Séisme dans l’éducation orthodoxe sur fond de crise des licenciements d’éducatrices et de risques de fermetures de structures. Les directeurs des principaux réseaux de jardins d’enfants de Modi’in Illit et Beitar Illit ont adressé une lettre au ministre de l’Éducation et aux maires. Ils y préviennent que si une solution immédiate et de fond n’est pas apportée à la crise, des milliers d’enfants pourraient rester à la maison et la prochaine rentrée scolaire n’aura pas lieu dans l’ensemble des réseaux de ces villes.
JDN
La crise des licenciements d’éducatrices et de fermetures de classes dans les réseaux orthodoxes de jardins d’enfants a atteint ces dernières heures un point d’ébullition sans précédent : les directeurs des principaux réseaux de Modi’in Illit et Beitar Illit ont envoyé une lettre dramatique au ministre de l’Éducation et aux maires, annonçant que faute d’une solution réelle et immédiate, la prochaine rentrée scolaire n’aurait pas lieu du tout dans l’ensemble des réseaux de la ville.
Il s’agit d’un véritable séisme pour Modi’in Illit, Beitar Illit et le ministère de l’Éducation. Cette crise, qui a débuté au sein du réseau d’Agoudat Israel, s’étend désormais à d’autres structures ayant déjà entamé des procédures de licenciement pour des centaines d’éducatrices et menaçant de fermeture des dizaines d’antennes. Elle s’élargit aujourd’hui en une menace globale sur tout le système de garde d’enfants de ces communes.
Les auteurs de cette déclaration dramatique sont les dirigeants des principaux réseaux, qui gèrent ensemble des centaines de jardins d’enfants à Modi’in Illit et Beitar Illit, et des milliers à travers le pays.
La lettre est signée par :
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Gil David, directeur du réseau « Ganei Merkaz » ;
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Israel Goldknopf, directeur du réseau « Ganei Beit Yaakov » ;
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Avraham Maklev, directeur du réseau « Ganei Etz HaDa’at » ;
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Yaakov Rosenstein, directeur du réseau « Ganei Morasha » ;
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Israel Golomb, directeur du réseau des jardins d’enfants d’Agoudat Israel (Agou »i) ;
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Gila Malachovsky, directrice du réseau « Ganei HaChoshen ».
Dans ce courrier, les directeurs soulignent qu’ils considèrent cette crise gravissime comme un problème global qui ne concerne pas un seul réseau, mais l’ensemble du système : « Nous sommes tous dans le même bateau », ont écrit les directeurs. « Il est tout à fait clair pour chacun d’entre nous que même les gestions qui n’ont pas pris la décision de fermer des classes aujourd’hui se retrouveront exactement dans la même impasse d’ici un an. »
Plus loin, ils précisent qu’au vu des développements inquiétants au sein des réseaux, ils n’ont pas l’intention de rester les bras croisés.
« Les éducatrices dévouées, qui travaillent depuis de longues années dans la ville et accomplissent une tâche sacrée pour l’éducation de nos filles, méritent de bénéficier des conditions de la réforme ‘Ofek Hadash’ (Un nouvel horizon) de plein droit, et non par charité », ont-ils écrit.
C’est pourquoi les dirigeants des réseaux ont annoncé que si la situation n’était pas régularisée, l’ensemble des réseaux signataires se mettraient en grève et n’ouvriraient pas la prochaine année scolaire, 5787 (תשפ »ז).
« Nous vous appelons à intervenir d’urgence sur ce dossier afin d’éviter une paralysie du système éducatif », ont conclu les directeurs dans leur lettre aux maires.
Ces derniers jours, un collectif d’environ 150 éducatrices expérimentées a envoyé une lettre urgente aux députés et aux hauts responsables du gouvernement. Elles y réclament une intervention immédiate pour sauver les réseaux de jardins d’enfants, stopper la vague de licenciements et empêcher la fermeture, dès à présent, de dizaines de structures — des fermetures qui, selon elles, sont imposées aux réseaux par la gestion problématique et persistante du ministère de l’Éducation.
La lettre a provoqué d’importants remous dans le système éducatif orthodoxe et les réseaux de jardins d’enfants à travers le pays, entraînant également des secousses dans le milieu politique et une série de démarches en coulisses. Cependant, en l’absence de solution structurelle et pérenne, les directeurs des réseaux ont annoncé que sans un règlement total, ils suspendraient la rentrée scolaire à venir.
Selon les éducatrices, il s’agit de femmes qui ont consacré des décennies à l’éducation des enfants d’Israël, accumulant une grande expérience professionnelle et donnant les meilleures années de leur vie au système. Elles découvrent aujourd’hui que leur ancienneté, leur formation et les diplômes acquis au fil des ans, loin de jouer en leur faveur, deviennent de facto la cause pour laquelle elles risquent de perdre leur gagne-pain. En effet, le financement des jardins d’enfants est calculé selon une moyenne d’ancienneté arbitraire et des hypothèses de travail fixées par le ministère de l’Éducation sans aucun lien avec la réalité du terrain. Ainsi, une éducatrice qui a investi de nombreuses années dans sa formation, se professionnalisant jusqu’à atteindre 30 ans d’ancienneté ou plus, est rémunérée sur la base d’une simple éducatrice certifiée (échelon minimal) et pour seulement 16 ans d’ancienneté. Une anomalie fondamentale et dénuée de logique.
Dans leur lettre, les éducatrices écrivent : « On en arrive à une situation cruelle et terrible : plus nous sommes de bonnes éducatrices, expérimentées et diplômées, plus le réseau perd de l’argent à cause de nous. Le système génère une anomalie structurelle où employer une éducatrice ancienne est une « punition financière » pour le réseau, poussant la direction malgré elle, par contrainte budgétaire, à nous licencier. »
« Ne vous y trompez pas : ce n’est pas une crise locale. Il s’agit d’une défaillance systémique qui touchera rapidement tous les réseaux du pays. Si les ministères de l’Éducation et des Finances cautionnent cette injustice, d’autres réseaux éducatifs feront bientôt face au même effondrement. Un précédent terrifiant sera établi, où un membre du personnel enseignant saura que cumuler de l’ancienneté et de l’expérience est un arrêt de mort pour son gagne-pain. Est-ce là la philosophie de l’éducation ? Est-ce là la morale publique de l’État d’Israël ? »
Il est important de souligner que les réseaux de jardins d’enfants en question ne sont pas des entreprises privées dont le propriétaire chercherait à augmenter ses profits au détriment des employées. Ce sont des associations publiques qui gèrent depuis des décennies un vaste système éducatif pour des centaines de milliers de petits garçons et petites filles de la communauté orthodoxe, sous de lourdes contraintes budgétaires et en dépendant quasi exclusivement des budgets de l’État.
Par conséquent, selon les éducatrices, la responsabilité de la situation ne doit pas être imputée aux directions des réseaux, contraintes de fermer des centaines de structures sans solution de remplacement viable pour les enfants du secteur. La racine de la crise réside dans un mode de subvention qui crée un piège inextricable : l’ancienneté et l’expérience se traduisent par une perte financière, et cette perte mène au licenciement.
Le point le plus douloureux et central soulevé par les éducatrices est le retard dans la mise en œuvre du programme ‘Ofek Hadash’ dans les jardins d’enfants. Selon elles, l’application de ce programme et la finalisation du volet budgétaire apporteraient une réponse immédiate aux écarts créés et empêcheraient l’effondrement du modèle d’emploi des éducatrices chevronnées.
Dans leur lettre, elles présentent trois revendications principales :
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Un financement intégral basé sur l’ancienneté : Obliger les ministères de l’Éducation et des Finances à subventionner les jardins d’enfants selon l’ancienneté réelle, les diplômes et l’échelon de chaque éducatrice, comme cela est d’usage dans le système éducatif officiel.
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La mise en place immédiate d’‘Ofek Hadash’ : Finaliser le plan budgétaire permettant l’application du programme dans le réseau des jardins d’enfants dès la rentrée scolaire 5787, afin d’éviter de lourdes pertes liées à l’emploi des éducatrices expérimentées.
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Le gel immédiat des licenciements : Une intervention urgente des ministères de l’Éducation et des Finances pour accorder un filet de sécurité budgétaire temporaire, permettant de stopper les licenciements en attendant l’élaboration d’une solution permanente.



























