Saint-Denis : l’obscure “école des imams” dans le viseur de la justice

Saint-Denis : l’obscure “école des imams” dans le viseur de la justice

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Une enquête préliminaire a été ouverte pour “abus de confiance” et “recel d’abus de confiance” contre l’Institut européen des sciences humaines qui forme les futurs imams et enseignants des écoles coraniques.

A Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), l’Institut européen des sciences humaines (IESH), forme les futurs imams et les enseignants des écoles coraniques, mais aussi de simples citoyens souhaitant apprendre l’arabe ou se rapprocher de l’islam. Environ 1 500 étudiants passent chaque année par cette « école des imams » qui bénéficie « d’une reconnaissance académique délivrée par le rectorat de Créteil ». Mais d’après une information du Parisien, les coulisses de cet établissement sont bien plus troubles. Une enquête préliminaire a été ouverte pour « abus de confiance » et « recel d’abus de confiance ».

Un doyen ancien président de l’UOIF, des élèves futurs djihadistes…

Des zones d’ombres existent en effet autour de l’organisme, dans le contenu de l’enseignement, mais également dans l’idéologie des fondateurs et professeurs ainsi que dans les sources de financement. L’IESH est aussi défavorablement connu des services de renseignement pour prôner un islam radical. Son doyen, le cheikh Ahmed Jaballah, est le symbole de cette ambivalence. S’il arbore un CV brillant et prône un islam apaisé, il est aussi l’ancien président de l’Union des organisations islamique de France (UOIF), devenue depuis Musulmans de France (MF)… une émanation des Frères musulmans ! D’autant plus que certains élèves passés par l’« école des imams » sont ensuite devenus des djihadistes, révèle Le Parisien, comme Reda Hame, recruté en Syrie pour frapper une salle de concert à Paris, ou encore Inès Madani, condamnée à 30 ans de réclusion pour avoir tenté de faire exploser une voiture près de Notre-Dame en septembre 2016. Une poignée d’autres étudiants est également partie combattre en Syrie.

Des financements douteux

 

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Les autorités se sont également intéressées aux financements suspects de l’IESH. Plusieurs transferts d’argent ont en effet été détectés entre les pays du Golfe, Koweït et Qatar, et l’établissement, explique le quotidien francilien. En août 2018, l’« école des imams » aurait ainsi reçu une donation de 750 000 euros de Qatar Charity. Puis 150 000 euros, en novembre 2019, du département des affaires islamique du Koweït, et 600 000 euros par un compte bancaire britannique ayant financé un centre musulman à Marseille. Si ce procédé n’est pas illégal, les enquêteurs cherchent à déterminer si le fonds de dotation n’aurait pas financé des projets donnant lieu à facturation, ce qui le serait. Les autorités cherchent également à savoir si certains de ces financements destinés à l’institut, n’auraient pas été détournés à des fins privées.

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