Un jour après l’ultimatum, les orthodoxes reculent sur la loi sur l’étude de la Tora

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Gafni avait déclaré qu’il n’accepterait aucune modification et exigeait que la loi soit votée textuellement, mais désormais, les orthodoxes ont accepté de supprimer la clause de « la balance de la justice ». Le nouveau libellé attend l’approbation des Grands de la Tora.

Kol réga’ – Avraham Freind

Moins de 24 heures après que le député Moché Gafni a déclaré qu’il n’accepterait aucun changement dans la loi fondamentale : Étude de la Tora, le Likoud et les partis orthodoxes (Haredim) sont parvenus à des ententes comprenant la renonciation à l’un des deux articles de la loi, transformant celle-ci, en pratique, en une loi purement déclarative et plus restreinte.

Dans le cadre du compromis en cours d’élaboration, le deuxième article de la proposition de loi sera supprimé. Celui-ci stipulait que la reconnaissance de l’étude de la Tora comme valeur fondamentale visait à créer une « balance de la justice » vis-à-vis des autres valeurs fondamentales de l’État d’Israël. La loi ne conservera que le premier article, qui ancre l’étude de la Tora comme une valeur fondamentale du patrimoine du peuple juif et de l’État d’Israël.

Cet accord marque un net recul par rapport à la position affichée par Gafni hier encore. Le président de Degel HaTora avait transmis un message tranchant au Premier ministre Benjamin Netanyahou, affirmant : « Ce qui a été convenu lors de la réunion est ce qui doit passer en deuxième et troisième lectures. Je n’accepte aucune modification du texte ».

Gafni avait même rejeté la proposition formulée au sein du Likoud visant à rendre la loi purement déclarative, exigeant de faire voter le texte original « à la lettre près ». Dans l’entourage des partis orthodoxes, on expliquait alors que le but de la loi était de donner à l’étude de la Tora une portée juridique et budgétaire concrète, et non de se satisfaire d’une simple déclaration de principe.

Cependant, la pression exercée de l’intérieur du Likoud, parallèlement à l’opposition rencontrée par le texte au sein de la commission de la Knesset, a conduit à un infléchissement de la position orthodoxe. La conseillère juridique de la Knesset, l’avocate Sagit Afik, avait averti que le libellé initial pourrait permettre à l’avenir d’exiger pour les étudiants de la Tora (Avrekhim) des avantages actuellement réservés à ceux qui effectuent leur service militaire et aux combattants, notamment des bourses et d’autres aides financières.

Le président de la coalition, le député Ophir Katz, a clairement fait savoir que sans modification, il n’y aurait pas de majorité pour voter la loi, menaçant même de voir les membres du Likoud déposer des réserves. Face à cette situation, les partis orthodoxes ont dû choisir entre renoncer à la clause de « la balance de la justice » ou risquer de voir l’ensemble du projet de loi s’effondrer.

En parallèle, des travaux sont menés sur un projet de loi distinct destiné aux blessés de guerre atteints de stress post-traumatique (Haloumei Krav), afin de répondre à la demande de reconnaissance de la valeur du service militaire et du prix payé par les combattants. Cette démarche vise à extraire la question des combattants de la loi fondamentale : Étude de la Tora, permettant ainsi l’avancement de cette dernière dans sa version réduite.

Le texte final attend toujours l’approbation des Grands de la Tora (Guedolé HaTora). Néanmoins, le fait même d’avoir accepté la suppression de cet article démontre que malgré les déclarations de fermeté et l’ultimatum posé à Netanyahou, les orthodoxes ont été contraints de faire preuve de souplesse et d’accepter la principale exigence du Likoud.

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