La récente implication de Jared Kushner et Steve Witkoff dans un accord entre les États-Unis et l’Iran suscite une vive colère dans certains cercles israéliens. Ces deux envoyés, proches de l’ancien président américain Donald Trump, sont accusés par des commentateurs israéliens de compromettre la sécurité d’Israël en soutenant un mémorandum qui, selon eux, ne répond pas aux exigences stratégiques du pays. Ce mécontentement s’exprime notamment sur la chaîne 14, connue pour son orientation conservatrice et son soutien à Benjamin Netanyahu.
Les critiques les plus virulentes ciblent Kushner et Witkoff non seulement comme négociateurs américains, mais aussi en tant que figures juives perçues comme ayant une responsabilité particulière envers Israël. Sur la chaîne 14, l’animatrice Tal Meir a accusé les deux hommes de tourner le dos à Israël au « moment de vérité », soulignant que le pays défend l’ensemble du peuple juif, y compris ceux vivant à l’étranger. Par ailleurs, Yinon Magal, autre voix influente de la droite israélienne, a dénoncé sur les réseaux sociaux une pression qatarie pesant sur les envoyés américains, les accusant de « vendre leurs frères en Israël ».
Cette montée de la tension reflète une déception profonde, d’autant que Kushner et Witkoff avaient auparavant été salués pour leur rôle dans la politique américaine au Moyen-Orient, notamment dans la libération d’otages. Le mémorandum ne répond pas aux quatre exigences clés énoncées par Netanyahu : élimination de l’uranium enrichi, démantèlement des infrastructures d’enrichissement, limitation de la production de missiles et cessation du soutien aux groupes terroristes. Selon des sources israéliennes, ces objectifs ne sont pas envisagés à court terme, ce qui alimente les inquiétudes.
En somme, le débat en Israël met en lumière un désaccord profond sur la stratégie américaine vis-à-vis de l’Iran. Alors que Washington semble privilégier une stabilisation régionale immédiate, Israël redoute que les menaces nucléaires et militaires iraniennes ne soient pas traitées avec la rigueur nécessaire. La critique publique à l’encontre de Kushner et Witkoff marque un tournant dans la perception de ces envoyés, autrefois considérés comme des alliés fiables, désormais vus comme des acteurs d’une diplomatie américaine jugée trop conciliante envers Téhéran.
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