Yithro, vu par le ‘Hafets ‘Hayim

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« Yithro, prêtre de Madian, beau-père de Moché, apprit tout ce que D’ avait fait pour Moché et pour Israël Son peuple, lorsque l’Éternel avait fait sortir Israël de l’Égypte » (Chemoth/Exode 18,1).

La question se pose : pourtant le monde entier a entendu alors ce qui se passait avec le peuple juif, comme le dit le verset (15,14-15) : « A cette nouvelle, les peuples s’inquiètent, un frisson s’empare des habitants de la Philistée. A leur tour ils tremblent, les chefs d’Édom ; les vaillants de Moav sont saisis de terreur, consternés, tous les habitants de Cana’an. »

Pourquoi sont-ils tous restés chez eux, sauf ce prêtre païen qu’était Yithro ?

Il faut dire que la grande qualité de Yithro était de chercher la vérité, et c’est ce qui l’a amené à rejoindre le peuple juif. Contrairement aux autres qui acceptaient de vivre dans ce mensonge qu’est le paganisme, et qu’eux-mêmes avaient fabriqué de leurs propres mains, Yithro, quand il constatait des défauts dans le système, l’abandonnait aussitôt – il avait été excommunié de chez eux de ce fait, comme le rapporte Rachi.

Cette capacité de recherche de la vérité, ainsi que l’abandon du mensonge lui ont permis, seulement à lui, d’accéder à la Tora et de se convertir. Les autres, bien qu’ils aient également eu connaissance des mêmes événements, n’étaient pas en mesure d’en faire de même.

On a rapporté au ‘Hafets ‘Hayim le fait qu’en son temps, s’était développé un grand mouvement d’intérêt pour le judaïsme parmi les non-juifs, les amenant à respecter le Chabbath et à rejeter le christianisme, malgré les immenses problèmes que cela pouvait leur poser. Dans un des villages, c’est l’ensemble des habitants qui a fait ce pas. On raconte qu’ils l’ont fait en particulier grâce à un verset (Tehilim/Psaumes 146,3) : « Ne placez pas votre confiance dans les grands, dans le fils d’Adam, impuissant à secourir. » Ce texte les laissa muets dans un premier temps, puis un grand débat éclata entre eux : ils y virent une forte critique envers leur foi précédente, un homme incapable de venir à son propre secours…

Le ‘Hafets ‘Hayim fut très marqué par cette anecdote : « Le fait de se pencher avec sérieux sur un mot de la Tora a le pouvoir d’éveiller le feu de la sainteté et de la foi pure, c’est vrai. Je n’ai pas de doute que chez ces gens, une quelconque lueur de judaïsme était déjà présente, peut-être du temps des cantonistes, ou peut-être avant. Autrement, leur éveil était incompréhensible… »

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