Face à la vague d’arrestations d’étudiants de Yechivoth, une lettre d’une extrême virulence est publiée ce matin en première page du journal Hamodia. Cette lettre, rédigée à la demande de l’Admour de Gour, est signée par les Grands d’Israël de tous les courants et de toutes les communautés : « Quiconque est lié à ces persécutions risque d’hériter de l’enfer et de perdre sa part dans le monde à venir ». Le texte intégral.
Par Avrami Perlstein | Haredim – Illustration : manifestation face à la prison 10
Face à la récente vague d’arrestations consécutive au décret de conscription des étudiants de Yechivoth, une lettre virulente et sans précédent est publiée ce matin (mercredi) dans le journal Hamodia, qui consacre l’intégralité de sa première page à la lutte et à la protestation contre ces détentions, alors qu’une manifestation doit se tenir aujourd’hui devant la prison 10.
Le journal souligne que les jeunes gens et les hommes mariés (avrekhim) sont incarcérés tout en subissant des maltraitances psychologiques, rappelant des périodes sombres du passé.
La lettre, rédigée à la demande personnelle de l’Admour de Gour, est signée par les rabbanim de la ‘hassidout de Gour ainsi que par les Grands d’Israël de tous les horizons, parmi lesquels le doyen des membres du Conseil des Sages de la Tora de ‘Deguel HaTora’, notre maître le Roch Yechiva rabbi M.T. Bergman, le Rishon LeZion rabbi Y. Yosef, président du Conseil des Sages de la Tora de Shas, ainsi qu’une longue liste de sommités de la Torah, d’autorités halachiques et de Raché Yechivoth.
Voici le texte intégral de la lettre des Grands d’Israël :
« À nos frères, les enfants d’Israël, que l’Éternel les protège et les fasse vivre.
Face à l’intensification de la persécution du monde de la Tora et du judaïsme par les autorités de l’État — qui cherchent, à D’ ne plaise, à déraciner Yavné, ses sages et ses maisons d’étude d’Israël, et ne reculent devant aucun moyen pour nuire à ceux qui étudient la Tora et la préservent dans la pureté, y compris en s’en prenant à leur gagne-pain, à leurs enfants et à tout leur mode de vie.
Récemment, ils ont franchi un cap supérieur en lançant une véritable chasse à l’homme contre la prunelle de nos yeux, ceux qui étudient notre sainte Tora, les arrachant à leurs lieux d’étude pour les jeter dans des centres de détention, pour le seul « crime » de vouloir s’investir dans la Tora et se préserver dans la sainteté, sans aucun mélange étranger. L’honneur de la Tora est ainsi bafoué. Alors que « Ceci est le décret de la Tora », ils inventent de nouveaux décrets pour entraver les pas de ceux qui étudient la Tora ; ceux qui résident dans les tentes d’étude sont livrés au pillage, et le Nom du Ciel est profané de manière terrible lorsqu’un Juif jette un autre Juif en prison pour un tel « péché ». Une telle situation ne s’est jamais vue, même parmi les nations, dans aucun des lieux d’établissement de nos frères les enfants d’Israël à travers le monde.
Nous venons par la présente faire connaître l’avis de notre sainte Tora concernant la Halakha : il y a grand lieu de craindre qu’il n’y ait une rigueur céleste envers quiconque prête main-forte ou est lié à ces persécutions et aux arrestations des avrékhim et des étudiants d’Israël qui s’investissent dans la Tora, de peur qu’il n’hérite de l’enfer et ne perde sa part dans le monde à venir. Maimonide (Rambam) a déjà tranché (Lois sur l’étude de la Tora, Chapitre 1, Halakha 11) : « Quiconque méprise les sages n’a pas de part au monde à venir et entre dans la catégorie de : ‘Car il a méprisé la parole de l’Éternel' ». Et nos Sages de mémoire bénie ont averti (Chabbath 119b) : « Rav Yehouda a dit au nom de Rav : Quiconque méprise les disciples des sages n’a pas de remède à sa blessure (…) Qu’est-ce qui est écrit : ‘Ne touchez pas à mes oints’ — ce sont les enfants des écoles, ‘et ne faites pas de mal à mes prophètes’ — ce sont les disciples des sages ».
Nous sommes confiants dans la force de la Tora et nous nous en remettons à Celui qui l’a donnée, afin que s’accomplisse en nous la promesse divine : « Toute arme forgée contre toi sera sans effet ; et toute langue qui s’élèvera en justice contre toi, tu la condamneras. Tel est l’héritage des serviteurs de l’Éternel, et leur salut vient de Moi, dit l’Éternel » (Isaïe 54, 17). »



























