Donald Trump, président !

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Par Mordekhaï Goldman, Hamevasser

…Plus de 50 députés du Parti Démocratique ont fait savoir qu’ils ne seraient pas présents lors de la séance, quantité qui risque finalement d’être encore plus importante. A Washington ont été organisées des manifestations et des défilés de protestation contre Tryump, réunissant des centaines de milliers de manifestants.
Si par le passé la cérémonie d’intronisation d’un nouveau président était un moment national auquel participaient les membres émanant des deux grands partis, cela s’est passé autrement cette fois-ci. Trump accède au pouvoir avec un pourcentage des plus faibles connus pour un président à ses débuts, 40% de voix. Autrement dit, la majorité des Américains est contre le président qui a été choisi. Obama a commencé avec 84% – et quitte son poste avec un appui important dans le peuple américain.
Aux Etats Unis, on peut entendre dire que Trump est un président illégitime, et certains contestent son pouvoir. Cela ne s’est pas passé par hasard : les médias américains ont œuvré pour détruire sa légitimité (tiens, on connait cela ailleurs aussi !). Ces dernières semaines en particulier, on n’a pas cessé de faire courir le bruit que Trump n’est parvenu à ce poste que grâce à une aide russe par derrière. Ainsi donc, Trump serait un élément étranger.
Ce qui a augmenté ce sentiment est le fait qu’Obama a refoulé des diplomates russes du pays. Trump n’a pas aucun effort pour prouver qu’il est digne de confiance : au lieu de se taire jusqu’à ce qu’il prenne le pouvoir, il s’est transformé en terreur pour la Bourse. Chaque grande société à laquelle il s’en est pris a vu ses actions réduites en poussière. Il a continué à se bagarrer avec des journalistes de manière personnelle, négligeant de conserver une apparence présidentielle, comme il aurait du le faire.
C’est exactement la raison de l’absence de Netaniahou en ce jour, bien qu’on lui ait proposé une place d’honneur pour la cérémonie et bien qu’il soit le dernier à négliger une occasion de voyager aux Etats Unis. Les pourcentages d’appui à Trump représentent un danger : Netaniahou emprunte pour l’instant une conduite de prudence. Nombreux parmi les opposants à Trump sont des amis d’Israël. De ce fait, pour Netaniahou, se montrer tellement proche et se présenter comme faisant partie du groupe l’intronisant est une conduite dangereuse.
Aux Etats Unis, on peut trouver également nombre d’antisémites qui sont très mécontents de l’appui que Trump promet à Israël. Une photo de Netaniahou présent durant cette cérémonie au balcon d’honneur eut été plus que mauvaise pour nous. Il y a des moments où il vaut mieux être absent, et Netaniahou a compris que c’était le cas durant ce dernier vendredi.
En Israël, le plaisir de voir Trump accéder au pouvoir est une donnée évidente. Pour Netaniahou, ce vendredi est le premier jour durant sa dernière cadence, sur les huit dernières années, pendant lequel il peut se reposer sur le canapé sans craindre qu’on vienne l’informer d’une nouvelle initiative à l’ONU. Quand une personne telle que Trump est là pour garder la porte, Netaniahou peut effectivement se permettre un peu de détente. Mais ce dernier, qui en a déjà vu beaucoup, sait pertinemment que les rêves sont toujours plus doux que la réalité.
Trump a nommé son gendre comme responsable du dossier paix au Moyen Orient. Si Kushner l’a demandé, c’est qu’il pense lui donner un sens. On entendra beaucoup ce nom retentir dans un proche avenir. Kushner a suffisamment d’ambition pour ne pas vouloir remplir totalement le rôle qui lui est imparti et arriver à imprimer son nom sur le déroulement de l’histoire des peuples.
Aucun doute que le nouveau gouvernement américain a de quoi dire à cet égard. Il ne cessera pas de tenter d’ériger un Etat palestinien. Le ministre de la Défense et le secrétaire d’Etat ont déjà déclaré que l’Amérique ne changera pas sa position par rapport à Israël. Autrement dit : la nature des positions de ce pays ne changera pas, mais la différence essentielle sera dans la conduite, au contraire du gouvernement Obama qui n’a fait que s’écarter d’Israël et de faire oublier les relations spécifiques entre ces pays, au profit d’une meilleure proximité avec les pays arabes, Trump arrive d’un autre point de départ, celui d’une grande sympathie pour Israël. Mais, en fin de compte, tous visent à arriver au même résultat : forcer les Israéliens et les Palestiniens à signer des accords définitifs. C’est au niveau de la méthode que les deux divergent.
En face de cela, quand on parlait à Netaniahou d’Obama, il n’hésitait pas à se retrouver à la Maison Blanche et à le critiquer face au monde entier, et les Palestiniens ne se gênaient pas de téléphoner aux proches d’Obama pour les menacer et pour obtenir des résultats grâce à cela. Cela va changer : les deux partis en présence redoutent tout autant Trump l’un que l’autre…

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