Jean-Luc Mélenchon 2027 : un deuxième tour de… passe-passe !

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Par Jean-Marc Alcalay

Mélenchon : et si…

Imaginons le pire, et, hélas, c’est bien parti pour : que Jean-Luc Mélenchon soit présent au second tour de l’élection présidentielle de 2027, peu importe contre qui, et pire encore, qu’il le soit  avec un faible écart de voix face à son concurrent. Alors, oui, si tel était le cas, nous assisterions à une véritable volte-face de la rhétorique mélenchoniste par rapport au premier tour, une campagne de second tour en trompe-l’œil qui aurait de quoi désorienter les électeurs, de quoi les égarer aussi, car le Mélenchon du second tour sera d’un seul coup devenu le plus démocratique  des candidats et le plus ouvert qui soit, opérant alors un véritable clivage, un déni de ce qu’il était à peine quinze jours avant. Peu importe, les politiques ne sont pas à un revirement près et Mélenchon n’y coupe pas ! On se demandera où était-il passé, le Méchenchon du premier tour ?, celui qui hurlait contre ses concurrents, éructait, essayait de rassembler le pire de l’électorat islam-iste et des militants d’extrême gauche en désignant sans honte aucune, pêle-mêle, les capitalistes, la gauche molle, la droite sécuritaire, les médias bolloréens, et puis aussi les moches comme il aimait désigner les Blancs, et encore les colonialistes, la police qui tue… « Ah j’oubliais ! », il désignait de son doigt vengeur les grands responsables du désordre mondial, les Juifs évidemment, ceux qui tirent les ficelles de la finance, ranimant ainsi ce vieux complot antisémite !, sans oublier Israël et sans oublier l’Amérique de Trump !  Tout cela, tout ce fourre-tout mélenchoniste haineux de ce premier tour, dont il assaisonnait chacun de ses meetings, faisait contrepoids à ses préférences : l’Iran des Gardiens de la Révolution et ses éternels mollahs assassins, la Russie de Poutine, la Corée du Nord et la Chine, mais encore le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, et d’une façon générale, les terroristes palestiniens qu’à grands coups de discours, il faisait passer pour des résistants… Bref, un mister Méchant-lon du premier tour, bientôt transformé, en seulement quinze jours, en un bon Mélenchon du second tour, tellement sympathique, que certains pourraient s’y laisser prendre…

Plus démocratique que Mélenchon, tu meurs !

À quelques milliers de voix  d’écart avec son concurrent, Jean-Luc Mélenchon gonflé à bloc, à une marche de sa victoire, changera tout à coup de braquet, de discours vis-à-vis de ceux qu’il traînait dans la boue avant le premier tour… Voilà que subitement, mais après un savant calcul, il deviendra aimable, tout doux ou presque. Sa voix se fera plus apaisante, compréhensive, à la limite de l’obséquiosité, même à l’égard des patrons et des riches. Un Mélenchon calme, plein de tolérance, qui écoutera, comprendra ses contradicteurs, et voilà qu’il roucoulera, minaudera, fera le beau, qu’il en deviendra presque affectueux. Face à ceux qui l’interrogeront et face à son public médusé mais finalement acquis à cette métamorphose, car l’amour est aveugle, il s’arrondira, fera les yeux presque doux, mais il aura du mal… Et puis, cerise sur ce gâteau un peu trop dégoulinant de cette hypocrite tolérance, voilà qu’il se drapera et prendra la posture du seul défenseur de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Sans sourciller, sans honte, il dira aimer les Juifs, eh oui, vous lisez bien, il aimera les Juifs, mais pour un temps, le temps de son élection ! Bref, le Mélenchon du second tour sera un Mélenchon nouveau comme ce Beaujolais si français, une transformation du tout au tout, un candidat à la présidence devenu le contraire de ce qu’il était au premier tour. Son calcul : il pensera que cela fonctionnera, que ceux qui ont déjà voté pour lui fermeront les yeux devant cette métamorphose. L’important sera de convaincre d’autres qui se feront prendre dans les filets de ce pêcheur, hier, prêcheur de haine, mais au lendemain du 11 avril 2027, se confessant et se repentant… Il lui faudra séduire et pour ce faire, mentir à un électorat qu’il devra hypnotiser. Certains le seront car Mélenchon reste un monstre en  politique. Sauf que le Mélenchon du second tour ne sera que l’envers de celui du premier. Mélenchon, drapeau français en tête, sera ce caméléon, qui prendra les couleurs bleu, blanc, rouge, d’un électorat à conquérir, pour mieux le tromper avant de le dévorer une fois sa victoire acquise. Puissent les Français guetter chacun de ses discours, bien écouter chacune de ses paroles, le tout, en trompe-l’œil, pour ne pas tomber dans le panneau de ce Mélenchon nouveau genre, car, n’en doutons pas, ce sera toujours le même, les deux faces d’une même médaille. Dans sa campagne du second tour, ce Mélenchon-là nous fera une belle démonstration de ce que j’appellerais volontiers, non pas du machiavélisme, mais de la perversité en politique !

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