Vers l’investiture du gouvernement anti Netanyahou en Israël, dimanche

0
93

Vote crucial à la Knesset ce dimanche. Le gouvernement issu de la coalition du changement, avec l’ultra-nationaliste Naftali Benett à sa tête durant deux ans, auquel succédera le centriste Yaïr Lapid, doit obtenir la confiance. Mais cette coalition qui devrait donc évincer Bibi Netanyahou après douze ans de règne, ne dispose que d’une voix de majorité.

Le suspense. Voire la violence. Israël suspend son souffle avant le vote d’investiture, ce dimanche, à la Knesset, d’un nouveau Premier ministre issu de l’opposition. Un moment historique, puisqu’il mettrait fin à douze ans de mandat de Benjamin Netanyahou à la tête du gouvernement, un record.

Sur le papier, la « coalition du changement » formée par Yaïr Lapid le chef de l’opposition et d’un parti centriste, Yesh Atid, quelques minutes avant l’échéance du 1er juin à minuit fixée par le chef de l’Etat, dispose du nombre de députés, 61 sur 120, nécessaire pour obtenir le vote de confiance. Mais une surprise est toujours possible, puisque « Bibi » Netanayahou multiplie les manoeuvres pour faire échouer la tentative de le renverser en « retournant » quelques députés. Un seul suffirait. La coalition issue des législatives du 23 mars est en effet particulièrement hétéroclite, donc fragile puisqu’elle compte rien moins que huit partis : deux de gauche (13 députés au total), deux du centre, dont (25 députés, dont 17 pour Yesh Atid) et trois de droite (20 députés), plus un parti islamiste.

Une coalition fragile

Surtout, pour obtenir le seuil fatidique de 61 députés, elle rassemble un parti ultra nationaliste, Yamina (7 députés), dirigé par Naftali Benett, et un parti islamiste modéré, Ra’am (4 députés). Ce dernier, qui prétend représenter les Israéliens d’origine palestinienne, soit 20 % de la population, a donc une doctrine aux antipodes de celles de Yamina. C’est aussi la première fois qu’un parti islamiste signe un accord de coalition gouvernemental, de surcroît dans un contexte de tension interreligieuse illustrée par des émeutes à Lod entre Israéliens juifs et arabes suite à la guerre qui a opposé pendant douze jours en mai Israël au Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

Mai Ra’am a mis de côté ses revendications nationales et négocié un soutien budgétaire de 30 milliards de shekels (7,5 milliards d’euros) sur les 5 ans à venir pour les Arabes israéliens. De son côté, Yamina a dû renoncer au projet d’annexion d’une partie de la Cisjordanie. Cette alliance est « inacceptable » pour une grande partie de l’électorat de Bennett.

Cette coalition du changement s’est fédérée sur un seul objectif : débarquer Bibi Netanyahou, accusé d’avoir contribué à un durcissement sans précédent du climat politique et inculpé pour corruption, fraudes et abus de bien social. Les parties prenantes sont divisées sur la colonisation, ou la question sensible de la relation entre Etat et religion.

LIRE  Belgique –Charleroi : Nicole, menacée de mort car elle est juive!

…Une rotation à la tête du gouvernement est prévue : le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, en prendra la tête jusqu’en août 2023, avant de céder la place de Premier ministre à Yaïr Lapid jusqu’en 2025. D’ici là, Yaïr Lapid sera ministre des affaires étrangères et Premier ministre alternatif, disposant d’un droit de veto sur les décisions de son alter ego. Et réciproquement de 2023 à 2025. Si ce gouvernement tient jusque-là.

Bibi tire ses dernières cartouches

Benjamin Netanyahou, 71 ans, a multiplié les mises en garde, jusqu’à en inquiéter les services de sécurité et son propre ministre de la Défense. Il a ainsi soutenu l’organisation d’une ‘marche des drapeaux’ initialement prévue jeudi à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël. Le parcours à haut risque de cette parade, perçue comme une provocation par les Palestiniens, n’a pas été approuvé par la police qui craignait que cela relance la guerre avec le Hamas, ce qui aurait pu aussi faire éclater la coalition du changement… Le gouvernement israélien a autorisé mercredi soir la tenue de la marche le mardi 15 juin. Donc, après le vote d’investiture.

Yves Bourdillon

Aucun commentaires

Laisser un commentaire