La Colombie se retire de la procédure en génocide contre Israël à la CIJ

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La Colombie a officiellement retiré sa déclaration d’intervention dans la procédure pour génocide engagée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice. Bogota confirme toutefois rester partie à la Convention sur le génocide. Le geste s’inscrit dans le réchauffement rapide des relations entre Israël et le nouveau gouvernement colombien.

La Cour internationale de justice (CIJ) a annoncé mardi que la Colombie avait informé le tribunal de sa décision de retirer la déclaration d’intervention qu’elle avait déposée le 5 avril 2024, au titre de l’article 63 du Statut de la Cour, dans l’affaire relative à l’application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza, opposant l’Afrique du Sud à Israël.

Le ministère colombien des Affaires étrangères a confirmé ce retrait, tout en précisant qu’il ne modifiait en rien le statut de la Colombie comme État partie à la Convention sur le génocide, ni la validité, la portée ou le caractère contraignant des obligations internationales qui en découlent.

Un revirement porté par le nouveau président colombien

Ce retrait intervient dans le sillage de l’arrivée au pouvoir d’Abelardo De la Espriella (notre photo), entré en fonction début août 2026. Dès son investiture, le nouveau président a annoncé la reprise immédiate des relations diplomatiques complètes avec Israël, avec un engagement marquant : le transfert de l’ambassade colombienne à Jérusalem. Bogota a également reconnu la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan.

Ces décisions rompent nettement avec la ligne suivie par l’administration précédente, dirigée par Gustavo Petro, dont Israël avait rompu les relations diplomatiques. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a d’ailleurs évoqué le dossier dès vendredi, remerciant De la Espriella pour son « retrait de la plainte fausse et malveillante de l’Afrique du Sud contre Israël à la CIJ, déposée durant l’ère antisémite de Petro ».

La réaction israélienne

Sa’ar a précisé avoir abordé la question dès juillet, lors d’une rencontre à Washington avec son homologue colombien Omar Bula Escobar. « L’amitié entre Israël et la Colombie n’a jamais été aussi forte », a-t-il ajouté. L’ambassadrice d’Israël en Colombie, Vivien Aisen, a salué de son côté une décision « courageuse et responsable », estimant que Bogota avait choisi « le bon côté de l’histoire ».

Du côté sud-africain, le ministère des Relations internationales et de la Coopération (DIRCO) n’a pas réagi publiquement à ce retrait. Pretoria avait toutefois déjà indiqué par le passé que le départ d’un ou plusieurs États intervenants ne l’amènerait pas à abandonner sa procédure contre Israël devant la CIJ.

Ce que change réellement ce retrait

La déclaration d’intervention colombienne, déposée sous l’article 63 du Statut de la Cour, permettait à Bogota de faire valoir son interprétation de la Convention sur le génocide dans le cadre du procès intenté par l’Afrique du Sud. Son retrait réduit le nombre d’États soutenant formellement la procédure, sans pour autant clore l’affaire elle-même, qui reste pendante devant la Cour. L’Afrique du Sud conserve la qualité de requérant principal, et d’autres États, comme l’Irlande, ont par le passé rejoint la démarche. La prochaine étape attendue est la poursuite des audiences sur le fond du dossier, dont aucun calendrier précis n’a été communiqué par la Cour à ce stade.

Sources : The Jerusalem Post

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