Quelles conséquences pour la France et pour nous ?

Quelles conséquences pour la France et pour nous ?

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Le système français est-il vraiment plus stable que le système israélien ? La preuve que non. Nous pouvons recenser 17 tendances ou partis, si nous entrons dans le détail des groupes qui ne sont pas monolithiques. Il y a un émiettement du pouvoir, qui va s’accroitre avec les ambitions des uns et des autres (E. Phillipe, Marine Le Pen, E Ciotti..) en vue des présidentielles de 2027 qui vont pourrir ce quinquennat.

Les futurs prétendants devront se démarquer d’un homme qui est rejeté, pour ne pas dire haïs par les trois-quarts des Français. La France sera ingouvernable, quoi qu’on en dise et quoi qu’on fasse, alors que nous sommes entrés dans une grave crise économique, financière, sociale et maintenant politique.

En février nous avions dit que Macron ne serait pas réélu, parce que l’on espérait en vain un candidat autre que Le Pen qui ne ferait pas réélire Macron. Le parti LR a choisi Valery Pécresse au détriment de Ciotti, ça a été une énorme erreur. Il était le seul capable de siphonner le RN et de battre Macron. Le politiquement correct s’est opposé à cette option. Moralité, cette élite de censeurs a été vomie et la France a voté pour les extrêmes de gauche comme de droite, voire même en s’alliant pour battre Macron et n’entend plus se voir imposer des choix qui nient la réalité du terrain. Cela donne des choses assez cocasses où des femmes de ménage sont élues au détriment de députés expérimentés comme Manuel Valls. Une partie des élus qui vont composer l’Assemblée nationale sont des personnes sans aucune expérience et nous avons vu quelques florilèges.

Pour ce qui nous concerne, notre brave CRIF qui lui ne connait rien de la démocratie, va devoir se dire respectueux de la République tout en continuant à mettre au ban de son respect le RN avec ses 90 députés et les Nupes avec 133 députés. En faisant le jeu de Macron, et en se précipitant à déclarer antisémite le candidat Zemmour, alors qu’eux-mêmes ne connaissent pas le chemin de la synagogue, ils ont participé à la victoire éclatante de Marine Le Pen.

Mais quelque part c’est une victoire de la démocratie, puisque contrairement à ce qui s’était passé en 2017, la France réelle est plus ou moins représentée à l’assemblée nationale. L’élite sera sommée de se taire, elle qui a passé son temps à nous expliquer que ce que nous ressentions était le fruit de notre peur, ou de notre imagination.

En ce qui nous concerne, le pouvoir en place, devra faire des concessions à la Nupes ou au RN, qui sont deux mâchoires qui ne nous veulent pas que du bien.

Législatives : comment la vie parlementaire va être totalement chamboulée

Emmanuel Macron a perdu sa majorité absolue à l’Assemblée nationale : selon les projections de sièges du deuxième tour des législatives, fournies par Ipsos Sopra-Steria ce dimanche 19 juin, Ensemble ! cumule 245 sièges. La Nupes, portée par Jean-Luc Mélenchon, remporte 131 sièges et devient la première force d’opposition. Le Rassemblement national revient en force dans l’hémicycle.
Le nouveau visage de l’Assemblée nationale s’est affiché à 20 heures ce dimanche 19 juin 2022. Et il a changé par rapport à celui de la précédente législature. Selon les résultats du ministère de l’Intérieur, les macronistes et leurs alliés perdent leur majorité absolue. Un camouflet pour la majorité, qui va devoir nouer des alliances pour gouverner.
Dans le détail, au sein de la coalition Ensemble !, 170 députés sont issus de Renaissance (ex-LREM), 46 du MoDem, 26 d’Horizons, et trois du Parti radical.
Deuxième force politique de l’Assemblée nationale, la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes) obtient 133 sièges. La France insoumise, à l’initiative de ce regroupement des gauches, représente le plus gros contingent de députés (72). Vingt-six sièges échoient à des membres de PS, 23 à des élus Europe Écologie-Les Verts et 12 au Parti communiste.

Percée historique du RN, la droite limite la casse

Troisième de ce scrutin, le Rassemblement national fait une percée spectaculaire à la chambre basse du Parlement. Le parti d’extrême droite est parvenu à faire élire 89 députés, trois fois plus que le précédent record décroché en 1986 par le Front national au scrutin proportionnel. Emmanuelle Ménard, réélue dans la 6e circonscription de l’Hérault sous l’étiquette « extrême droite », devrait également siéger dans le futur groupe parlementaire.
La droite obtient, quant à elle, 64 sièges dans la nouvelle Assemblée. Les Républicains sont parvenus à faire élire 61 députés et son allié de l’UDI, trois. Lors de la précédente mandature, la droite comptait une centaine de sièges. Les élus sous l’étiquette « divers droite » obtiennent neuf sièges et les divers gauche 15. Dix sièges reviennent à des députés régionalistes.

Au-delà des groupes qui sont loi d’être monolithiques, il y a un émiettement du pouvoir, avec des ambitions pour 2027, qui obligeront à une démarcation par rapport à Emmanuel Macron. La France sera ingouvernable, quoi qu’on en dise et quoi qu’on fasse.

Quelles conséquences pour la vie parlementaire ? Deux spécialistes nous répondent.

Comment cette nouvelle répartition va définitivement bouleverser le fonctionnement de l’Assemblée nationale pour les cinq années à venir ? Éléments de réponse avec deux spécialistes, Éric Revel, chroniqueur politique et directeur de publication de la revue spécialisée L’Hémicycle et Tâm Tran Huy, journaliste politique et parlementaire à Public Sénat.

Pour la majorité, le casse-tête d’une gouvernance sans majorité absolue

En 2017, ils étaient 314 députés marcheurs, LREM et Modem. Emmanuel Macron et le gouvernement disposaient alors d’une très confortable majorité absolue à l’Assemblée nationale, puisqu’il faut au moins 289 députés.
Ce dimanche, après le second tour des élections législatives, la majorité à l’Assemblée, les résultats donnent 245 sièges à Emmanuel Macron et sa majorité. Il lui faudra donc trouver 44 voix de plus dans les oppositions pour faire passer ses projets de loi.
« C’est un séisme au niveau institutionnel », réagit Tâm Tran Huy, qui note une « première » dans la Ve République : voir un président élu perdre, quelques semaines plus tard, sa majorité. « D’habitude, les législatives venaient enregistrer la majorité lors de la présidentielle. C’est un total changement de paradigme. Ça change beaucoup de choses dans la façon dont il va devoir gouverner et négocier les réformes. La retraite à 65 ans, ça paraît très compliqué », avance-t-elle. « C’est le grand retour du parlementarisme à mon avis, les députés vont rejouer un rôle important. Il y aura sans doute des majorités de circonstance en fonction des projets », analyse Éric Revel.
Plus de négociation, moins de décisions « jupitériennes » ? « Il va être obligé de composer avec toutes les bonnes volontés », acquiesce la journaliste. Le groupe LR, par exemple, pourrait nouer une alliance avec la majorité pour faire voter des lois. Ce que les Républicains doivent encore accepter. Mais avec des résultats à 61 sièges, cela pourrait ne pas être suffisant. La majorité pourrait alors chercher à s’allier avec la Nupes ou l’extrême droite. « Ce qui m’interpelle, si LR n’est pas suffisant, c’est qu’ils vont devoir composer avec deux forces considérées comme des extrêmes à rejeter depuis le début de la campagne », analyse-t-elle.

L’arme du 49.3

Le 49.3 permet à un gouvernement de faire passer un projet de loi sans laisser aux députés la possibilité d’en débattre. Les députés peuvent alors voter une motion de censure contre le gouvernement s’ils n’acceptent pas cette décision. L’opposition peut ainsi faire tomber le gouvernement.
Selon vous, un ministre qui perd aux législatives doit-il être poussé à la démission ?
Débattez !
« Le 49.3 n’est justement pas une solution car vous ne pouvez l’utiliser qu’une fois par session », pointe Éric Revel. En effet, depuis la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, l’article 49.3 ne peut être utilisé qu’une fois par session, hors projet de loi de finances.
Et il s’accompagne d’un risque politique. « Je pense que le recours au 49.3 quand on a un RN aussi fort, une Nupes aussi forte, c’est très très dangereux. Si vous commencez à imposer les réformes, vous pouvez faire face à une grande radicalité dans la rue, des choses qu’on a pu avoir avec les Gilets jaunes par exemple »,estime Tâm Tran Huy.

La perspective plus que plausible d’une dissolution de l’Assemblée

Depuis le début de la Ve République, cinq dissolutions ont eu lieu, dont la dernière, en 1997, s’est soldée par une lourde défaite pour Jacques Chirac, obligé de mettre en place une cohabitation. Emmanuel Macron va-t-il faire ce choix ? « C’est la première chose qu’on s’est dite quand on a vu les résultats : il va devoir dissoudre », raconte Tâm Tran Huy.
Emmanuel Macron et le gouvernement doivent trouver un mode de fonctionnement avec cette nouvelle Assemblée si morcelée : « Il faut qu’il voie s’il arrive à fonctionner de manière diamétralement opposée à ce qu’il a fait pendant le précédent quinquennat. ». Une nouvelle méthode encore difficile à imaginer. « Soit on arrive à basculer sur un nouveau système politique, avec de vrais systèmes d’alliance qui ne font pas partie de notre système, soit ça ne marche pas et il va falloir dissoudre. »
S’il prend cette décision, le Président peut le faire dès maintenant juste après le second tour des élections législatives. Pour Éric Revel, la dissolution fait sans aucun doute partie des solutions envisagées par Emmanuel Macron. Dans l’année à venir, Emmanuel Macron devra alors s’employer à « faire la démonstration que c’est ingouvernable ». En revanche, si Emmanuel Macron use de cette arme présidentielle, l’article 12 de la Constitution interdit formellement au président de dissoudre l’Assemblée nationale dans l’année qui suit une première dissolution.

La Nupes face à la difficulté de fonctionner en coalition

La Nupes remporte 131 sièges à l’Assemblée nationale, selon les nuances du ministère de l’Intérieur. Une grande victoire pour Jean-Luc Mélenchon, qui a conduit cette union des gauches. Le leader Insoumis a toutefois rappelé pendant la campagne que chaque sensibilité politique constituerait son propre groupe à l’Assemblée : sous l’étiquette d’un inter-groupe Nupes, les groupes PS, EELV, communistes, Insoumis seront toujours bel et bien là, dans la limite des 15 députés nécessaires pour former un groupe. « On sait que chacun va reprendre un peu son indépendance », estime Éric Revel. Tout en ayant intérêt à suivre la dynamique de La France insoumise, à l’origine de la coalition.
Une alliance assez inédite, dont les moindres désaccords seront observés de près. « C’est une constellation qui, sur n’importe quel vote, peut voler en éclats », rappelle Éric Revel. « Imaginez un projet de loi sur le nucléaire entre les communistes qui sont pour, et les écologistes et Insoumis qui sont foncièrement contre. »
Pour Tâm Tran Huy, si la Nupes continue sur la droite ligne de La France insoumise, les débats de cette législature pourraient être animés : « On a vu le bruit que parvenait à faire LFI en ayant moins de 20 députés. Ça risque d’être très enflammé comme débats, avec beaucoup plus de place pour la contestation. »

Insoumise ou pas : la bataille pour la commission des Finances

La règle veut que l’opposition prenne la présidence de la commission des Finances. Et la règle tacite, pratiquée à l’Assemblée, c’est que ce poste revienne à la première des oppositions, en nombre de sièges.
Cette commission est chargée du contrôle du budget de l’État grâce aux pouvoirs d’investigation dont disposent ses rapporteurs spéciaux, mais également des examens de la loi de finances. Bref, un poste de pouvoir, que la majorité n’a pas très envie de voir revenir à LFI.
Pour succéder à Éric Woerth, deux noms d’Insoumis circulent : le député Éric Cocquerel et la chercheuse Aurélie Trouvé. Mais rien n’est joué. « Il y a tout un débat, venant notamment de la majorité, sur le fait que la commission échoie à la première des oppositions. On entendait monter cette petite musique dans l’entre-deux-tours », note Tâm Tran Huy. Pour la journaliste, la majorité pourrait pousser la nomination d’une candidate ou d’un candidat « plus consensuel : tout le sujet pour Ensemble !, c’est de ne pas donner la présidence à LFI ».

Le retour massif du RN à l’Assemblée

C’est un retour surprise de l’extrême droite à l’Assemblée nationale. Entre 1986 et 1988, un groupe de 35 députés (32 Front National et 3 apparentés) était entré à l’Assemblée, dirigé par Jean-Marie Le Pen. Trente-six ans plus tard, c’est au tour de Marine Le Pen et de 88 autres députés de revenir en force dans l’hémicycle.

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Pour le RN, ce retour signe « une victoire de Marine Le Pen, qui avait été enterrée, avec tout ce qu’on avait dit sur elle », commente Éric Revel. « Elle démontre que sans proportionnelle, elle va avoir un nombre de députés que le RN n’avait jamais espéré ». Pour Marine Le Pen, c’est aussi l’occasion de préparer son entourage pour 2027, rappelait le JDD ce dimanche. « C’est une façon de mettre sous les projecteurs des gens qui crédibiliseront le Rassemblement national », estime Éric Revel.

À l’Assemblée, le Rassemblement national, qui se positionnait jusqu’à maintenant comme une opposition ferme et résolue, va-t-il changer de ton en passant de 7 à près de 100 sièges ? Pour Tâm Tran Huy, le changement du ton du Rassemblement national est déjà là : « Le RN veut déjà montrer qu’il peut être une opposition constructive. On voit très bien, quand on parle de la loi sur le pouvoir d’achat par exemple, qu’ils sont en train de changer leur système de fonctionnement, qu’ils sont prêts à voter des lois ».

Le risque d’une motion de censure

Dernière inquiétude à prendre en compte par le gouvernement : la possibilité d’être exposé à tout moment à une motion de censure, en cas d’alliance de groupes d’opposition. Sous la Ve République, l’Assemblée nationale a théoriquement droit « de vie ou de mort » sur le gouvernement, rappelle le site Vie-Publique.
« Je pense qu’on peut très facilement faire voter une motion de censure avec cette configuration d’Assemblée nationale », estime Tâm Tran Huy. Pour Éric Revel, c’est même une possibilité qui « doit terrifier le chef de l’État dimanche soir ». Depuis 1962 et le vote d’une motion de censure contre le gouvernement Pompidou, aucune autre motion de censure n’a atteint la majorité constitutionnelle.

JForum- Divers – Sud Ouest

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