Une stèle érigée à Malte à la mémoire de rabbi Abraham Aboulafia

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Grâce aux efforts de la communauté locale de l’île de Malte et du rav Gabay de l’organisation Ohalé Tzadikim de Jérusalem, la sépulture du grand maître du Moyen Age rabbi Abraham Aboulafia, fondateur de la kabbale prophétique, a pu être localisée. Une stèle en son souvenir a été installée dans l’ancien cimetière qui a lui-même été remis en état après des décennies d’abandon.

Rabbi Abraham Aboulafia est disparu aux environs de 1291. Il avait passé ses dernières années sur la petite île de Comino proche de Malte, dans un isolement ascétique consacré à l’étude et à la prière. Il s’y était réfugié vers 1285 après avoir dû quitté la Sicile où les édiles communautaires locales, indisposées par son zèle pour la Rédemption, avait fait intervenir les autorités halakhiques du temps pour mettre fin à ses activités. Les controverses qu’il a suscité tout au long de sa vie expliquent que son œuvre n’est pas été inclue dans le corpus principal de la tradition kabbalistique, et n’ait survécu pendant des siècles que sous forme manuscrite.

Notablement, en 1280 il s’était mis en route pour Rome pour obtenir le repentir du Pape Nicolas III la veille de Rosh Hachana 5041. A cette nouvelle, le pape avait ordonné de brûler le « fanatique » dès son arrivée à Suriano où se trouvait alors le pontife. Inébranlé, Aboulafia atteignit Suriano le 22 août, où il apprit à son arrivé que le pape était décédé d’une attaque cérébrale la nuit précédente.

Né à Saragosse en 1240, Abraham Aboulafia a grandi à Tudèle en Navarre, où il a d’abord étudié la Tora auprès de son père Samuel. En 1260, il se met en route pour Erets Israël, mais le chaos qui y règne à cause des croisades ne lui permet pas d’aller plus loin qu’Akko. Contraint de retourner en Europe, il passe plusieurs années à Capoue, où il étudie sous la férule du philosophe et médecin Hillel de Vérone, notamment le Guide des Egarés de Maïmonide.

De retour en Espagne, à Barcelone, il commence à enseigner sa propre doctrine, surnommée ultérieurement « kabbale prophétique ». Son plus important disciple fut Yossef Gikatilia, qui lui resta toujours fidèle. Yossef Gikatilia publia par la suite une œuvre qui devint classique dans les cercles kabbalistique, et fut un membre très actif du milieu qui publia et diffusa le Zohar.

Après des siècles d’ignorance, à l’image de son tombeau, son œuvre est redécouverte. Elle fait aujourd’hui en Israël l’objet d’une publication intégrale, et est étudiée dans certains cénacles avec passion. Selon ses zélateurs, rabbi Abraham Aboulafia nous apprend à modifier radicalement notre perspective. Au lieu de parler de D’, philosophiquement ou même « kabbalistiquement » (ce qui n’est peut-être rien d’autre que l’expression d’un fantasme de maîtrise imaginaire légèrement délirant), il s’agit de parler à D’, et de se mettre à l’écoute de Ses réponses.

Le rav Arié Kaplan a consacré un ouvrage (critiqué) à la kabbale selon ce maître (Méditation juive, guide pratique, éd. Genève, et La Méditation et la Bible).

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