Le sauvetage des cimetières algériens – Le Consistoire : « Les Guedolim fixent la conduite à suivre »

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Rav 'Hayim Kanievski, ce Grand de la Tora, a publié une lettre en faveur de la sauvegarde des cimetières juifs d'Algérie, qui s'ajoute à celui de rav Steinemann, adressé au Président de la France.

Le projet de « regroupement » de plus d’une trentaine de « petits » cimetières en Algérie nous inquiète depuis de longs mois. Il a reçu voici quelques semaines un appui exceptionnel et remarquable en faveur de leur sauvegarde par la lettre personnelle que le Gadol de la génération, le rav Arié Lév Steinemann, a destinée au Président de la République, M. Hollande, missive arrivée à son destinataire par voie diplomatique, qui a eu un très grand impact. Dans toutes les communautés juives du monde entier, diverses initiatives ont été prises à la suite de cette déclaration, dont une rencontre entre l’un des importants notables américains de la communauté juive et le ministre des Affaires Etrangères français, afin de lui faire savoir à quel point cette décision allait contre la conception de notre peuple, et le frappait en sa conviction.

Le rav Eliakim Schlésinger a également fait paraître une responsa, dans laquelle il témoignait du fait que les autorités rabbiniques les plus importantes de notre génération avaient fait savoir qu’en aucune manière il n’était possible de permettre l’exhumation de cimetières entiers. Les signataires étaient : rav ‘Hayim Kreizwirt d’Anvers, rav Padva de Londres, rav Ségal de Manchester, rav Moché Soloveichik de Zürich et rav Wozner, de Bené Brak – il est difficile d’imaginer un consensus plus large et plus astreignant.

En ce jour, vendredi veille de Chabbath Nitsavim, paraît dans le Yated Nééman une lettre signée par cet autre Gadol du peuple juif, le rav ‘Hayim Kanievsky.

On y lit : « Nous avons entendu qu’en Algérie, il est prévu de détruire des cimetières, que D’ nous en préserve. Il s’agit d’une décision allant contre la Halakha, et il n’y a en aucune manière possibilité de permettre une telle décision.

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« Il faut en conséquence tout entreprendre dans ce sujet important, afin d’empêcher qu’on en vienne à exhumer des cimetières juifs de leur emplacement. Toute personne en mesure d’agir contre cela doit le faire, en particulier la communauté de France, afin d’empêcher que l’on dérange les morts dans leur repos, que D’ nous en protège.

« Que tous ceux qui œuvrent dans ce but pour empêcher la profanation des tombes voient bénédiction et réussite dans ce qu’ils font !

« [Rabbi] ‘Hayim Kanievsky »

 

A la suite de ces interventions des plus hautes autorités de la communauté juive dans le monde entier, le Grand rabbin Gugenheim, Grand rabbin de Paris, et le président du Consistoire Central, Dr Yoël Mergui, ont fait paraitre la mise au point suivante :

« Du fait que ce sujet a pris à présent une dimension internationale, il devient clair et évident que toute décision à ce propos ne peut dépendre que des Grands de la génération. Le seul but du Consistoire est de veiller au respect des morts, et aucune autre information à ce propos n’est juste. »

Ils ont apporté les précisions suivantes :

« Voici déjà plusieurs années, nous avons été informés de l’état d’abandon de certains cimetières en Algérie. Nous avons pour mission d’assurer la sauvegarde et l’entretien des cimetières de ce pays, afin qu’ils restent en place à tout jamais.

« Après un voyage effectué dans le but d’inspecter l’état des lieux, nous avons pu établir une liste des cimetières, puis en avertir les familles.

« De plus, le Consistoire a obtenu de l’Etat français un engagement que rien ne serait fait sans l’accord des autorités religieuses et dans le respect le plus stricte de la Halakha. »

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Avec cela, donc, le sujet semble clos : l’unanimité s’est faite quant à la conduite à suivre avec ces « petits » cimetières, qui doivent donc être laissés sur place, décision que la France s’est engagée à suivre.

Citons ici encore ce qui a été rapporté à l’égard du Grand rabbin de France, le rav Yossef ‘Hayim Sitruk zatsal lors des hespédim : il a été amené, en son temps, à se rendre en Egypte pour défendre l’intégrité d’un cimetière que les autorités voulaient détruire afin de permettre le passage d’une route. La situation était désespérée, et on lui a demandé d’intervenir auprès de l’ingénieur responsable du projet. Il lui a dit cette phrase définitive : « Les morts n’oublieront jamais ce que vous avez fait pour eux… » Et il eut gain de cause ! Ce cimetière a été épargné.

 

2 Commentaires

  1. Chavoua tov à tous

    Longue vie à nos rabbanim d’Israel, [qui ont vu important] de peser de leur stature pour ce dossier.
    Le Grand rabbin de France devrait demander une audience aux autorités en charge de ce dossier et faire connaitre notre point de vue – après tout le décret pris est français et non algérien.
    Grande satisfaction, la brakha donnée par le rav à ceux qui œuvrent dans ce dossier, on prend un peu de cette berakha avant Roch hachana.
    Chana tova à tous les Juifs du monde entier.

    • C’est en effet leur intervention qui a permis d’entraîner ce changement. Mais ce n’est pas surprenant pour qui sait à quel point ils sont sensibles à tout ce qui se passe dans le peuple juif, et au courant des nombreux problèmes qui se posent – là, c’est de 1000 methé mitsva (Juifs dont les corps étaient en danger) qu’il s’agit, et, selon notre compréhension, 9000 autres qui reposaient dans les cimetières menacés et qui risquaient d’être exposés à la profanation la plus grave, leurs restes funéraires dérangés et jetés à tout venant, que l’Eternel nous protège d’un tel sort !
      Kountrass remercie ici tous ses lecteurs qui ont su faire preuve de patience, même si nous avons été amenés à répéter à de nombreuses reprises les éléments de ce dossier – mais c’est ainsi que l’on peut parvenir à un tel résultat. Que la berakha des Guedolim repose sur nous tous !

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