Orit Mark Ettinger, journaliste et écrivaine, a publié hier une lettre publique profondément émouvante, adressée aux dirigeants des partis israéliens à la suite des résultats électoraux.
« Je m’appelle Orit Mark Ettinger. Je pense connaître la plupart d’entre vous. Je fais partie de la famille Mark et de la famille Kalmanzon, que vous connaissez certainement très bien. »
C’est ainsi qu’Orit Mark Ettinger commence sa lettre ouverte, adressée au Premier ministre Benyamin Netanyahou, à Gadi Eisenkot, Naftali Bennett, Yaïr Lapid, Avigdor Lieberman, Bezalel Smotrich, Moshé Feiglin et Itamar Ben Gvir.
Dans sa lettre, elle retrace la terrible succession de drames qui ont frappé sa famille :
« Mon père a été assassiné dans un attentat par balles au cours duquel ma mère et mon frère ont également été blessés. Mon frère Shlomi a été tué dans un accident impliquant des Bédouins alors qu’il était en service. Mon cousin Elhanan Kalmanzon a été tué à Beeri, et mon petit frère Pedaya est tombé à Gaza il y a presque exactement trois ans. »
« J’ai observé quatre fois les sept jours de deuil, la shiv’a, au cours des dix dernières années, pour l’État d’Israël », écrit-elle.
Elle ajoute que, le jour des élections, après avoir voté, elle s’est rendue à la cérémonie commémorative de son jeune frère, tombé lors de l’incident du véhicule blindé Namer.
« À vrai dire, je n’ai absolument pas la force d’écrire aujourd’hui. C’est un jour où je m’autorise simplement à m’asseoir et à souffrir, parce que la perte est insupportable. »
« Vous aussi, vous pouvez payer un prix »
Malgré sa douleur, Orit Mark Ettinger a décidé de s’arrêter un instant pour adresser une demande urgente aux dirigeants politiques :
« Je vous en prie, je vous en supplie, nous avons payé le prix. Pour notre pays ! Le prix le plus lourd de tous. Pour toujours.
Et cela s’ajoute aux 600 jours de service de réserve effectués par mon mari.
Alors vous aussi, vous pouvez payer un prix, faire des concessions, pour l’État d’Israël !
Vous aussi, vous pouvez faire un effort pour que la vie soit meilleure ici.
Je vous en supplie, avancez tous ensemble. Unissez-vous pour former un large gouvernement d’union nationale. »
Elle évoque ensuite les déclarations qu’elle juge inquiétantes de certains partis arabes :
« Les propos révoltants que nous entendons de la part des partis arabes ne sont pas nouveaux pour nous. Ils deviennent simplement de plus en plus inquiétants.
Ils attendent de pouvoir créer un État palestinien. Un État sans nous ! »
« Le seul pays que nous possédons, nous les Juifs »
À la fin de sa lettre, Orit Mark Ettinger rappelle avec force le lien profond qui l’unit à la terre d’Israël :
« C’est notre seul pays.
Le sang de mon père, de mes frères et de mes deux cousins imprègne cette terre.
Cette terre sur laquelle nos ancêtres ont marché est la nôtre.
C’est le seul pays que nous possédons, nous les Juifs !
Je vous en prie, prenez vos responsabilités.
Je vous en supplie, formez un véritable gouvernement, un bon gouvernement pour le peuple d’Israël.
J’espère de tout cœur que ces paroles vous parviendront et trouveront des oreilles disposées à les entendre. »
Un appel à l’unité dans une période d’incertitude politique
Cette lettre a été publiée alors que les partis politiques se livrent à d’intenses négociations en vue de former un gouvernement après les élections.
Plusieurs commentateurs politiques considèrent qu’un gouvernement d’union nationale constitue désormais une nécessité face à l’impasse politique.
Ces derniers jours, le rav Avraham Stav a lui aussi lancé un appel aux dirigeants du bloc du changement, les exhortant à agir pour éviter une nouvelle paralysie politique.
À travers son témoignage personnel, Orit Mark Ettinger rappelle aux dirigeants que, derrière les rivalités électorales et les calculs politiques, il existe des familles qui ont payé le prix le plus lourd pour l’État d’Israël.
Son message est simple : si des familles ont pu sacrifier ce qu’elles avaient de plus précieux pour leur pays, les responsables politiques doivent être capables, eux aussi, de consentir des sacrifices et des compromis pour leur avenir.
Avraham Azoulay


























