Le noir, noir et l’espoir…

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 AUTOUR DE LA TABLE DE CHABBATH, n° 548 DEVARIM – TICHA BEAV

Le noir, noir et l’espoir…

Cette semaine, comme une bonne partie de mes lecteurs est en vacances, et qu’ils ont le temps de réfléchir, je propose une petite réflexion sur le sens des difficultés de la vie, propre à la période de deuil du 9 Av.

Le Michna Beroura (Siman 549.1) rapporte cinq événements majeurs qui se sont déroulés le jour du 9 Av. Il s’agit de la faute des explorateurs dans le désert qui a entraîné la mort de toute la génération, la destruction des deux Temples de Jérusalem ainsi que celle de la ville de Bétar, dont toute sa population fut passée par le fil de l’épée et enfin l’Empereur Titus qui a labouré la montagne sainte de Jérusalem. Ces événements majeurs dans l’histoire juive nous invitent à une réflexion générale. En effet, Hachem est la racine de tout bien sur terre. De plus, les écrits saints enseignent que le bien promulgué par l’homme est à l’image de celui de D’. Donc s’il en est ainsi, pourquoi existe-t-il tant de souffrances dans ce monde Monsieur le rabbin ?

La réponse la plus efficiente est de savoir que c’est l’homme qui est le seul responsable de tout le mal sur terre. Comme le verset dans les Lamentations l’indique : « De Hachem ne sort pas le mal ». D’ nous donne le meilleur mais c’est l’homme qui met son mauvais grain dans les rouages de la magnifique machine, car l’homme a été créé avec un bon et un mauvais penchant. Or, le mauvais penchant l’encourage à penser au mal et à commettre toutes sortes de mauvaises actions. Seulement mes lecteurs le savent déjà bien : D’ agit dans l’histoire des hommes et des nations. Donc puisque l’homme est en quelque sorte «conduit/aiguillé» d’en haut, alors pourquoi Hachem laisse le mal se faire ?

La réponse est : afin de donner du mérite aux justes (qui se gardent de fauter), que les mécréants seront punis sévèrement pour avoir délibérément choisi la voie de la facilité. Comme la Michna dans Pirké Avoth (Maximes des Pères) l’enseigne : « Pourquoi Hachem a-t-Il créé ce monde avec dix Paroles et pas grâce à une seule ? » Afin de donner un grand mérite aux Tsadikim qui font tenir ce monde, très sophistiqué, puisqu’il a été créé avec plusieurs paroles. Tandis que les mécréants qui détruisent ce monde (qui a été créé avec 10 Paroles) sont punis ». Donc le mal, c’est une possibilité qui est donné aux hommes d’agir. Si la personne est Tsadik, droite, elle s’écartera du mal, et par là recevra un grand salaire dans le monde à venir, le Paradis, tandis que si c’est le contraire, sa punition l’attendra dans ce monde ci ou/et dans celui à venir (les enfers). Les choses semblent un petit peu rigoureuses pour un esprit ouvert et pour tous ceux qui sont déjà au Paradis sur terre par exemple sur les hauteurs de Nice en cette période estivale, mais c’est une vérité en trompe l’œil…

D’après cette perspective, les destructions des Temples de Jérusalem et l’exil sont bien dus aux hommes. Pire encore, puisque le Temple représentait la demeure de D’ sur terre, il n’a été détruit qu’après avoir perdu sa signification.

En effet, le saint Zohar enseigne que Titus a broyé le Temple parce que ses pierres avaient été brisées précédemment. C’est du fait des fautes de la génération, la haine gratuite que le Temple avait déjà été détruit (dans le Ciel) et avait perdu sa raison d’être sur terre. Les Sages enseignent que le Sanctuaire d’en bas à son « double » en haut. Donc c’est avec la plus grande des facilités que les mécréants romains ont pu détruire le Temple fait de pierre et de bois.

On apprend donc, que les grands malheurs du peuple juif ont des antécédents qui sont du domaine spirituel. Et inversement, lorsque le peuple se comporte avec droiture vis-à-vis des hommes et du Ciel, alors la protection Divine est accordée aux hommes.

Le rav Felman Zatsal rapporte deux Midrachim qui vont dans le même sens (Kohélet 10.14). « Dit rabbi Aba fils de Cahana : « Toujours, un serpent ne mordra que si au préalable on lui a soufflé la chose du Ciel. Le lion déchiquettera sa proie (un homme) que si on l’a éveillé à cela (d’en haut) ». »

Et pareillement, « il n’existe de guerres entre les nations que si c’est insufflé d’en haut ». De là, on voit que les évènements de ce monde ainsi que nos vies ont un antécédent spirituel. L’homme est libre dans ses choix et les événements de sa vie sont en adéquations avec ses choix. Une Guemara nous éclaire encore. Une fois rabbi Yehochoua ben ‘Hanina s’est rendu à Rome. Là-bas, il a entendu qu’un jeune garçon de la communauté était emprisonné. Il se rendit en face de l’édifice et cria : « Qui est Celui qui a mis en pièce Ya’akov, qui a mis en proie Israël auprès des nations ? » D’une fenêtre de la prison il entendit un jeune répondre (la suite du verset) : « C’est D’, du fait que la communauté n’a pas été dans ses chemins et n’a pas suivi Sa Tora ». Le rav dit : « Je suis certain que ce garçon deviendra un grand d’Israël« .

Le rabbi paya une forte rançon pour faire sortir ce jeune et, plus tard, deviendra effectivement rabbi Yichmael ben Elicha’.

Le rav Felman demande d’où provenait la certitude du rabbi car la réponse du jeune est connue (de faire dépendre sa situation de ses fautes) ; de plus c’est un verset des prophètes et à l’époque, la plupart des gens connaissait les versets de la Tora ! La réponse est que ce jeune savait au jour de son malheur que sa difficulté provenait de D’ et de ses fautes. Au moment où tout est noir, il faut une grande dose de foi pour faire dépendre ses difficultés de son niveau spirituel. Cela me rappelle une anecdote véritable au sujet de l’Admour de Klozenbourg. Lorsqu’il était à Auschwitz, durant la deuxième guerre mondiale, les Allemands ont obligé un groupe d’esclaves juifs à transporter au pas de course des sacs de ciment de 50 kilos (!!) depuis l’usine jusqu’au campement… La tâche était inhumaine pour des gens qui n’avaient rien mangé depuis des mois… Mais dans le groupe il y avait une personne, le rav qui, tout le long de ces incessants aller-retours, en courant, disait à haute voix un verset de la Tora (Parachath Ki Tavo) « Parce que je n’ai pas servi mon D’ avec bon cœur alors que j’avais toutes les possibilités ». Le rav reconnaissait, dans l’enfer d’Auschwitz, que la dureté des traitements étaient due aux manquements vis-à-vis de Hachem et de la Tora. Donc si le rav a pu porter 50 kilos au pas de course, alors certainement que chacun d’entre nous, avec ses petites ou grandes le pourrait.

Donc c’est juste qu’il existe de grandes destructions dans l’histoire et parfois dans la vie, seulement il faut savoir qu’elles ont des antécédents spirituels. C’est déjà en cela une grande consolation. Plus encore, cela nous donne des forces pour surmonter la difficulté et accéder ainsi à notre délivrance.

LE SIPPOUR

Avec un peu d’amour…

Cette semaine nous sommes à quelques jours de Ticha BeAv ; j’ai décidé de vous faire partager un Sippour qui nous donnera une bonne antidote pour prévenir toute les catastrophes qui ont eu lieu à pareille époque.

Cette histoire véridique se déroule sous les cieux bien moins éclairés d’Amérique. Il s’agit d’un certain professeur en sociologie dans une fac de la ville de Baltimore dans l’Est américain (l’histoire remonte au moins à une cinquantaine d’années).

A cette époque (je ne dirais pas bénie -puisqu’il s’agit tout de même d’une fac au pays du Mac Donald et pas /LeAvdil/ d’une Yechiva comme celle de Laekwood- il n’y avait pas encore l’antisémitisme virulent qui pointait son nez dans les universités américaines…) un professeur émérite décida de lancer ses élèves dans une grande enquête sociologique. Il s’agissait d’étudier une tranche d’âge de lycéens dans une école d’un quartier des plus défavorisés. L’enquête portait sur deux cents teen-agers d’un même collège afin de connaître leur mode de vie et l’étudiant en herbe (l’investigateur) devait donner sa conclusion : qu’est-ce qu’il pensait de l’avenir de ces jeunes ? Les étudiants se lancèrent, et au bout de quelques semaines, firent leur compte-rendu. L’enquête relevait qu’il existait de grosses différences de mode de vie et de contexte familial pour chaque jeune ; seulement la conclusion des étudiants était unanime : étant donnée leur situation sociale ces deux cents jeunes étaient voués à un échec cuisant à leur passage dans la vie active. Fin du premier round.

Vingt-cinq années passèrent et l’un des étudiants de l’époque était devenu entre-temps lui-même professeur en sociologie dans une autre université. Cet enseignant se souvint de son étude qu’il avait mené durant ses années d’apprentissage et avait une grande curiosité de connaître ce qu’il était advenu de toute cette jeunesse de Baltimore. Il fit des recherches dans les archives de la première université (dans laquelle il avait étudié), et après beaucoup d’efforts, tomba sur un carton rempli des comptes rendus qui remontait à 25 années. Par la  suite il demanda -cette fois à ses propres élèves- de faire une recherche sur ces anciens jeunes de Baltimore pour connaître si les conclusions de l’étude étaient vérifiées ou non. Ses élèves se lancèrent dans la recherche des deux cents jeunes qui étaient devenus adultes et, après un long travail, la nouvelle promotion donna ses conclusions : les résultats étaient saisissants…

Parmi les deux cents il y en avait déjà 10 % qui n’étaient déjà plus de ce monde. Seulement sur les cent quatre-vingts restants il y avait cent soixante-seize qui étaient devenus médecins, avocats et businessman avec de belles réussites !

Cent soixante-seize anciens lycéens à problèmes avaient une réussite (matérielle) bien au-delà de la moyenne générale au pays de l’oncle Sam : incroyable ! Le professeur n’en revenait pas et voulait en avoir le cœur net : quel avait été le facteur de ce succès au-delà des pronostics négatifs ? Comme ce prof n’était pas fénéant, il prit son bâton de pèlerin et interrogea personnellement une bonne partie des cent soixante-seize self-made-man : « Comment expliquez-vous votre réussite ? » La question était claire, la réponse encore plus. Ils avaient tous la même parole : « Je dois ma réussite à un des profs de notre lycée« , il s’agissait d’un professeur de la classe. Notre sociologue n’étant pas faignant ni paresseux (il ne vivait pas encore à l’époque de ChatGPT et Google qui inventent, falsifient et nous font croire avoir la vie plus facile… mais sans profondeur ni labeur et, à la fin, bonjour les dégâts…) il prit son bâton de pèlerin pour repérer l’ancien prof (sans non plus son Wise.) . Au final il le dégota dans une maison de retraite d’une petite ville aux environs de Baltimore.

Le sociologue téméraire s’y rendit et rencontra le vieil instituteur. Après les salutations d’usage il lui demanda quel fut le secret de sa réussite avec ses élèves qui étaient voués à l’échec. Le vieil homme dévisagea le jeune professeur avec étonnement et lui dit : « Je ne sais pas de quoi tu parles ! Je n’ai aucun secret dans le domaine de l’éducation ni une manière particulière d’enseigner. Seulement j’ai uniquement aimé tous mes élèves de tout mon cœur et j’ai eu confiance en eux. Et inversement ils ont cru dans ce que je leur donnais (mon amour et ma confiance) et c’est tout ! »

Fin de l’anecdote véritable : intéressant n’est ce pas ?

Cela vient nous apprendre que si pour des teen-agers turbulents à problèmes d’Outre-Atlantique le message d’amour et de confiance porte ses fruits au-delà de toutes les espérances, alors nous pourrons être certains que, pour les parents que nous sommes, qui se dévouent vis-à-vis de nos chères petites têtes blondes (pour la plupart brunes… si vous voyez ce que je veux dire) afin qu’ils grandissent dans la Tora, les Mitsvoth et les bonnes Midoth (traits de caractères) alors il faudra veiller à ne pas oublier cet ingrédient si important dans notre train-train quotidien que sont l’amour et la confiance que nous leur portons.

Et cette anecdote véritable est certainement une clef pour réparer ce qui s’est déroulé lors du Ticha Beav.

De nos jours nous vivons un peu ce même mode destructif (qui a eu lieu lors de la destruction et de l’exil) car lorsque la société occidentale développe des idées saugrenues qui visent à faire éclater la cellule familiale par toute sorte d’arrangement les plus dégoûtants les uns que les autres tandis que l’antisémitisme mêlé d’une grande complaisance vis a vis de mouvements (et Etats) terroristes montre que la société à perdu le nord et sa morale. Pour parer à cette vague dévastatrice, les parents doivent continuer leur travail éducatif (Tora, Mitsvoth, crainte du Ciel) seulement pour avoir l’assurance que ces valeurs vont surmonter tous ces écueils ; nous devons montrer vis-à-vis de notre progéniture/nos élèves l’amour et la confiance que nous portons en eux (il ne suffit pas de le penser, il faut que les enfants le vivent). Lorsqu’ils verront que leur parents/éducateurs ont confiance en eux alors on pourra être certain que notre message persistera pour la génération à venir.

C’est aussi une réparation à l’Exil et à la destruction des Temples car notre message éducatif  de Emouna en Hachem et dans Sa Tora pourra perdurer au-delà des grandes secousses de notre époque. Vaste programme. 

Coin Hala’ha :

Depuis Roch ‘Hodech Av (mercredi 15 juillet) commencent les lois de deuil du Temple de Jérusalem. On devra donc diminuer toutes joies ou fêtes. On ne pourra pas entreprendre des travaux de rénovation et d’agrandissement d’intérieur, refaire les peintures depuis Roch ‘Hodech jusqu’au lendemain du 9 Av (24 juillet). Les Poskim déconseillent de déménager durant cette période, à moins que le locataire ne soit obligé de sortir de son lieu d’habitation. Il existe cependant le cas où l’on a engagé un gentil entrepreneur qui doit faire une rénovation d’appartement. Puisqu’il est libre de d’entreprendre les travaux quand il veut, il pourra faire son chantier durant ces journées (car on ne l’a pas commandité de travailler précisément durant cette semaine). Autre cas permis : un mur branlant pourra être réparé (car il y a danger).

Ticha’ Beav tombe jeudi 23 juillet prochain. A partir de mercredi soir (juste avant le coucher du soleil) après avoir fait la Seouda Hamafséket, commencera les lois propres du jour. La nuit du mercredi, comme durant la journée de jeudi, il est interdit de manger, boire, se laver (même une partie du corps et l’intimité), lire la Tora, porter des chaussures en cuir et même dire le « Chalom » à son ami. Même les femmes enceintes ou qui allaitent doivent jeûner ; les malades (qui sont dans un état tel qu’ils sont dispensés du jeûne, sur la décision de leurs médecins) sont dispensés du jeûne. Ticha’ Béav n’est pas un jour chômé comme le Yom Tov ; cependant pour ne pas perdre l’essence de la journée, il sera défendu de travailler. Après le milieu de la journée du jeudi on sera plus flexible (pour le travail), cependant il est écrit qu’il n’y a pas de bénédiction dans le travail fait le 9 Av.

On n’aura donc pas le droit d’étudier la Tora ; seulement on pourra apprendre des passages du Talmud et Midrach concernant la destruction du Temple (les Lamentations, Job, Elou Megalé’him dans Mo’ed Katan). On étudiera ces passages d’une manière superficielle.

On n’a pas le droit de sa laver ni à l’eau chaude ni à l’eau froide. Dans le cas où on s’est sali -par exemple avec de la boue- on pourra retirer la saleté avec de l’eau. Au lever du lit après la nuit, on se rincera les mains (ablutions) qu’au niveau des doigts (et pas la paume de la main).

On n’a pas le droit de porter des chaussures en cuir, même si elles ne sont que recouvertes (de cuir). Les autres matières sont permises (plastiques, tissus, etc.).

On n’adressera pas le Chalom/bonjour à son ami de toute la journée. Dans le cas où on nous l’adresse -par erreur- on pourra répondre d’une manière non-enjouée.

Le 9 Av au matin on se rend à la synagogue pour dire les Kinoth (lamentations). 

« Tout celui qui participe au deuil du 9 Av verra Jérusalem dans toute sa joie… »

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold

Tél : 00 972 55 677 87 47

E-mail : dbgo36@gmail.com

Une bénédiction au rav Ariel Kriegier et à son épouse (Bené Braq) à l’occasion du Brith de leur fils et une berakha aux grands-parents respectifs le rav Brakha-Bénédict Chlita et la famille Kriegier (Jérusalem). 

Pour ceux qui veulent de belles Mezouzoth : un numéro de téléphone, le 055 677 87 47

 

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