Un moment historique : plaidoyer pour la fin définitive du régime iranien...

Un moment historique : plaidoyer pour la fin définitive du régime iranien et du Hamas

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Iran's supreme leader Ayatollah Ali Khamenei (R) meets with Palestinian Islamist movement Hamas leadres Khaled Meshaal (2nd R), Mussa Abu Marzuq (2nd L) and an unidentified man in Tehran on February 1, 2009. Meshaal ruled out any "permanent ceasefire" until Israel ends its crippling blockade of the Gaza Strip. AFP PHOTO/STR (Photo credit should read -/AFP via Getty Images)
Majid Rafizadeh – Gatestone
Ce qui s’est passé ces dernières semaines est tout simplement historique. Pendant des décennies, le régime iranien et ses alliés, dont le Hamas, ont agi en toute impunité. Pendant des décennies, les dirigeants iraniens ont étendu leur influence régionale, armé leurs milices supplétives, menacé leurs voisins et perfectionné sans cesse leurs programmes d’armement et de destruction massive.

Si divers pays ont imposé des sanctions et si Israël et les États-Unis ont parfois mené des ripostes militaires limitées, aucun effort d’envergure n’avait jamais été entrepris pour affaiblir fondamentalement le pouvoir politique et militaire profondément enraciné en Iran. Cette réalité a désormais radicalement changé.

Aujourd’hui, pour la première fois, le régime iranien et le Hamas ont tous deux connu des campagnes militaires directes et soutenues d’une ampleur qu’ils pensaient ne jamais voir se produire.

Des frappes aériennes stratégiques ont endommagé des installations iraniennes clés, des centres de commandement et des infrastructures militaires. Les réseaux de défense, les usines de production et de lancement de missiles ainsi que les bases militaires ont été ciblés, limitant considérablement la capacité de l’Iran à projeter sa puissance au-delà de ses frontières. De nombreux éléments de sa flotte ont également été touchés, réduisant sa capacité à menacer les voies maritimes internationales et la sécurité maritime régionale.

Ces développements constituent déjà un bouleversement majeur de l’équilibre stratégique au Moyen-Orient. Aucun président américain ni aucune coalition de pays n’avait jamais osé défier sérieusement le régime iranien ou ses alliés. Les infrastructures militaires que l’Iran et le Hamas ont mises des décennies à construire et à protéger sont désormais considérablement affaiblies. Leurs structures de commandement sont ébranlées et leur capacité à coordonner des attaques, perturbée. Ces développements démontrent que des acteurs malveillants, longtemps considérés comme intouchables, sont en réalité très vulnérables face à une pression soutenue et coordonnée.

Malgré ces progrès, le monde se trouve aujourd’hui à un tournant extrêmement dangereux. La question n’est plus de savoir si le régime iranien ou le Hamas peuvent être affaiblis – c’est manifestement possible. L’enjeu crucial est de savoir si nous nous contenterons d’affaiblir le régime iranien ou le Hamas, ou si nous nous efforcerons de faire en sorte qu’ils ne puissent plus jamais constituer une menace durable pour leurs voisins ou la sécurité mondiale. À l’heure actuelle, laisser ces régimes en place – les mollahs au pouvoir en Iran ou le Hamas à Gaza – est probablement l’option la plus dangereuse.

Les régimes autoritaires comme celui de l’Iran, et les groupes terroristes comme le Hamas, le Hezbollah, l’État islamique et les Talibans, renoncent rarement à leurs ambitions après un revers. Ils marquent plutôt une pause, se regroupent et se reconstruisent. Si le régime iranien parvient à surmonter cette crise et à retrouver sa stabilité, il consacrera très probablement ses ressources restantes à la réalisation de son objectif de longue date : l’arme nucléaire. De telles armes, entre les mains de l’Iran, bouleverseraient profondément le paysage stratégique du Moyen-Orient et offriraient au régime un puissant rempart contre toute future pression militaire.

Il serait naïf de croire que le régime iranien et le Hamas renonceront à leurs ambitions malgré les destructions qu’ils ont subies. Au contraire, les dirigeants de Téhéran concluront très probablement que leur plus grande erreur stratégique a été de ne pas se doter plus tôt de l’arme nucléaire. S’ils avaient disposé de la dissuasion nucléaire avant ce conflit, ils pourraient penser que les États-Unis et Israël n’auraient jamais osé lancer une telle campagne contre eux. Cette prise de conscience pourrait renforcer leur détermination à acquérir l’arme nucléaire à tout prix.

Plusieurs voies pourraient permettre au régime d’atteindre cet objectif. L’une d’elles est que l’Iran possède encore des stocks cachés d’uranium enrichi, voire des installations non divulguées capables de produire rapidement des matières nucléaires. Au fil des ans, le régime a fait preuve d’une habileté considérable pour dissimuler certains aspects de son programme nucléaire. Même si de nombreuses installations ont été détruites, la possibilité que des infrastructures clandestines subsistent ne peut être écartée.

Une autre possibilité réside dans la reconstruction rapide du programme nucléaire une fois le conflit apaisé. Si le régime survit et que la pression extérieure s’atténue, il pourrait discrètement reconstruire son infrastructure nucléaire dans des sites secrets. Les progrès technologiques, ainsi que les enseignements tirés des inspections internationales passées, pourraient lui permettre d’agir plus rapidement et avec plus de discrétion qu’auparavant.

Il existe également une possibilité d’aide extérieure. Les pays qui considèrent les États-Unis et leurs alliés comme des rivaux stratégiques pourraient avoir intérêt à préserver le régime iranien comme partenaire géopolitique. Des nations comme la Corée du Nord et le Pakistan possèdent déjà l’arme nucléaire et ont historiquement participé à des échanges de technologies militaires avec d’autres États. La Russie et la Chine, chacune poursuivant ses propres objectifs anti-américains, pourraient fournir une couverture politique, une assistance technologique et un soutien indirect permettant à l’Iran de reprendre son programme nucléaire. La Chine fournit déjà à l’Iran « presque tout, sauf des troupes » durant ce conflit, et à la Russie du matériel militaire pour sa guerre contre l’Ukraine.

Si l’on permet au régime iranien et au Hamas de se redresser, leur principal objectif stratégique deviendra probablement de se réarmer le plus rapidement possible, et nous serons de nouveau en guerre.

Pour l’Iran, une seule arme nucléaire peut raser une ville entière. Dans une région aussi densément peuplée et stratégiquement sensible que le Moyen-Orient, les conséquences seraient catastrophiques non seulement pour Israël, mais aussi pour ses voisins du Golfe. La simple possibilité d’un recours à l’arme nucléaire engendrerait une instabilité et une peur susceptibles de bouleverser l’équilibre géopolitique mondial.

Aujourd’hui, le paysage stratégique a radicalement changé. Les régimes sont affaiblis et leurs infrastructures militaires gravement endommagées. Cette situation marque un tournant historique. Les progrès accomplis par les États-Unis et Israël sont impressionnants. Interrompre ces efforts à mi-chemin ne ferait que permettre aux menaces de ressurgir dangereusement à l’avenir. L’histoire dira si ces deux opportunités ont été saisies ou laissées filer.

Majid Rafizadeh, docteur en sciences politiques et analyste diplômé de Harvard, est membre du comité de rédaction de la Harvard International Review. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la politique étrangère américaine.

JForum.fr avec gatestoneinstitute.org
Sur la photo : l’ayatollah Ali Khamenei, alors « Guide suprême » de l’Iran, rencontre les dirigeants du Hamas Khaled Mashaal (au centre) et Mussa Abu Marzuk (à gauche) à Téhéran, le 1er février 2009. (Photo AFP via Getty Images)

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