Après ‘Hanoucca…

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Léilouï nichmat rav Chalom zatsal, rav Avraham zatsal, tous nos disparus et en particulier ceux pour lesquels personne n’étudie ni ne prie. A nos frères exterminés, de tous lieux et toutes époques, des plus anciens aux tout récents, que Hachem venge leur sang. Une guérison rapide et complète pour tous nos malades et blessés. Que nos frères et sœurs prisonniers rentrent en paix. Que nos soldats et soldates qui combattent pour notre protection reviennent en bonne santé. Que ceux et celles tombés au combat pour notre sécurité intercèdent en notre faveur.

Y. B. – Illustration : Kfar ‘Hachmonaï, ‘Habad

Cela fait 8 jours déjà que nous évoquons les miracles de ‘Hanoucca. Souvent, notre attention se porte sur le « Ness » lui-même, mais quelle est sa « mécanique » ? Comme tout le reste, il semble que son déclenchement respecte le principe connu de « Mida kenéged mida », à savoir que la conduite de Hachem à notre égard est un effet « miroir ».

Prenons quelques exemples, espacés chacun de dizaines de siècles.

Le 7 Adar 2368, naissait un bébé qui allait changer pour toujours la face du monde : Moché, détenteur de 3 particularités inégalables (réception / transmission de la Tora, humilité et prophétie). La suite est connue : sa mère, Yokhéved, ne peut le cacher que 3 mois aux yeux des Egyptiens et le dépose dans un panier flottant sur le Nil. Il sera recueilli par Bitia, fille du pharaon, et grandira dans le palais même de celui qui avait pourtant décrété sa mort.

La Tora nous raconte l’épisode (parachat Chemoth, 2,7 et suivants) : la fille du Pharaon descendit se laver dans le fleuve… elle vit le couffin dans les roseaux et envoya sa servante s’en saisir. Le mot employé pour « sa servante » est « אֲמָתָהּ », qui peut se traduire par « sa main ». La Guemara (Meguila 15b, voir très beau Maharcha sur place qui amène une preuve pour chacun des avis) explique qu’en fait c’est Bitia qui a attrapé le berceau mais elle en était très éloignée, et « sa main » s’est alors allongée de 60 Amoth (environ 36 m d’après les mesures du ‘Hazon Ich).

La question est évidente : pourquoi alors tendre le bras si l’objet convoité est hors de portée et que la cause est perdue d’avance ?

Le second exemple nous amène 1254 ans plus tard, précisément le 25 Kislev 3622, date que vous aurez reconnue, marquant la victoire des ‘Hachmonaïm sur les Grecs. Là aussi, nous sommes confrontés à la même question : quelques centaines d’hommes qui, vu leur niveau spirituel, ne devaient pas passer leur temps en salle de sport à apprendre le Krav Maga, se lèvent contre l’armée toute puissante d’un royaume immense. Pourrions-nous imaginer les élèves de Ponievezh ou de Mir partir en guerre contre l’armée américaine ? Cause perdue d’avance, car il est interdit de compter sur les miracles (Pessa’him 64b, discussion Abayé et Rava !). Alors, pourquoi l’ont-ils fait ?

Dernier exemple environ 2000 ans après. Aux hespédim de rav Chakh Zatsal, l’histoire suivante a été racontée (par rav Berlin me semble-t-il) : un jeune élève de Yechiva était en difficulté psychologique, avec une situation familiale très compliquée. Il consulta rav Chakh un soir, à Bené Brak et la conversation dura, avec comme conclusion de consulter un psychologue religieux de Jérusalem connu pour ses réussites avec les jeunes. Sans tarder, rav Chakh l’appela et un rendez-vous fût proposé pour le lendemain. Mais cela ne convenait pas au rav, il fallait voir cet élève de suite malgré l’heure ! Le médecin accepta, à une condition : que l’élève vienne seul, afin de ne pas fatiguer le rav.

La consultation eut lieu très tardivement, le temps d’effectuer le trajet Bené Brak- Jérusalem, puis l’élève rentra chez lui. Le lendemain, les voisins du médecin lui demandèrent  : « Que se passait-il chez toi cette nuit ? Cela devait être très important pour que rav Shakh fasse les 100 pas en bas de chez toi »…

Paniqué et ayant compris qu’en pleine nuit, rav Shakh déjà âgé de plus de 90 ans, avait pris le bus avec l’élève pour l’accompagner, le médecin appela la rav qui lui répondit : « Oui je suis venu malgré votre demande de ne pas le faire, mais comprenez-moi, comment aurais-je pu laisser mon fils unique venir seul ? Sa situation est telle que d’après la « nature », il devrait sombrer au lieu d’étudier, il est impossible qu’il s’en sorte. Je devais donc accomplir un acte au-dessus de la nature, pour que d’En-Haut, l’On consente aussi à agir contre la nature ».

Nous apprenons de là qu’un acte réalisé bien au-delà de nos forces, bien au-delà de ce que la nature commande, au-delà de ce que nous connaissons de notre propre nature et capacités, a le pouvoir de changer le cours des choses.

Cela répond ainsi à la question sur Bitia et sur les ‘Hachmonaïm : leur Emouna  sans faille et pure (Bitia se convertit et épousa Kalev – Meguila 13a) les amène à agir uniquement suivant leur sens absolu du devoir, faisant totalement fi de la nature et ses contraintes, sans compter nullement sur un miracle. Et c’est justement, lorsque nous pouvons transcender notre humble nature, que la nature cède devant nous.

Que ce Chabbath voit la  fin  de nos souffrances en exil. Que des bonnes nouvelles. Chabbath « Mikets » Chalom.

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