Yom Kippour

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Yom Kippour

D’apres le Sefath Emèth

La Michna nous enseigne que Yom Kippour ne peut racheter les fautes commises envers le prochain, tant que l’on n’a pas apaisé celui-ci. Car à Yom Kippour, le peuple d’Israël se trouve restauré dans son unité ainsi qu’il est écrit : « … et pour Lui l’un d’entre eux » , c’est-à dire Yom Kippour de même que ce jour unit tous les jours de l’année, de même en lui s’unissent toutes les personnes d’Israël. Car les êtres éprouvent une naturelle et profonde affinité ; seules nos fautes les rendent étrangers et opposés les uns aux autres. Certaines fautes entraînent la division entre les hommes, tout comme d’autres imposent une séparation entre l’homme et D. Ainsi qu’il est écrit : « Vos fautes séparaient entre vous et entre votre D. » Ce qui peut s’interpréter au mot à mot comme une séparation « entre vous » d’une part, et d’avec votre D. d’autre part.

Il revient alors à l’homme de remédier à ces deux séparations. Et lorsque l’on parle des fautes envers le prochain, il ne s’agit pas seulement de fautes tel que le vol, … et d’autres choses du même ordre, mais bien de tout ce qui a pu être cause de séparation entre l’homme et son semblable comme par exemple : « tu ne haïras pas ton frère », etc …

Et lorsqu’on précise que les fautes envers son frère ne seront pas expiées tant qu’on ne l’aura pas « apaisé » (« Yératsé » apaiser, de la racine de « Ratson » la volonté), cela signifie en d’autres termes qu’il s’agit d’en revenir à une situation où l’on « voudra » à nouveau aimer son prochain. Ainsi que disent nos Sages : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, c’est là un principe fondamental de la Tora. »

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Et à Yom Kippour, alors que s’effectue le rachat des fautes, le peuple d’Israël ne fait plus qu’un. C’est là la raison pour laquelle les secondes Tables de la Loi furent données à Yom Kippour. Car les fautes d’Israël avaient, en annulant l’unité originelle du peuple, entraîné la perte des fautes premières.

Et lorsque Moché redescendit du Mont Sinaï et rassembla (waYaqhél) le peuple, ils furent alors restaurés dans leur unité. Unité essentielle pour le maintien de la Tora, ainsi qu’il est dit : « Moché nous a fait commandement de la Tora, héritage de la communauté (Qéhilath, litt. rassemblement, de la même racine que waYaqhél) de Ya’aqov ». Et c’est à ce sujet que nos Sages ont établi l’amour d’autrui comme principe fondamental de la Tora…

Sefath Emèth

Commentaires de rabbi Yéhouda Arié Leib, fils de rabbi Avraham Mordekhaï, rabbi de Gour. Né en 5630 (1870), cinquième génération des rabbi ‘hassidiques issus de la lignée de Kotsk, connue pour sa quête intense de Tora et de vérité intérieure. Petit-fils du ‘Hidouché haRim, de la lignée de Gour, il fut son élève puis son successeur. Commentaire sur la Tora, le Sefath Emèth est réputé pour sa finesse et la vivacité de ses idées un autre commentaire du même nom, sur la Guémara, s’est imposé comme un classique de l’étude talmudique. Décédé en 5665 (1905).

Kountrass Magazine nº 6 – Elloul 5747 / Septembre 1987

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