« A chaque génération se lèvent les nations contre nous… »

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Autour de la table de Chabbat n° 413 Vayichla’h

A chaque génération se lèvent les nations contre nous ;  et c’est Toi Hachem qui nous sauve (Haggada de Pessa’h)

Au début, la paracha décrit la rencontre entre Ya’akov et ‘Essav. Notre Patriarche revient de chez Lavan avec sa famille. A l’approche de la terre d’Israël, Essav vient à sa rencontre avec 400 hommes pour en découdre avec lui. Ya’akov a alors divisé son camp en deux pour préserver les femmes et enfants en se disant : « Si Essav attaque sur une partie (du campement), la deuxième survivra ». Et cette manière d’agir a éclairé au cours du temps la communauté juive dans son rapport fréquemment houleux avec l’Occident/Essav.

A ce sujet il est rapporté une anecdote très intéressante avec le rav « Hafets Haïm » (dans son livre sur la Tora, paracha Vaychla’h). L’année 1933 en Europe a marqué la montée du monstre nazi en Allemagne. La communauté juive était très inquiète et un Roch Yechiva est allé voir le Hafets Haïm pour prendre conseil. Il lui demanda si les déclarations du nouveau dirigeant nazi d’éradiquer de la surface de la terre le peuple juif devaient être prises au sérieux. Le Hafets Haïm (qui était très faible, dans la dernière année de sa vie) répondit : « Il ne réussira jamais ! Le Clall Israël est dispersé sur toute la surface de la terre. C’est un verset explicite :  » Si vient Essav sur un camp, le deuxième sera en sûreté« (notre Paracha). L’homme, comprenant le danger imminent, lui demanda quel serait le sort de la Pologne, là où vivait la majorité des communautés juives d’Europe Centrale. Le Hafets Haïm répondit par un verset du prophète Ovadia (1.17; c’est la Haftara de notre paracha) : « Et de la montagne de Tsion, il y aura sauvetage, et ce sera saint« . C’est-à-dire que l’endroit sûr sera Erets Israël (ndlr : même à notre époque tumultueuse, la bénédiction du prophète et du Tsadik continue). L’homme comprit que la situation était perdue en Europe et sortit de chez le saint homme avec les mains toutes tremblantes. Ce qui est intéressant de savoir, c’est que la première grande défaite des nazis sera justement aux portes d’Israël en 1942, en Égypte. Les forces anglaises ont mis en déroute l’armée de Rommel surnommée le « renard du désert » d’une manière miraculeuse. Alors que la volonté des allemands était claire : propager aussi la solution finale sur les communautés juives d’Erets Israël. D’ailleurs les Juifs en Erets étaient dans le plus grand désarroi devant l’arrivée des nazis… L’ancien Yichouv à Jérusalem faisait des prières continuelles dans les synagogues de Méa Chéarim, tandis qu’une fois, un groupe de Tsadikim s’était rendu sur la tombe du saint Or HaHaïm (Har Hazétim). Ils témoignaient que les lettres Youd – Ké – Vav – Ké (le nom Saint de Hachem) illuminaient la pierre du tombeau : c’était un signe du Ciel que les prières avaient été acceptées et que les nazis ne rentreraient pas en Erets. Et si votre magnifique Table du Shabbat commence à parler « histoire », je suis obligé de vous dire que le Mufti (responsable islamiste religieux de Jérusalem) avait, longtemps avant, rencontré le führer à Berlin pour associer la cause arabe (islamiste) au nazisme… Comme quoi et c’est malheureux, il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Dans le même ordre d’idée, Rachi rapporte un enseignement intéressant par rapport à la rencontre d’Essav et Ya’akov. Le verset dit qu’Essav a embrassé son frère mais le mot « embrassé » dans la Tora est ponctué à chacune des lettres. Rabbi Chim’on Bar Yo’haï dit : « C’est une loi/Halakha qu’Essav haït Ya’akov ». Explique Rachi : lorsqu’Essav a embrassé son frère, il ne l’a pas fait d’un cœur entier. Le rav de Ponievezh, rav Kahneman zatsal, disait que d’une manière générale rabbi Chim’on explique le sens de la Thora d’après le sens premier du verset. Or, quand il qualifie le rapport entre les deux frères, il dit que c’est une loi IMMUABLE qu’Essav haït son frère, c’est une chose qui n’a pas d’explication logique. Continue le rav, si parfois on a vu des gentils ou même des pays se comporter avec indulgence et amitié vis-à-vis du peuple juif, ce n’est que du fait que Hachem a implanté dans le cœur de cette population des sentiments positifs vis-à-vis de la communauté juive, où que le Clall Israël avait un mérite particulier ou bien que les gentils avaient un intérêt.

Une fois, le Machguia’h de la Yechiva de Mir s’est promené, avant-guerre, avec un groupe d’élèves quelque part en Lituanie. C’est alors qu’un jeune enfant de la bourgade a lancé des pierres sur le groupe en les traitants de « sales Youpins ». Le rav qui était un grand éducateur demanda à ses élèves : « Pourquoi ce jeune nous prend pour cible, voilà qu’on ne le connaît pas et qu’on a rien fait contre lui? » Sa réponse fut : « Essav haït Ya’akov. Même s’il n’y a aucune raison à la chose, et même si ce gentil ne sait même pas pourquoi! ». Terrible, non? C’est bien la preuve des paroles de la Haggadah de Pessa’h : « A chaque génération se lève contre nous (les nations), et c’est Toi Hachem qui nous sauve »

Le sippour

Cette semaine je vous rapporterai un autre prodige qui s’est déroulé le 7 octobre dernier. Les faits commencent quelques jours après le carnage, à Bait Végan quartier de Jérusalem. Juste avant la prière du soir un père et son fils rentrent dans une synagogue. Le père frappe sur un stender (pupitre) et demande le droit de dire quelques mots. Il parlera d’une voix émue : « Je suis natif du Kibboutz Bééri (un lieu qui est devenu malheureusement connu à cause de toutes les exactions dégoûtantes faites par les fils de Yichma’ël). Deux jours avant Roch Hachana j’étais dans une rue d’une des villes du pays lorsqu’un individu (certainement un ‘Hassid ‘Habad (bravo les Loubavitchs) m’a accosté en me disant si je voulais mettre les Tefilinnes ? Je pensais dans mon fort intérieur : quelle idée saugrenue ! Je n’ai jamais mis des Tefilinnes de ma vie (ndlr : que D’ nous en préserve). Pourquoi les mettrais-je aujourd’hui? Seulement j’ai eu une petite voix, je ne sais pas d’où elle provenait, qui me disait pourquoi pas ? Mets au moins une fois les Tefilinnes un jour dans ta vie. Au final, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais j’ai mis pour la première fois de ma vie les Tefilinnes et j’ai fait le « Chéma Israël » à l’aide de cette personne. Et c’est tout. Je suis retourné à mes occupations et j’ai oublié l’histoire. Arrivèrent les jours de Roch Hachana et je ne sais pas ce qui m’a pris, mais j’ai dit à ma famille qu’on allait respecter ces deux jours de fêtes. Ma famille ne comprit pas ma démarche, mais je restais décidé et ferme. Ils me demandèrent : comment faire ? Je ne savais pas moi-même (ndlr : il n’était pas abonné à votre feuillet préféré, dommage) A la fin je leur dis : « On ne prendra pas la voiture, et on éteindra tous les portables. On a passé un Roch Hachana remarquable. Arriva Yom Kippour, je dis à ma maisonnée que je ne transgresserai pas ce jour et je me prépare à jeûner. Puis est arrivé le 7 octobre Sim’hath Tora.

On entendu des sirènes de bon matin, chose connue dans notre Kibboutz. Seulement rapidement on a compris que cette fois c’était bien différent. On a entendu des voix en arabe dans le Kibboutz ainsi que des tirs de mitraillettes. On a fermé la porte de notre maison à double tour et toute la famille s’est réfugiée dans le Mamad, la chambre forte. Dehors on entendait les hurlements des terroristes, les cris de nos amis et les pleurs… Nous, on tremblait de peur. Je n’avais jamais appris ce qu’était la Emouna, la foi en Hachem et en sa délivrance. Dans ces moments de grandes détresses et de désespoir j’ai ressenti qu’il existe Quelqu’un qui décide si je devais rester en vie ou pas et vers Qui je pouvais prier. Après quelques temps on entendit un grand « Boum », c’est la porte d’entrée qui a cédé devant les rafales des barbares. On les entendait s’engouffrer dans notre maison. On savait que c’était nos derniers instants à vivre. En peu de temps ils allaient nous découvrir dans la pièce forte. Je ne savais pas dire des Tehillim ni de prières ! Personne ne nous a appris que faire dans ces moments décisifs. Seulement en un instant, je me suis rappelé une prière : le « Chema Israël » que j’avais récité quelques jours auparavant…. Les terroristes hurlèrent dans les pièces de notre maison de l’autre côté de la porte tandis que j’étais tout tremblant et récitais le « Chema Israël Hachem Elokénou Hachem E’had ». Ce verset je le répétais et continuais à le répéter. C’était mon seul espoir. Les terroristes se déplaçaient dans toute la maison, ouvraient toutes les pièces à la recherche de la famille. Alors il s’est déroulé une chose qui n’a aucune explication logique : les barbares ont fouillé partout mais ils n’ont pas découvert la porte de la chambre forte. C’est un miracle inexplicable (ndlr dans toutes les maisons existent une chambre fortifiée qui ressemble à toutes les autres pièces seulement la porte blindée est en acier). Ils passèrent devant chaque chambre, criaient, cassaient des objets, tandis que nous restions dans la chambre forte sans bouger ni même respirer. Et eux, ils ne voient pas l’entrée du Mamad. Quelques minutes de frayeur et d’épouvante encore. Les terroristes restaient dans la maison à notre recherche, chaque minute qui passait, c’était une éternité. Puis ils sortirent de notre maison. On voulait respirer profondément mais la peur qui nous étreignait nous en empêchait. Nous n’avions plus de forces, et on entendait les rafales de mitraillettes. Le lendemain, dimanche, nous étions encore dans le Mamad sans bouger tandis qu’à l’extérieur les terroristes continuaient leurs exactions et versaient le sang juif. On gardait le silence. On respirait à peine. Dans la chambre il y avait de quoi manger, mais la peur était tellement grande qu’il était impossible d’avaler quoi que ce soit. Le jour du dimanche passa lentement, la nuit s’installa. C’est seulement le lundi que les soldats de Tsahal réussirent à pénétrer dans le Kibboutz. Ils comprirent l’ampleur du carnage. Tout avait été saccagé, brûlé. Nos amis tués ou pris en otages. Hachem a choisi de nous garder en vie. Ces évènements se sont déroulés il y a deux jours. Je suis sorti du Kibboutz et j’ai mis cette Kippa sur la tête et depuis ces événements je ne fais que répéter le « Chema Israël ». C’est ce verset qui m’a donné le courage de survivre, c’est la seule chose que je connais. Donc il se tourna vers le public très impressionné je vous demande avant de faire la prière de m’enseigner les rudiments afin que je sache moi aussi faire la Tefila.

Fin de l’histoire véridique. Peut-être que tous ces événements sont un appel à la communauté afin qu’elle se rapproche de la Tora et du Ribono chel ‘Olam. Qu’en pensez-vous mes chers lecteurs ?

Coin Halakha : ‘Hanoucca tombe cette année le jeudi soir 7 décembre. Au moment de l’allumage de notre ‘Hanoukia à la tombée de la nuit, on accomplit la Mitsva, hors la durée de l’allumage minimale qui est d’une demi-heure. Donc il faudra veiller que depuis le départ on a préparé une quantité d’huile suffisante pour brûler pendant une demi-heure (ou que les bougies aient cette durée minimale) et qu’on ait placé notre allumage à l’abri des intempéries afin que les bougies puissent brûler ce laps de temps (note : les bougies de cire qui sont placées sur la ‘Hanoukia les unes à côté des autres, très proches, brûlent très rapidement à cause de la chaleur. En conséquence, on ne sera pas rendu quitte de notre allumage). Si on a fait attention à toutes ces conditions, même si elles s’éteignent par accident dans la demi-heure on n’aura pas besoin de les rallumer car on a déjà accompli la Mitsva. Dans le cas contraire, par exemple, qu’il n’y avait pas le volume suffisant d’huile (ou des bougies trop petites) ou que l’emplacement ne permettait pas qu’il perdure durant la demi-heure, on devra rallumer la ‘Hanoukia dans un endroit à l’abri (Choulhan ‘Aroukh 673.2)

Après avoir allumé les bougies, on n’aura pas le droit d’en tirer profit. Donc il sera interdit d’utiliser la ‘Hanoukia pour faire une quelconque autre utilisation (uniquement regarder les lumières), par exemple on n’aura pas le droit d’utiliser les lumières pour allumer un autre feu ou simplement de lire un livre à la lueur des bougies. Les flammes ont pour fonction de dévoiler aux yeux du monde les prodiges de ‘Hanoukia et c’est aussi un rappel de l’allumage du Candélabre du Temple de Jérusalem (dont l’utilisation était défendue). C’est pourquoi on allumera le « chamach », la bougie supplémentaire (qui ne fait pas partie de la Mitsva) et elle nous permettra de tirer profit (je peux allumer un autre feu à partir du chamach).

 Chabbat Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut.

David Gold tél : 00972 55 677 87 47

Que Hachem protège nos soldats à Gaza et dans tout le reste du pays et qu’Il fasse revenir les captifs dans leurs familles.

Une grande bénédiction à mon frère, Israël Gold et son épouse (Beth Shemech-Mercaz Chapira) à l’occasion du mariage de leur fille Eden. Mazel Tov Mazel Tov.

De la Berakha à Tsion Chektroun et à son épouse à l’occasion de la Brit-Mila de leur fils. Qu’ils aient le mérite de le voir grandir dans la Tora et les Mitsvoth et à sa ‘Houpa. Une Bénédiction aux grands-parents (Lyon – Villeurbanne)

Des bénédictions de réussite à Gérard Cohen et son épouse (Paris) dans ce qu’ils entreprennent et la Berakha pour les enfants

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