Saisir les occasions de Mitsvoth

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Saisir les occasions de Mitsvoth

Dans des situations où il est possible de se dispenser du service divin, lorsque l’homme a par exemple une raison d’éviter de prier en Miniyan, en raison de la peur ou d’une autre difficulté, et que malgré tout, il s’efforce d’accomplir toutes les Mitsvoth le mieux possible, il suscite ainsi un grand mérite dans le Ciel.

On raconte qu’une veille de Pessa’h, rabbi Lévi Yits’hak de Berditchev, après l’heure du biour ‘hamets (élimination du levain), chargea son bedeau de se rendre chez des non-Juifs pour leur demander s’ils avaient à vendre une eau-de-vie, interdite alors par l’empereur russe dans tout le pays. Le bedeau frappa aux portes des non-Juifs, qui lui répondirent tous qu’ils pouvaient lui vendre en secret une grande quantité de cet alcool.

Le rabbi transmit ensuite une grande somme d’argent à son bedeau, et le manda auprès des Juifs afin qu’ils lui vendent du ‘hamets (levain) en échange de cette somme. Le bedeau se rendit chez tous les Juifs, mais revint les mains vides : aucun d’entre eux ne possédait aucune trace de ‘hamets.

Lors du Roch Hachana qui suivit cet incident, le rabbi de Berditchev déclara :
« Maître du monde ! L’empereur a interdit l’importation d’une eau-de-vie dans le pays, et a posté à cet effet des milliers de policiers et d’inspecteurs, chargés de sanctionner les contrevenants. Or, en dépit de cette interdiction, j’ai constaté que cette boisson alcoolisée était largement disponible. D’un autre côté, Tu as inscrit dans la Tora qu’un Juif avait l’interdiction de posséder ne serait-ce qu’un kazayit de ‘hamets chez lui à Pessa’h, mais Tu n’as posté aucun policier ou surveillant chargé de rechercher et de punir les transgresseurs. Or, je n’ai trouvé, la veille de Pessa’h, aucune miette de ‘hamets chez aucun Juif. De ce fait, ne sont-ils pas dignes d’une bonne année pleine de douceur ?! »

Ce phénomène se retrouve également de nos jours. Généralement, les citoyens sont méticuleux sur l’application des lois du gouvernement uniquement par peur de la sanction, mais s’ils peuvent agir sans être découverts ni punis, ils ne seront pas pointilleux sur le respect de ces lois.

Même principe pour les lois de la religion chrétienne, musulmane ou autre : généralement, les fidèles de cette religion tiennent à appliquer les lois uniquement lorsqu’ils y sont contraints, mais lorsqu’ils ont une opportunité d’y échapper, ils ne cherchent pas à les accomplir à tout prix.

Les Juifs sont en revanche dotés d’une âme sainte, ils ont la faculté de s’élever pour accomplir les Mitsvoth, mus par un grand amour pour leur Père céleste. Ils s’efforcent à toux prix d’accomplir les Mitsvoth le mieux possible dans toutes les situations, même si, selon la stricte loi, ils pourraient trouver une raison d’en être dispensés.

Nos ancêtres se sont conduits de cette façon depuis plus de trois mille ans, depuis Avraham Avinou jusqu’à notre génération : ils se sont sacrifiés pour accomplir la Tora et les Mitsvoth dans toutes les circonstances. Même les gens du petit peuple, autrefois contraints de travailler laborieusement toute la journée pour subvenir à leurs besoins, se rendaient chaque jour à la synagogue pour prier chaque prière en Miniyane, écouter le Kaddich, la Kedoucha et Barekhou, et répondre Amen, sachant que grâce à cela, ils procuraient beaucoup de satisfaction à D’. Ils fixèrent des moments réguliers d’étude de la Tora, même dans les périodes les plus sombres de l’histoire. Un jour, un Juif originaire de Russie me raconta qu’il vivait dans un lieu où les communistes les contraignaient à travailler dès cinq heures du matin, et il était dangereux d’arriver en retard sur le lieu de travail. Il se levait à trois heures du matin afin de pouvoir étudier et prier avant de travailler.

Cette attitude était également prégnante pour les Mitsvoth du mois de Tichri : dans les lieux où les étroguim (cédrats) ou les chofaroth n’étaient pas disponibles, les Juifs s’évertuaient à rechercher ces objets, ne ménageant ni leurs forces ni leur argent, afin de pouvoir accomplir ces Mitsvoth. Ainsi, les Juifs parvinrent à pratiquer les commandements même dans des circonstances exceptionnelles, comme les Marranes en Espagne, les cantonistes en Russie et les prisonniers d’Auschwitz.

À ce sujet, on relate qu’un jour de Roch Hachana, avant la sonnerie du chofar, mon vénérable ancêtre, rabbi Chalom de Belz zatsal, s’assit sur son siège, son visage traduisant une profonde inquiétude. Il ne voulut pas commencer les sonneries du chofar pendant un bon moment. Soudain, il se leva, tout joyeux, et en sonna. Il relata par la suite qu’une grave accusation pesait dans le ciel contre le peuple juif, et eut le sentiment qu’il ne pouvait sonner du chofar tant que ce décret n’était pas annulé. Au même moment, un groupe de cantonistes kidnappés dans leur enfance pour servir dans l’armée du Tsar, s’étaient rassemblés pour prier ensemble à Roch Hachana. Ils étaient certes enfermés dans le camp militaire, mais décidèrent néanmoins de faire tout en leur pouvoir pour se procurer un chofar, et ils déployèrent d’intenses efforts pour en chercher dans le camp, jusqu’à ce qu’ils trouvent une corne dans laquelle il était difficile de sonner. L’un d’eux en sonna, alors qu’il savait à peine comment procéder. Grâce à ces sonneries pour lesquelles ils avaient déployé tant d’efforts, mus par leur amour de Hachem, ils procurèrent beaucoup de satisfaction à D’, et toutes les accusations à l’encontre du peuple juif furent levées. Ainsi, le rabbi de Belz fut en mesure de sonner du chofar.

Nous avons hérité de cette faculté de nos ancêtres, heureux de saisir toute occasion de réaliser une Mitsva. Nous le relevons tout particulièrement pour la Akéda (sacrifice) d’Its’hak. Avraham Avinou et Its’hak Avinou se réjouirent beaucoup de l’occasion de se sacrifier pour l’accomplissement des Mitsvoth divines, si bien qu’à la venue de l’ange annonçant qu’il ne devait pas lever la main sur Yits’hak, ils ne se réjouirent pas du tout d’être dispensés, bien au contraire. De ce fait, D’ orchestra les événements de sorte qu’un bouc se retrouve enchevêtré par ses cornes dans un buisson, afin qu’Avraham puisse au moins offrir un sacrifice à Hachem, et ne reparte pas déçu.

Un passage du Zohar sur la Paracha de Vayéra relève que Yichma’ël, fils d’Avraham, accomplit également la difficile Mitsva de la Brith Mila à l’âge de treize ans, et par ce mérite, ses descendants ont obtenu le droit de s’attaquer aux enfants d’Israël lors du dernier exil. Mais il agit uniquement par crainte de la punition, et accomplit uniquement ce que D’ lui prescrivit. Mais dans les autres domaines, sa conduite laissa à désirer au point qu’il fut chassé de chez lui. C’est le seul point en faveur des musulmans et des autres nations, qui par ailleurs, ne font aucun effort en faveur du Créateur comme les enfants d’Israël.

Nous relevons cette distinction dans les deux parachioth que nous lisons à Roch Hachana. Le premier jour, nous lisons la section de Yichma’ël, qualifié dans les versets de « fils de l’esclave». Sa mère et lui-même servirent tous deux D’ comme un esclave et une servante, uniquement par crainte. Le second jour, nous lisons la Paracha du sacrifice d’Its’hak, où nous remarquons comment ce dernier servit D’, poussé par l’amour d’un fils pour son père.

Nous pouvons ainsi explorer le sujet des sonneries du chofar. D’après nos Sages (Roch Hachana 16a), l’une des raisons pour lesquelles on sonne le chofar tient au fait de mentionner le bouc de Yits’hak dont les cornes s’étaient empêtrées dans un buisson. En effet, nous rappelons que nos saints ancêtres désiraient fortement accomplir les Mitsvoth par amour, au point que D’ envoya un bouc afin qu’ils puissent offrir un sacrifice. Cette attitude doit nous inspirer à suivre la trace de nos ancêtres pour saisir chaque Mitsva que nous rencontrons, ce qui nous confère de grands mérites, supérieurs à ceux des nations. Ainsi, nous pourrons échapper à l’emprise de nos ennemis et à tous les malheurs.

Que D’ vous accorde le privilège d’être inscrits et scellés pour une bonne année.

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