Le second tour des élections municipales

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Le second tour des élections municipales aura lieu ce mardi, en après-midi (13 h – 22 h), et ne sera pas un jour chômé. En vérité, c’est surtout à Jérusalem et à Tsfat que ce second tour est important, et intéresse au plus haut point le public religieux.

Tsfat : le rav Gelbach est arrivé à ce second tout, ce qui est déjà un grand succès. Va-t-il parvenir à devenir maire de cette importante ville ? La question se pose, et dépend évidemment du public, qui, de nos jours, est très souvent très laïque, aux côtés d’une implantation de plus en plus importante de familles orthodoxes venant de toutes parts et appartenant à de nombreuses communautés.

A suivre.

Jérusalem : là, dès le départ, le jeu n’a pas été de tout repos ! Le candidat orthodoxe, rav Yossi Deutsch, a été choisi comme option préférentielle par le monde ‘hassidique et l’Agoudath Israël, duquel il émane, mais la direction de Déguel haTora a donné la préférence à Moché Léon (né en 1961, père originaire de Salonique, mère du Yémen, a derrière lui une carrière politique importante), un homme religieux bien que pas orthodoxe.

Cette division a permis de mettre en relief au passage les clivages du monde orthodoxe à Jérusalem (et, par extension, dans tout le pays ) : contrairement à ce que l’Agoudath Israël aimait croire, le monde des Yechivoth a tellement grandi que l’équilibre des forces a totalement changé, passant de 66% pour l’Agouda et 33% pour Déguel (avec les incidences qu’une telle idée peut avoir sur le terrain), au contraire, à 2/3 pour Déguel et 1/3 pour l’Agoudath Israël !

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Il semble que les raisons des rabbanim – les Grands actuels du peuple juif – de donner la préférence à Léon émane du fait qu’ils ne croyaient pas que Yossi Deutsch puisse attirer le public non religieux de la ville, et ainsi ce choix risquait d’amener à un très grand échec. Cela était risqué, puisqu’en lançant Léon, le groupe orthodoxe pouvait rater le coche et permettre à Ofer Berkovitch de devenir maire, mais cela n’a pas été le cas. Bien visé !

Quant à Berkovitch, les anciens de Jérusalem se souviennent encore de son grand-père et de son grand oncle, des Juifs bien liés au vieux Yichouv, vendant des ballons de gaz à dos d’âne dans les rues de Gueoula…

Mais cette image bucolique n’a pas le droit de cacher la réalité : Berkovitch est un jeune anti-pratiquant qui risque de renverser la tendance à Jérusalem, et de la faire passer d’une ville où la vie religieuse est à peu près respectée sur la place publique (bien que Barkat ait pas mal fait changer cela) à une ville s’inspirant de Tel Aviv !

Berkovitch a, par exemple, à son actif une demande face à la Cour suprême de permettre l’ouverture d’un ensemble de cinémas le Chabbath, contrairement à la décision de la municipalité de Jérusalem.

Le charmant Berkovitch est l’un des piliers fondateurs ayant permis la présence et l’activité du Kéren ha’hadacha le-Israël dans le pays : c’est un organisme qui vise à transformer la vie juive dans le pays et à y permettre une libéralisation totale, sans oublier les appuis de ce groupe redoutable en faveur des Palestiniens et des migrants de toutes origines.

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Les responsables orthodoxes mettent très fortement en garde contre tout appui en sa faveur, ce qui revient à renforcer la déjudaïsation de Jérusalem, voire de l’abstention, qui aidera tout autant ce personnage !

Le ‘Hakham Cohen, chef de file de Shass, a appelé Berkovitch à se retirer de la partie, ce qu’il ne fera pas, évidemment, mais ceci montre à quel point Shass aussi lutte contre cette possibilité.

Rendez-vous mardi !

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