ou d’autres trouveraient un difficile équilibre entre la méditation et le silence.

La Tora nous informe que notre D’ a agi dans l’histoire et continue aujourd’hui. C’est juste que l’homme dispose d’une liberté d’agir mais le plan divin s’exerce malgré tout. Donc l’épisode de la Sortie d’Égypte met fin à toutes ces philosophies erronées. Durant cette fête, on devra sortir du Séder de Pessa’h renforcé dans notre confiance en D’. C’est le but du récit de la sortie d’Égypte et des 10 plaies d’Égypte. Et même si nous sommes tous bien instruits, par exemple nous avons étudié ou envoyé nos enfants tous ces derniers temps à la Yechiva de Bet Chmaya ou de Keter Chelomo de Bené Brak. Nous avons réussi à faire valider notre billet d’avion après maintes péripéties. Nous sommes tous des savants, il n’empêche que la foi est du domaine des sentiments et du cœur. On peut être grand érudit mais s’il manque cette confiance en D’ : il manque une pièce fondamentale dans sa vie, comme ce grand puzzle de 5 000 pièces – vue sur Venise – dont il manquerait au centre une toute petite partie, l’image est jolie, mais il manque le sourire charmeur de ce jeune italien sur la gondole. Les Psaumes du Roi David disent : « Toutes les Mitsvot sont basées sur la foi. »  C’est-à-dire que lorsqu’un homme applique les commandements, il proclame ce que révèle la Tora, D’ est intéressé par ce monde. La Tora n’est pas uniquement du domaine intellectuel mais aussi du domaine de l’action. Le rav Eliahou Diskin chlita pose une très intéressante question : s’il était donné à une personne le choix de passer le Séder de Pessa’h à sa table entouré de sa famille ou quelques 3000 ans en arrière dans la ville de Ramsès le soir du 15 Nissan de la sortie d’Égypte, que choisirait-il ? La question est théorique, mais la réponse est intéressante. Le commentaire mondialement connu de Rachi, français de surcroît, rapporte un Midrach : sur le verset de la Tora « Et tu raconteras à ton fils ce jour-ci en disant que c’est pour cela qu’Hachem nous a fait sortir d’Egypte « . Et Rachi d’expliquer : « A cause de cela… afin d’accomplir les Mitsvot comme le Pessa’h (l’agneau pascal), la Matsa et les herbes amères ».  Fin du Midrach. C’est à dire que les Sages nous donnent le diapason : le soir du Séder n’est pas une cérémonie commémorative d’un évènement passé. Mais l’événement s’est déroulé afin que de nos jours, dans nos maisons, on mange la Matsa ainsi que les coupes de vin, accoudé, et les herbes amères (non accoudé). La Tora nous enseigne l’essentiel : tous ces miracles viennent pour nous amener à transmettre à la nouvelle génération ces valeurs et aussi l’application des Mitsvoth. Or, la Mitsva de raconter la Sortie d’Égypte, c’est la nuit du 15 Nissan, cette année c’est samedi soir prochain, la nuit, pas le jour ! Donc pourquoi la Tora, dans le verset mentionné l’appelle : « Ce jour-ci » ? Le saint Or Ha’haim répond que la nuit du 15 Nissan resplendit comme en pleine journée ! Cette nuit, les familles sont réunies et le père de famille enseigne à ses fils et filles les principes de foi en D’. C’est un moment de grande clarté dans l’obscurité des années 2021. Car enseigner à sa progéniture, et à soi-même des principes de foi en D’, c’est un grand éclat de lumière ! Les grands de la Hassidouth expliquent que le mot qui désigne notre monde c’est « ‘Olam ». Or, c’est le même mot que «’élem » qui signifie voilé, caché. Le monde matériel qui nous entoure entraîne l’homme à se perdre dans les méandres du labyrinthe. A l’inverse du monde spirituel de la Tora qui est celui de la clarté de l’esprit Saint du Créateur. C’est le moment lors de la fête de Pessa’h de prendre une grande bouffée d’oxygène pure de foi et de confiance en D’ afin de se sauver des écueils de ce monde.

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Qui a vu le Roi ?

Le rav Felman Zatsal rapporte une anecdote sensationnelle qui s’est déroulée il y a près de deux siècles en Russie. Cette histoire, il l’a entendue du rav Mihael Feinstein qui était le gendre du rav Yits’hak Zeev de Brisk lui-même descendant des directeurs de la Yechiva de Wolozhyn. L’histoire se déroule à l’époque du Tsar Nicolas 1er de Russie. Ce Tsar était connu pour sa grande haine envers le peuple juif – comme quoi les choses ne changent guère sous d’autres cieux. Il est même rapporté une autre anecdote véritable, lorsque le Tsar était encore un jeune enfant à la cour royale de son père. Une fois est arrivée une délégation importante de Rabanim pour rencontrer le Tsar. Alors que ces érudits en Tora se trouvaient dans une salle d’attente au palais, un jeune garçon, qui n’était alors que le prince héritier, entre dans la pièce et donne des coups aux Rabanim de la délégation. Le Rav Itsélé de Wolozin scrute ce mauvais garçon et dit à ses collègues après son départ : « J’ai une tradition hérité de mon père, rabbi Haïm, qui l’a apprise de son maître le Gaon de Vilna que les descendants du peule d’Amaleq ont tels et tels caractères, et tous ces signes je les ai vu chez ce prince du royaume de Russie ». Et effectivement, ce jeune deviendra Nicolas 1er, l’Empereur de toutes les Russies et sera particulièrement mauvais pour la communauté. Il édictera un décret des plus terribles de l’histoire des communautés juives en Russie : les cantonistes. Il s’agissait d’un décret des plus sordides, qui consistait à prendre de force tous les jeunes juifs de 7/8 ans et les embrigader dans l’armée du Tsar pour une période de 25 années ! C’était un véritable kidnapping afin d’éloigner la nouvelle génération de toute pratique juive.

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Cette histoire s’est déroulée donc lorsque Nicolas de triste mémoire était au pouvoir. Une fois sa haine était encore un plus exacerbée contre la communauté et il demanda à ses proches conseillers de venir dans le plus grand secret dans un des châteaux de la royauté. Il présenta à ses conseillers un plan machiavélique à exécuter au plus tôt : la destruction de toutes ses communautés juives du royaume ! Il fallait concevoir ce plan en trois jours. Le roi avait donné des instructions précises, pour planifier un plan de destruction massive de tous les Juifs. Le Tsar donna trois jours à ses conseillers pour écrire un édit de la royauté qui mettra fin à la présence juive en Russie. Comme ce plan devait rester sous le sceau du grand secret, le Tsar interdit à quiconque de sortir du palais royal. C’est uniquement après 3 jours que le Tsar devait revenir à minuit pour entériner l’acte officiel et le signer de son sceau. Le Tsar s’absenta, et les conseillers s’attelèrent à la tâche. Le troisième jour à 23 heures les trompettes de la garde du château sonnèrent, elles indiquaient que le roi venait de rentrer dans le palais. L’empereur Nicolas se rendit dans la salle du conseil et monta sur son trône. Il demanda à voir l’édit de la destruction de tous les Juifs, le ministre de l’armée lui tendit la lettre, et le roi lu l’édit qu’il allait signer, mais le tsar fit la grimace et dit : « C’est ridicule » et il déchira la lettre et la jeta au feu. Les conseillers et ministres étaient abasourdis, mais ne dirent pas un mot, puis le roi descendit du trône et il quitta le palais avec sa garde. Les conseillers étaient encore sous le choc : ils avaient travaillé d’arrache-pied pour mettre sur pied la destruction massive du peuple juif et c’est le Tsar qui venait de tout arrêter ! Puis de nouveau sur le coup de minuit, cette fois, les trompettes sonnèrent encore : c’est le roi qui arrive au palais, avec sa garde puis monte sur son trône. Il demande à ses conseillers l’édit de destruction. Les conseillers n’en croient pas leurs oreilles, un des conseillers balbutie en disant : « Mais sa majesté vient juste de venir au palais et à déchirer elle-même l’édit ! » Le Tsar eut un rictus de haine et de surprise sur son visage : « Qu’est-ce que tu dis ? » Et le conseiller de répéter : « Votre majesté est venue il y a à peine une heure et a détruit la lettre ». Le *roi était en grande colère et dit : « C’est un mensonge, je ne suis pas venu, tu es passible de la peine de mort ». Alors, le ministre de l’armée s’exclama et dit : « Majesté, je le jure ! », ce conseiller a raison, il y a une heure votre majesté est venue au palais et a jeté au feu l’édit ». Le roi commença à réfléchir et il fit monter les soldats de la garde du palais pour savoir ce qui s’était passé. Les soldats russes confirmèrent que voici une heure sa majesté était venue avec son escadron dans le palais. C’était donc vrai ! Le roi commença à prendre peur. Il réfléchit et dit qu’il abandonnait son projet contre la communauté juive, il n’y a pas de doute que c’est le Ciel qui vient de se mêler dans les affaires du royaume. Il quitta le palais royal et ne remit jamais son plan à exécution…

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Cette histoire extraordinaire a été rapportée au rav de Wolozin. Un jour il rencontra un des ministres russes et cette personnalité lui demanda  : » Est-ce que le rav a vu le D’ des Juifs ? Le rav répondit non car Hachem s’est dévoilé à Moché Rabbénou et au peuple juif lors de la traversée de la Mer Rouge et du Don de la Tora et depuis aux prophètes. Le ministre, goy, lui dit : « Moi, j’ai vu votre D’ car j’étais présent lors de la réunion secrète et j’ai vu le roi venir à 23 heures et c’était le D’ d’Israël ». Comme le dit la Hagada de Pessa’h, à chaque génération se dresse contre nous, des tyrans qui veulent nous exterminer et c’est Toi Hakadoch Barouh Hou qui nous en délivre. Béni soit son Nom Saint pour TOUJOURS !

Rappel Halakha : Jeudi soir prochain après avoir fait la prière du soir on s’attaquera avant de manger à la vérification du ‘Hamets. On utilisera une bougie pour chercher dans les recoins de la maison. On pourra laisser la lumière électrique allumée. Avant de commencer on réunira les gens de la maison et on fera la bénédiction d’usage :  » Acher Kidechanou vetsivanou ‘al Biour ‘Hamets ». On devra vérifier la maison mais aussi la voiture, la cage d’escalier de l’immeuble, avec l’aide du voisinage, les armoires électriques/eaux car il arrive que les enfants y stockent des confiseries au cours de l’année, la cave etc… Ceux qui possèdent une maison secondaire ou un bureau/boutique devront AUSSI effectuer une recherche du ‘Hamets après la fin de la vérification principale sans faire d’interruption. Dans le cas où l’endroit est éloigné on devra procéder à sa vérification avant ce jeudi. Autre possibilité : on fera la vente du ‘Hamets auprès d’un rav. Après avoir trouvé le dernier morceau de pain on a l’habitude de placer avant la vérification 10 petits morceaux de pains, chacun moins de cazaït/30 gr. On opérera l’annulation orale du ‘Hamets qui pourrait encore se trouver dans notre domaine en disant : « Que tout ‘Hamets ou levain que je n’ai pas vu soit annulé et considéré comme de la poussière de la terre sans propriété  » Le lendemain on brulera le ‘Hamets. Chabbath matin, on fera attention de ne plus manger du ‘Hamets après la 4ème heure soit vers 10 heures en Erets et on aura jusque vers 11 heures pour jeter hors de sa maison, dans les toilettes le reste de ‘Hamets qu’on a pu garder. On réitérera alors l’annulation en rajoutant : « Tout ‘Hamets et levain que je n’ai vu soit considéré comme de la poussière de la terre ». On fera attention d’attendre la sortie du Chabbath pour commencer les préparatifs du Séder.

Chabbat Chalom et ‘Hag Pessa’h Cacher et Saméa’h pour tous les Rabanim, Avrékhim, Ba’houré Yechivoth et toutes les familles du Clall Israël. Qu’on ait le mérite de manger des Korbanoth (sacrifices) à Jérusalem reconstruite !

David Gold – Sofer écriture ashkénaze et écriture sépharade

Prendre contact au 00 972 55 677 87 47 ou à l’adresse mail 9094412g@gmail.com

Une bénédiction de réussite à Chmouel Avraham / Samuel Ben Simha (famille Cohen-Paris) de santé dans l’étude de la Tora et un bon Zivoug.

Une bénédiction aussi à Daniel Zana (Paris/Londres) et à ses enfants.

Une Réfoua Chléma à Barouh Moché Ben Miriam parmi les malades du Clall Israël

 Léilouï Nichmat Yaacov Leib Ben Avraham Natté Haréni Kapparat Michkavo

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